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 LES MAYAS

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Crakte Iyo Ctana

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MessageSujet: LES MAYAS    Ven 13 Avr 2012 - 11:22

LES MAYAS :


La civilisation maya est une ancienne civilisation de Mésoamérique principalement connue pour ses avancées dans les domaines de l'écriture, de l'art, de l'architecture, des mathématiques et de l'astronomie. C'est une des civilisations précolombiennes les plus étudiées avec celles des Aztèques et des Incas.
Elle occupait à l'époque précolombienne les territoires correspondant actuellement à une partie du sud du Mexique, au Belize, au Guatemala, au Honduras et au Salvador.
C'est une des plus anciennes civilisations d'Amérique : ses origines remontent à la préhistoire et les premières constructions mayas ont été datées du IIIème millénaire av. J.-C.. D'importantes cités-États mayas des Basses-Terres du sud, telles que Copàn, Tikal ou Palenque, connurent leur niveau de développement le plus élevé à la période classique, entre le VI ème et le IX ème siècle de notre ère, avant d’être rapidement abandonnées entre la fin du VIII ème et du IX ème siècle. D'autres cités subsistèrent ou se développèrent alors dans les Basses-Terres du nord ainsi que dans les Hautes-Terres du sud, avant d'entrer en décadence puis de disparaître peu après la conquête espagnole au XVI ème siècle.
Le monde ne savait presque rien des Mayas il y a deux cents ans. La forêt avait repris ses droits sur la plupart de leurs cités, et, peu après la conquête espagnole, au XVI ème et XVII ème siècles, les prêtres européens avaient brûlé la quasi totalité des livres en écorce de figuier laissés par les Mayas. Seuls quatre d'entre eux ont été retrouvés.
Les premiers explorateurs à approcher les vestiges de la civilisation maya au XIX ème siècle ont contribué à lui forger une image romantique mais bien différente de la réalité : « qui n’a pas entendu parler, par exemple, d’un ancien Empire maya, véritable âge d’or durant lequel un peuple laborieux et éminemment pacifique se serait adonné, dans le calme de ses cités protégées par la forêt dense, à la seule contemplation des astres ? ». De nos jours l’évolution des connaissances a permis de renverser cette vision simpliste et sans nuance. Car si les anciens Mayas étaient bâtisseurs, artistes et savants, ils n’en étaient pas moins résolument guerriers. Du fait de leur organisation politique en cités rivales, la comparaison des Mayas classiques avec les cités grecques de l’époque classique ou avec les cités italiennes de la Renaissance n'est pas inappropriée.


Sources :

Pour des raisons à la fois environnementales et historiques, la connaissance et la compréhension de cette civilisation sont encore très fragmentaires. De larges zones d’ombre subsistent toujours malgré les efforts entrepris depuis sa redécouverte au XIX ème siècle.


Épigraphie :


Les épigraphistes mayanistes n'ont pas fini de déchiffrer l'ensemble des inscriptions en écriture maya sculptées sur les monuments et les artefacts découverts sur les différents sites mayas, en raison du faible nombre de documents.
En effet, de nombreux et précieux témoignages ont été irrémédiablement perdus lors de la conquête espagnole. Suivant les conquistadores et cautionnant ainsi leur action, les missionnaires chrétiens ont cherché à éradiquer toute trace de culte païen parmi les Amérindiens. Les archives mayas, les fameux codex recelant des données inestimables concernant l’histoire et la science de la civilisation maya, ont été détruites lors d’autodafés comme celui de Mani en 1562.


Archéologie :


L’étendue géographique de la civilisation maya recouvre dans sa plus grande partie des terres situées en milieu tropical (les Basses-Terres du sud). Cet environnement sauvage et peu hospitalier n’a pas aidé à la conservation des ruines léguées par les anciens Mayas. Bien au contraire, la jungle envahissante a systématiquement repris possession des espaces dégagés. Les racines s’immisçant entre les blocs, la poussée végétale a fait exploser les bâtiments, réduisant souvent temples et palais en amoncellements de pierres. Les Hautes-Terres et les Basses-Terres du nord ont globalement été plus épargnées par ce phénomène. De surcroît le climat chaud et humide a semblablement contribué à faire disparaître les constructions en mat ériaux organiques et autres objets périssables qui auraient pu considérablement nous renseigner.
Pendant longtemps et jusqu’à l’actualité la plus récente, le pays maya a été secoué par des troubles politiques qui ont régulièrement perturbé et ralenti le travail des archéologues. L’histoire agitée de l’Amérique latine dans la deuxième moitié du XX ème siècle a eu des répercussions dans le pays maya. La guérilla marxiste et les revendications des peuples mayas contemporains n’ont pas facilité l’exploration et la fouille des sites archéologiques. Toutefois la remise du prix Nobel de la paix à Rigoberta Menchu Tum a relancé les espoirs de paix. Le Mexique tente aujourd’hui de réhabiliter son héritage précolombien et un musée consacré à la civilisation maya a été créé à Chetumal.


Aire culturelle maya :



L’aire culturelle maya antique doit être distinguée de la zone de peuplement maya actuelle. Elle se définit comme étant le territoire couvert par les anciennes cités mayas, soit une surface globale d’environ 340 000 km² (approximativement la superficie de l’Allemagne).

Elle comprend :
- le sud-est du Mexique (États du Tabasco, Chiapas, Campêche, Yucatàn et Quintana Roo)
- le Belize
- le Guatemala
- l’extrémité ouest du Honduras
- l’extrémité ouest du Salvador

On la divise traditionnellement en trois grandes régions, selon des critères climatiques et géologiques :
- la côte Pacifique
- les Hautes-Terres
- les Basses-Terres (du nord et du sud)

Ces zones écologiques correspondent grosso modo à des zones culturelles. Jusqu'il y a peu on considérait que le centre de gravité de la culture maya aurait suivi un déplacement géographique, du littoral Pacifique et Hautes-Terres du sud (Époque préclassique) vers les Basses-Terres du sud (Époque classique) puis les Basses-Terres du nord (Époque postclassique). Il serait néanmoins hâtif de céder à la tentation du déterminisme géographique car chacune de ces zones a participé à sa manière au développement de la civilisation maya. Au sein même de ces régions le rythme d’évolution a pu être très différent d’une cité à l’autre. Les recherches archéologiques récentes ont révélé que les Basses-Terres méridionales ont connu un développement plus précoce qu'on ne le croyait il y a quelques dizaines d'années: des centres vastes et importants s'y sont développés dès le Préclassique.


Le littoral Pacifique :


Le littoral Pacifique est une longue bande d’une soixantaine de kilomètres de large qui s’étend de l’isthme de Tehuantepec à l’Ouest jusqu’au Salvador à l’Est. Coincée entre l’océan Pacifique et les montagnes de la Sierra Madre occidentale, cette plaine humide dispose des conditions idéales à l’établissement humain. Outre des facilités de communication, axe de passage et de migration, elle offre de nombreuses ressources naturelles telles qu’une terre fertile, un climat chaud et des pluies abondantes, du poisson, du sel et la possibilité de récolter le cacao (ressource qui jouera un rôle particulier dans toute la Mésoamérique).


Les Hautes-Terres :


Les Hautes-Terres se situent à une altitude supérieure à 800 mètres. Elles regroupent la chaîne de volcans courant parallèlement à la côte Pacifique et les plateaux voisins. Dans cette zone se rencontrent deux plaques tectoniques, subduction dont il résulte une forte activité sismique et volcanique. Le climat est cependant tempéré, le sol riche en phosphore (véritable engrais naturel) et le sous-sol recèle des gisements d’obsidienne, de basalte et de pierre verte comme la jadéite ou la serpentine.


Les Basses-Terres (du Nord et du Sud) :


Les Basses-Terres drainent une grande diversité écologiques. On passe d’une forêt tropicale dense au Sud à une sorte brousse en remontant vers le Nord. Dans la jungle très humide les arbres atteignent entre 40 et 70 mètres de hauteur. La faune et la flore sont très variées. On y trouve notamment le jaguar et le quetzal, très recherchés, des cerfs, des dindons, des alligators, des oiseaux (toucans, perroquets appelés « Guacamaya »), l'ocelot… Les fleuves et rivières sont nombreux, le plus important d’entre eux étant l'Usumacinta. Ils servent à la fois de source d’eau potable et de voie de communication. Plus on progresse vers le Nord, plus l’eau et la végétation se font rares. Le sol remonte peu à peu vers le plateau calcaire du Yucatan et les pluies s’infiltrent profondément dans la terre, ne persistant pas à la surface. Sur la péninsule du Yucatan l’eau n’est donc accessible qu’à travers les cenote, trous vastes de plusieurs dizaines de mètres de diamètre s’ouvrant directement sur la nappe phréatique. Ces puits revêtiront une fonction rituelle spécifique comme lieux de passage vers l’Inframonde. Certaines cités sont installées au bord des fleuves mais les villes les plus anciennes (celles du dernier millénaire av. J.C., très puissantes) sont au bord de grands lacs aujourd'hui sédimentés ou qui n'existent plus que sous la forme de marécages temporaires (alimentés lors de la saison humide).

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Crakte Iyo Ctana

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MessageSujet: Re: LES MAYAS    Ven 13 Avr 2012 - 11:40

Histoire :



Origines :


Les origines des tribus mayas les plus anciennes se perdent dans la nuit des temps. Les manuscrits indigènes du XVI ème siècle ont oublié l'emplacement du berceau de la civilisation maya, que ce soit dans le Chilam Balam (écrits dans la péninsule du Yucatan), ou dans le Popol Vuh des Quichés, la branche des indiens mayas du Guatemala. Et même le premier chroniqueur espagnol des mayas, le frère Diego de Landa (1566), n'a pu en mentionner clairement la situation. En tout état de cause, les faits se réfèrent aux Mayas du Yucatán, de l'ère classique, et non aux vieux mayas localisés dans le sud (Chiapas, Guatemala et Honduras), dont la civilisation s'est éteinte quelques siècles avant l'apogée des cités de la péninsule telles que Chichen Itza, Uxmal et Sayil. Nous savons que dans les temps très reculés, les Mayas vivaient sur le littoral atlantique du Mexique, d'où ils descendirent vers l'Amérique Centrale en remontant le Rio Usumacinta pour arriver au Petén. Un vieux groupe maya, les Huastèques, resta cependant dans le nord, dans la région allant de Veracruz à Tamauplias. C'est peut être l'expansion des Nahuas qui coupa en deux le peuple maya en rejetant un groupe au nord et l'autre au sud. Les groupes rejetés vers le sud sont ceux qui développèrent la grande civilisation maya. Au commencement de la période historique, ils vivaient dans un triangle délimité par Palenque dans le Chiapas, Uaxactun, au Guatemala, et Copàn au Honduras, une aire très importante avec des voies de communication très difficiles au milieu de la jungle, traversée par de grandes rivières, comprenant le bassin de l'Usumacinta, le Petén guatemaltèque et les vallées du Motagua et du Rio Copàn.
On distingue généralement trois périodes dans la civilisation maya : le Préclassique (de 2600 av. J.-C. à 250 apr. J.-C.), le Classique (de 250 à 900), le Postclassique (de 900 à 1521), auxquelles on rajoute parfois le Classique final (de 800 à 900), que certains auteurs appellent Épiclassique5, une époque de transition pendant laquelle les cités des Basses-Terres auraient été abandonnées et celles du nord du Yucatan se seraient développées. Les dates du début et de la fin de chacune des trois périodes peuvent en outre varier d'un siècle selon les auteurs.


Temple de PALENQUE


Époque préclassique :


L'époque préclassique (également appelée formative, en particulier dans les publications en anglais) s'étend de 2000 av. J.C. À 250 ap. J.C.. Elle est subdivisée en Préclassique ancien (de 2000av. J.C.. à 1000 av. J.C. ; ), Préclassique moyen (de 1200 av. J.C. ; à 400 av J.C.) et Préclassique récent (ou tardif) (de 400 av J.C. À 250 ap. J.C.). Certains archéologues insérent une période supplémentaire à la charnière entre le Préclassique et le Classique : le Protoclassique.
À partir de - 2000, on assiste à l'essor de la civilisation Olmèque, dont sont issus de nombreux aspects de la civilisation maya. Cette Période préclassique est mal connue. Les premiers villages d'agriculteurs des Basses-Terres ont été datés de -1200 au Belize (Cuello).
Des preuves archéologiques montrent que l'architecture cérémonielle maya démarre vers 1000 av. J.-C. Il est très difficile de faire la différence entre la culture pré-maya et la civilisation Olmèque, chaque culture s'étant influencée mutuellement.
Vers 300 av. J.-C., on assiste à la multiplication des sites et à une activité architecturale intense, signe d'un fort accroissement de la population, particulièrement dans les cités de El Mirador, Nakbe, Komchèn, Cerros et Tikal. Chaque site se développe de façon autonome; néanmoins, signe d'une indéniable unité culturelle, on utilise partout la même céramique rouge et noire.
Entre 150 et 250 de l'ère chrétienne, période souvent dénommée « protoclassique », des tensions apparaissent; crise de croissance ou invasion, nul ne le sait. Certains sites disparaissent, tels que Cerros, El Mirador ou Komchén, tandis que d'autres s'imposent comme Tikal.


TIKAL


Époque classique :


L'Époque classique s'étend de 250 apr. J.-C. à 900 apr. J.-C. Elle est subdivisée en Classique ancien (de 250 à 600 ap.J.C.) et Classique récent (de 600 à 900 ap. J.C.). Certains auteurs insèrent à la charnière du classique et Postclassique une période appelée Classique terminal ou final.
Cette période, que nous connaissons de mieux en mieux grâce au déchiffrement de l'écriture maya, est marquée par de perpétuelles rivalités entre de nombreuses cités-États. Les Basses-Terres mayas n'ont jamais été unifiées politiquement, et il n'y a jamais eu d'«empire maya», comme on l'imaginait au milieu du XXe siècle. Chaque entité politique avait à sa tête un souverain appelé k'uhul ajaw («divin seigneur» en maya), qui tirait sa légitimité de ses ancêtres et occupait une fonction non seulement politique mais aussi religieuse. Il constituait une «interface» entre la communauté qu'il dirigeait et le monde surnaturel. Chaque entité politique était dotée d'un glyphe-emblême.
Dans les Basses-Terres du sud, le Classique ancien est dominée par deux grandes métropoles : Tikal et Calakmul. Chacune se trouve à la tête d'une confédération aux liens très lâches, où les renversements d'alliance sont fréquents.
Tikal joue un rôle prédominant dans la première partie de cette époque qui marque l’apogée de la culture maya. Les débuts de l'histoire de Tikal sont mal attestés. La Stèle 29 porte la première date en compte long de cette cité. Son rôle semble être renforcé par les liens qui l'unissent à la grande métropole du Mexique central, Teotihuacàn. Ces échanges se manifestent dans l’architecture, la céramique et la sculpture.
Vers le milieu du VI ème siècle, Tikal est vaincue par Calakmul. On note alors un ralentissement des activités, qui se traduit par l’interruption de l’érection de monuments datés dans cette cité. Cet arrêt marque la fin du classique ancien.
La fin du VII ème siècle voit un retournement de situation: Calakmul, vaincue par Tikal, amorce un déclin. Un renouveau s’opère, organisé autour de cités-États qui rivalisent de prestige. La culture maya des Basses-Terres du sud atteint son apogée : il durera jusqu'au IX ème siècle. On assiste à une «balkanisation» du paysage politique. Des centres secondaires se livrent à d'incessants conflits. Une rivalité oppose par exemple Piedras Negras à Yaxchilan, tandis qu'un peu à l'écart des autres centres, Quirigua entre en conflit avec Copàn.
Dans les Basses-Terres du nord, au Yucatàn, d'autres centres prennent le relais : les cités Puuc d'Uxmal, Labnà, Kabah, Sayil, etc. Leur épanouissement est bref: elles sont également désertées au Xème siècle.


Classique final : l'effondrement maya :


Les années 800 à 900 marquent l’effondrement des cités-États des Basses-Terres du sud, l'arrêt des constructions monumentales et des inscriptions associées. La dernière inscription connue datée sur un monument remonte à 822 pour Copán (au sud-est), 869 pour Tikal (au centre) et à 909 pour Tonina (ouest).
La cause du dépeuplement quasi total des puissantes cités mayas à l'aube du IX ème siècle reste mal connue. Des hypothèses ont été avancées pour expliquer la chute brutale de la civilisation maya classique en plein âge d'or, les spécialistes n'étant toujours pas d'accord sur les causes d'un bouleversement aussi radical. Guerres, désastres écologiques, famines ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées pour expliquer ce déclin. Les centres mayas sont abandonnés entre la fin du VIII ème siècle et le début du X ème siècle, puis recouverts par la forêt. Ce n'est qu'au cours de la seconde moitié du XIX ème siècle et au début du XX ème siècle qu'ils ont été découverts et restaurés.


Les faits :


On constate l'arrêt progressif de toute activité de construction dans les cités mayas des Basses Terres du sud, au Guatemala et au Mexique actuels à partir de la fin du VIII ème sièce (on prend généralement en compte la dernière date en compte long retrouvée sur chacun des sites, de 780 à Pomona jusqu'à 909 à Toninà). Ce phénomène correspond à l'effondrement du système politique de la royauté divine (appelée aussi royauté sacrée) qui caractérise le monde maya classique.
Les chercheurs ont également établi qu'à cette période la démographie avait été en forte baisse.
La chute ne fut pas violente : les ruines mayas ne sont pas des villes détruites mais des cités abandonnées. On ne trouve pas non plus de trace d'hécatombes, charniers ou fosses communes.
Dans « Des dieux, des tombeaux, des savants », C.W. Ceram insiste sur l'arrêt de toute construction de bâtiments dans une ville au moment où cette même activité démarre quatre cents kilomètres plus loin. Selon lui, une catastrophe écologique liée à un épuisement des sols aurait imposé un déplacement de capitale ajournant le problème, mais sans le résoudre.


Les hypothèses :


Tellement d'hypothèses ont été émises sur l'effondrement maya qu'en 1973 deux ouvrages ont été publiés, par Richard E. Adams (The Collapse of Maya Civilization : a Review of Previous Theories) et Jeremy A. Sabloff (Major themes in the past hypotheses of the Maya collapse), pour les répertorier et les classifier. À l'époque, presque toutes les hypothèses n'envisageaient qu'une cause unique, de type interne ou externe. Les études récentes privilégient désormais des explications plus complexes basées sur l'interaction de plusieurs facteurs négatifs parmi ceux évoqués dans les études antérieures.
Suites aux fouilles franco-guatémaltèques menées à Naachtun depuis 2009, il est envisagé qu'une modification durable de l'écosystème et les guerres à répétition aient provoqué la fin de l'ère classique.


Causes internes :


- Une crise écologique : la surexploitation des sols les aurait rendus stériles et aurait obligé les Mayas à retourner à des formes d'organisation sociale en communautés plus réduites, dans les zones fertiles. Cette surexploitation, à travers une déforestation massive, pourrait être due à l'augmentation de production de stuc. En effet, les notables mayas s'enrichissant, ils ont construits des demeures aux murs en stuc de plus en plus épais. Les parements en stuc étaient en effet considérés comme des signes de richesse. Or, la quantité de bois pour chauffer le calcaire et le transformer en stuc est considérable. Cela a donc entrainé une déforestation massive. Celle-ci entraînant une érosion accélérée des sols, recouvrant notamment les terres agricoles fertiles de matières non-fertiles, comme l'argile par exemple.

- Une crise démographique : l'augmentation de la démographie à l'époque classique aurait été trop rapide par rapport à ce que les avancées technologiques permettaient de gérer, en termes d'organisation, notamment en termes d'approvisionnement en nourriture.

- La religion : cette thèse se fonde sur la religion maya elle-même, prépondérante dans les cités dont la naissance va de pair avec la construction de grands centres cérémoniaux. La création des arts et des sciences était toujours intimement liée à la religion. Or, celle-ci se fondait sur des observations astronomiques qui avaient donné naissance à deux calendriers complexes (voir calendrier maya) qui organisaient toute la vie de la cité et avaient profondément marqué leur cosmogonie. Les Mayas distinguaient ainsi cinq cycles dans l’histoire de l’Univers se terminant tous par la destruction du monde précédent ; celle correspondant à l'Humanité était la quatrième, et le calcul fondé sur le croisement des deux calendriers indique que cette période devait s'achever au X ème siècle. Ainsi, les prêtres ayant prédit l'approche imminente de l'apocalypse, ce peuple fervent aurait soudain été pris de panique et se serait enfui...

Cette hypothèse très controversée a été avancée au milieu des années 1970 par Pierre Ivanof. Elle ne permet pas d'expliquer la forte baisse démographique constatée par les chercheurs ; on ne comprend pas non plus pourquoi les Mayas ne seraient pas retournés vivre dans les cités après s'être rendu compte que les prévisions des prêtres étaient erronées.


Causes externes :


- Les invasions : des guerres endémiques entre cités, ou bien des révoltes internes de la plèbe contre l'élite (ou de la noblesse contre le roi), auraient affaibli les cités mayas au point de les rendre incapables de résister aux agressions de peuples de l'ouest et du nord. Ces hypothèses de fragmentation politique se fondent sur des traces d’abandon brutal, laissant penser que les activités quotidiennes auraient été délaissées en quelques jours (constructions encore en chantier).

- Les catastrophes naturelles : certains chercheurs ont émis l'hypothèse que la population maya aurait pu être en grande partie décimée par une série de très puissants séismes, de fortes perturbations climatiques (ouragans, sécheresse), d'épidémies ou encore de nuées de sauterelles. Par exemple, une très importante diminution des pluies sur une longue période corroborée par plusieurs études géologiques et par des études menées autour des conséquences du phénomène El Nino et La Nina aurait ainsi pu entraîner de mauvaises récoltes, des famines, des épidémies, des guerres, des révoltes, etc. Des historiens du climat ont ainsi montré qu'une sécheresse importante en Amérique centrale toucha le Mexique entre 897 et 922, qui aurait pu contribuer à la chute des Mayas. Une autre période de sécheresse eut lieu entre 1149 et 1167, coïncidant avec le déclin de la culture Toltèque et l'abandon de sa capitale.


Causes mixtes :


Les études récentes privilégient dans leur grande majorité une accumulation de facteurs défavorables, qui auraient entraîné des conflits sociaux internes et externes, jusqu'à la faillite et l'abandon du système socio-politique des cités-États.
Ces modèles explicatifs complexes se fondent sur un élément déclencheur interne ou externe : pression démographique ou longue sécheresse, par exemple.


Époque postclassique :


L'Époque postclassique va de 900 ap. J.C. à la conquête espagnole. elle est subdivisée en Postclassique ancien (de 900 à 1200 ap J.C.) et Postclassique récent (ou tardif) (de 1200 à la conquête espagnole).
Le Postclassique maya voit la montée en puissance de l'influence des Nahuas du Mexique central, tant dans les Hautes Terres du sud que dans le nord du Yucatan. Cette influence se caractérise par l'introduction de styles nouveaux, de nouvelles techniques comme la métallurgie, et par de grands changements dans l'organisation sociale et politique : la royauté n'est plus sacrée, le roi est désormais accompagné d'ordres militaires et différents corps sociaux (conseillers, prêtres). Les causes de cette montée en puissance des Nahuas sont incertaines. Il semblerait que l'affaiblissement du monde maya ait entraîné des mouvements de populations chichimèques et par là même un renouveau du pouvoir nahua, dorénavant aux mains des Toltèques, centrés sur Tula(ou Tollan). Ces derniers étendent leur influence à toute la Mésoamérique, jusque dans le nord du Yucatan, apportant des traits nahuas aux Mayas.
Les quelques cités mayas qui avaient perduré pendant l'Épiclassique et le Postclassique ancien, notamment les cités Puuc comme Uxmal, Sayil, Labna, K'abah, Yaxuna, et d'autres cités déjà anciennes comme Edzna, Coba ou Dzibilchaltun, après un âge d'or entre le IX ème siècle et le X ème siècle av. J.C., connaissent une grave crise et se dépeuplent pour la plupart.
Seule Chichen Itza continue de prospérer : les Toltèques, menés par Kukulkan selon la légende, y auraient fondé une dynastie et importé des cultes du centre du Mexique, comme celui de Quetzalcoatl (Kukulkan), Tlahuizcalpantecuhtli (Tawizcal dans le codex de Dresde), Cactunal... Cependant, au XIIIe siècle, Chichen Itzadécline à son tour au profit de Mayapan, dirigée par Hunac Ceel ; Mayapan deviendra donc le nouveau centre du monde maya des Basses Terres, une cité prospère, fortement mexicanisée, gouvernée par des lignées aristocratiques. Puis au XIVe siècle, des rivalités entre ces lignées et la dynastie régnante des Cocom entraîneront une longue période de guerres civiles, qui aboutira à la chute de Mayapan.
Le Postclassique dans les Hautes Terres du sud présente aussi de grands changements et une mexicanisation importante. Les anciens centres du pouvoir classiques, comme Kaminaljuyu ou les cités de la vallée de Chuyub, sont abandonnés. S'ensuivent de vastes mouvements de populations, des intrusions mexicaines, un morcellement ethnique et politique, qui aboutissent à la création d'une mosaïque de centres régionaux et d'États indépendants. Parallèlement à ces changements, on assiste à l'introduction de traits culturels nahuas, tels que les temples jumeaux et les Tzomplantli, les cultes d'origine mexicaine (Quetzalcoatl sous le nom de Kukumatz, le Tohil des K'iche, Xipe Totec...), la métallurgie, de nouveaux types de céramiques (fine orange, comales, molcajetes...).
Le pouvoir est aux mains d'ethnies telles que les K'iche, les Kaqchikel, les Mam, les Pokomam, les Tz'utuhil, les Q'eqchi', qui fondent des royaumes expansionnistes et bien défendus, comme le royaume des K'iche qui, centré sur Chi Izmachi puis Q'umarkaaj (Utatlan), sera intégré à l'Empire aztèque sous Ahuizotl, comme celui des Kaqchikel, d'abord vassal des K'iche, puis centré sur Iximche , celui des Pokomam centré sur Mixco Viejo, de Rabinal centré sur Cayuup... Ces États sont dirigés par des lignées (Ilocab, Nihaib, Kawek, Tamub...) qui disent tenir leur pouvoir des Toltèques. Les conflits politiques qui agitent la région tout au long du Postclassique sont connus grâce à des documents de l'époque coloniale écrits en langues indigènes, tel que le Popol Vuh des K'iche, El Titulo de Totonicapan, les Annales des Kaqchikel, le Memorial de Solola...
L'écriture hiéroglyphique maya continue à être utilisée dans les codex, faits de longues bandes de fibre végétale recouvertes de chaux et pliées en accordéon. Quatre d’entre eux ont survécu : ceux de Dresde et de Paris, le Codex Troano de Madrid et le Grolier.
Après avoir vaincu les Aztèques en 1521, les Espagnols se lancèrent à la conquête des territoires mayas. Grâce à leur supériorité technologique et aux antagonismes entre royaumes mayas des Hautes-Terres du Guatemala, qu'ils poussèrent à se monter les uns contre les autres, ils les écrasèrent rapidement en 1524. Les Mayas du Yucatán, en revanche, opposèrent aux envahisseurs une résistance farouche. Les deux premières tentatives de conquête par Francisco de Montejo, en 1527-28 et ensuite de 1531 à 1535, échouèrent. En 1541, son fils, Montejo le jeune, profitant de l'hostilité entre les clans Cocom et Xiu, parvint à s'implanter dans la région et fonda Mérida en 1542. Protégé par son relatif isolement dans la jungle du Petén, le dernier État maya, le royaume Itzá de Tayasal, ne succomba aux Espagnols qu'en 1696.
Les maladies importées d'Europe par les Espagnols et inconnues des indigènes ne furent pas étrangères à la défaite des Mayas. Dès 1521, une épidémie de variole emporta le tiers de la population des Hautes-Terres du Guatemala. Il en alla de même au Yucatan. À leur arrivée, les Espagnols firent face à des adversaires déjà affaiblis.


Organisation politique et sociale :



La société maya est divisée en classes : nobles, religieux, militaires, artisans, commerçants, paysans (la majorité) et l’équivalent des serfs. Elle est dirigée par des chefs héréditaires, de filiation patrilinéaire, qui délèguent leur autorité sur les communautés villageoises à des chefs locaux. La terre, propriété de chaque village, est distribuée en parcelles aux différentes familles.
La structure sociale est complexe, elle est fondée sur une organisation familiale patrilinéaire, une division sexuelle du travail et une répartition par secteurs d'activité. Les agriculteurs, c'est-à-dire la majeure partie de la population, se divisaient en paysans, serviteurs et esclaves. L'élite, de son côté, se répartissait en guerriers, prêtres, administrateurs et dirigeants. L'élite et le peuple ne formaient pas des catégories antagonistes, car des liens de parenté ou d'alliance unissaient dirigeants et serviteurs, chefs et paysans. Ainsi, les nouvelles découvertes montrent l'existence d'une classe fort importante de commerçants-guerriers, notamment à partir du V ème siècle à Tikal et il y aurait eu un partage du pouvoir entre l'ancienne aristocratie chargée des affaires intérieures de la cité et religieux et la nouvelle classe de commerçants-guerriers.
Les Mayas vivaient selon un système de cités-États. Cette indépendance relative des communautés a d'ailleurs été un facteur facilitant la conquête par les Espagnols qui n'eurent pas à affronter un peuple présentant un front uni.
À l'époque classique, Les rois des Basses-Terres du sud se faisaient appeler Ajaw ce qui signifie «seigneur» ou «k'uhul ajaw», c'est-à-dire «divin seigneur». À l'époque postclassique récente, le titre le plus répandu des rois mayas au Yucatan fut Halac vinic ou Hulach Uinic. Le Roi concentre tous les pouvoirs religieux, militaires et civils. Il choisit au sein des nobles les batabs, qui sont des chefs locaux ou de villages dont la principale responsabilité était de veiller à la bonne perception du tribut et à l'exécution des ordres. Mais il est souvent fait mention d'un conseil autour du roi.
Le clergé constitue également une classe nombreuse. Les prêtres (ah kin) se succèdent de père en fils et leur savoir ne se transmet qu'à l'intérieur de la famille. Cela est compréhensible puisque le savoir maya était fort étendu : de l'écriture à la chronologie, des almanachs sacrés à la médecine, des cérémonies à la formation des jeunes prêtres. Parmi les prêtres se distingue le chilam, spécialement chargé de recevoir les messages des dieux et d'énoncer les prophéties. Leur influence et la grande religiosité des mayas expliquent les nombreux jeûnes très sévères pratiqués par le roi et la noblesse ainsi que les mortifications et automutilations puisque la religion maya donne au sang une très grande valeur magique.
En bas de l'échelle se trouve le peuple. C'est à lui qu'incombe la tâche de fournir les aliments et les vêtements, la main d'œuvre pour les travaux publics. Ces ouvriers mayas ne disposent que d'outils en pierre ou en bois ; ils ne connaissent ni le métal, ni la traction animale, ni la roue. Le seul moyen de transport connu s'effectue à dos d'homme. Enfin, les esclaves constituent une classe à part. Les délinquants de droit commun sont condamnés à l'esclavage. Les prisonniers deviennent souvent des victimes sacrificielles.

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MessageSujet: Re: LES MAYAS    Ven 13 Avr 2012 - 11:44

Économie :



Pour des raisons diverses, les archéologues ont longtemps négligé l'étude des modes de production et de distribution chez les anciens Mayas : les textes mayas de l'Époque classique sont quasiment muets sur le sujet; pour l'Époque postclassique, nous disposons des observations d'auteurs espagnols, sensiblement plus rares pour les Mayas que pour les Aztèques, notamment la Relación de las Cosas de Yucatán de Diego de Landa ; par ailleurs les techniques archéologiques se sont considérablement affinées ces dernières années (photos aériennes, activation neutronique, fluorescence des rayons X, analyse pollinique, ...) .
Les ressources étaient variables selon l'environnement local, sensiblement différent dans les Hautes-terres, les Basses-terres du sud et du nord.. Pour assurer leur subsistance, les Mayas pratiquaient la chasse et la pêche, l'élevage et l'agriculture. L'élevage était limité à quelques espèces, dindon et chien. Pour pallier cette carence en protéines, les Mayas chassaient une variété d'animaux, tels que le cerf, le pécari le tapir, l'agouti, le paca ou encore deux espèces de singes, sans compter diverses espèces d'oiseaux.
Les Mayas tiraient à l'origine le plus gros de leur subsistance d'une agriculture sur brûlis : on brûle les broussailles - la cendre constitue un excellent engrais - avant d'ensemencer au moyen d'un bâton pointu. La découverte de Cerén, un petit village maya enseveli par une éruption volcanique au VIe siècle, a permis aux archéologues d'observer in situ comment les Mayas de l'Époque classique cultivaient sur une même parcelle maïs, haricots et courges. Les grands arbres étaient laissés en place et contribuaient à la régénération de la parcelle. Après une ou plusieurs années, les éléments nutritifs contenus dans la cendre étant épuisés, il fallait laisser la parcelle en jachère pendant une période qui variait selon la qualité du sol : jusqu'à vingt ans dans le nord du Yucatán. Sauf dans les Hautes-Terres, où le sol volcanique des vallées est très riche, le rendement était relativement faible dans les Basses-Terres où la couche d'humus est généralement mince. Pour nourrir des populations de plus en plus nombreuses, les Mayas valorisaient des terres moins fertiles en pratiquant l'agriculture en terrasse pour contrecarrer l'érosion. Les archéologues ont constaté que cette forme d'agriculture avait été particulièrement pratiquée dans la région de Rio Bec - près de 150 000 hectares - et dans la région de Caracol. Les anciens Mayas connaissaient également une autre forme d'agriculture intensive : dans des zones marécageuses appelées «bajos», ils aménageaient des champs surélevés; on creusait des canaux de drainage et on mettait en culture les monticules formés par les remblais de boue contenant des éléments nutritifs. De cette manière on peut obtenir plus d'une récolte par an. Par ailleurs, on peut obtenir une ressource supplémentaire en faisant de la pisciculture dans les canaux.
Les Mayas pratiquaient l’apiculture. Les outils en métal n’existaient pas. Les Mayas utilisaient des meules en pierre appelées metate.
Les différents peuples mayas entretenaient de nombreuses relations commerciales avec des cités lointaines. Les fèves de cacao et les clochettes en cuivre servaient de monnaie d’échange; le cuivre était aussi utilisé à des fins décoratives, comme l’or, l'argent, le jade, les coquillages et les plumes de quetzal.


Guerre chez les Mayas :


La guerre chez les Mayas de l'époque mésoaméricaine est un sujet d'étude mayaniste qui a fait l'objet d'une révision radicale au cours des dernières décennies. Au milieu du XXe siècle, les spécialistes de la société maya classique, tels que Eric Thompson ou Sylvanus Morley, estimaient que les Mayas étaient de paisibles agriculteurs pacifiquement gouvernés par des prêtres-astronomes. La découverte des peintures de Bonampak en 1946 contribua à ébranler ces certitudes.
Le déchiffrement des inscriptions hiéroglyphiques en écriture maya a permis d'établir que, dans une société politiquement morcelée en cités-États, les souverains étaient continuellement en compétition pour des raisons économiques (pour le contrôle d'une route commerciale ou l'exaction de tribut, par exemple) ou de simple prestige (comme lors de l'inauguration d'un nouveau souverain). La situation échappa au contrôle des dirigeants à la fin du VIIIe siècle et la guerre devint endémique. La région du Petexbatun devint alors, selon les termes d'Arthur Demarest, le « pays de la peur ». Toutes les Basses-Terres mayas du sud sombrèrent ensuite peu à peu dans la violence.
À l'époque postclassique, la société maya des Basses-Terres du nord se militarisa et on assista à l'émergence d'une classe de guerriers, dont les «atlantes» en armes du Temple des Guerriers à Chichen Itza constituent une représentation emblématique. Dans les Hautes-Terres mayas, des royaumes guerriers et expansionnistes, tels que ceux des K'iche et des Kaqchikel s'affrontèrent au postclassique récent jusqu'à l'arrivée des Espagnols au XVIe siècle.


Sources :


La guerre chez les Mayas classiques nous est connue grâce à l'iconographie (stèles et panneaux sculptés ou peintures murales et peintures sur vases en céramique) et à l'épigraphie (étude des écrits).

Dans l'iconographie, une des représentations caractéristiques est celle du roi (K'uhul Ajaw ou divin seigneur) foulant aux pieds un ennemi ligoté ou saisissant par les cheveux un ennemi qu'il vient de capturer. Un des exemples les plus précoces est la célèbre plaque de Leyde. Les peintures de Bonampak représentent des scènes saisissantes de guerriers vaincus et torturés. Les scènes de bataille proprement dites sont cependant rarissimes (mur est de la chambre 2 de la Structure 1 de Bonampak).
Les inscriptions hiéroglyphiques classiques sont généralement succinctes et stéréotypées, mais constituent néanmoins une mine d'informations. Elles font généralement état du lieu de la bataille et de l'identité de l'ennemi. Elles ont permis d'identifier un vocabulaire caractéristique, comme par exemple le glyphe «ch'ak» (littéralement «hacher»), qui selon le contexte renvoie à la décapitation d'un ennemi ou doit s'entendre dans le sens général d'«attaquer».
L'archéologie peut suppléer à la rareté des autres sources d'information. Les fouilles qui ont révélé la fin violente du site de Dos Pilas en sont un exemple.
Pour la fin de la Période postclassique, les chroniqueurs espagnols, notamment Bernal Díaz del Castillo, décrivent des batailles que les conquistadores livrèrent aux Mayas du Yucatan lors de leur progression vers l'empire aztèque. Il convient évidemment de faire preuve d'une certaine prudence en projetant ces récits du XVIe siècle à une époque antérieure.


Types de guerre :


On a longtemps cru qu'il s'agissait d'escarmouches peu sanglantes ayant pour but de capturer des victimes destinées au sacrifice. La réalité est plus complexe : faire des captifs est une motivation parmi d'autres, de nature politique, économique et sociale. Une motivation puissante cependant : le prestige qui s'attache à la capture de personnages de haut rang transparaît partout dans les inscriptions de l'Époque classique. Le verbe «chuhk», qui signifie «capturer» revient fréquemment à la forme passive, suivie du nom du captif. Il existe également d'autres formules stéréotypées, telles que «u baak», c'est-à-dire «son prisonnier» suivant le nom du captif, ou encore l'emploi du titre «celui de "autant de" captifs» (par exemple «aj cha baak», c'est-à-dire «celui des deux captifs»). Un des souverains les plus agressifs de Yaxchilan, Oiseau-Jaguar IV, est fréquemment désigné par le titre éloquent de «aj k'al baak», c'est-à-dire «celui de vingt captifs». La guerre est un facteur de légitimation du souverain. On commence à réaliser qu'il n'y a pas de facto un lien entre capture et sacrifice, comme en témoigne une guerre entre Dos Pilas et Seibal en 735: deux stèles montrent le souverain victorieux de Dos Pilas foulant aux pieds le souverain de Seibal, Yich'aak bahlam. Or, des inscriptions hiéroglyphiques présentent ce même Yich'aak bel et bien vivant, douze ans plus tard, assistant comme vassal à des cérémonies en compagnie du roi de Dos Pilas. Il en va de même pour le souverain de Palenque, K'inich K'an Joy Chitam II, capturé lors d'une guerre contre Tonina en 711, mais que l'on retrouve présidant une cérémonie à Palenque en 720.
Le fait que l'accent dans l'art et la rhétorique maya soit mis sur le caractère rituel et symbolique des conflits, a longtemps focalisé l'attention des chercheurs et a pu contribuer à occulter dans la littérature scientifique des motivations plus matérielles. La guerre peut avoir pour enjeu le contrôle d'une route commerciale, le paiement par la cité vaincue d'un tribut ou encore l'obligation de prêter militairement assistance au vainqueur. Le conflit qui oppose Quirigua à Copan en 738 et se termine par la défaite de cette dernière, est un bon exemple. Il s'accompagne du sacrifice du souverain de Copan, Waxaklajuun Ub'aah K'awiil, mais il a d'autres implications. Quirigua, qui était un site vassal de Copan, arrache son indépendance, acquiert son propre glyphe-emblème et prend le contrôle de la route commerciale de la vallée du Motagua. L'archéologie rend indirectement compte des conséquences économiques de ce conflit: alors que les années qui suivent la guerre voient l'arrêt temporaire des constructions monumentales à Copan, les souverains de Quirigua se lancent eux au contraire dans d'importantes campagnes de construction. Outre ces considérations, le fait de vassaliser une cité vaincue présentait un avantage stratégique. Les cités vassales constituaient une zone-tampon qui prémunissait contre des raids-surprise.
Les guerres récurrentes qui oposèrent Tikal à Calakmul, directement ou par alliés interposés, aux VIe et VIIe siècles, sont de type hégémonique, chacune de ces deux cités essayant d'assurer son emprise sur les Basses Terres du sud. Toutes deux y échouèrent et le VIIIe siècle est caractérisé par le morcellement politique des Basses Terres du sud.
Les traces de guerres de destruction à l'Époque classique sont difficiles à distinguer de celles d'un incendie accidentel ou d'une destruction rituelle. Il en existe un exemple indubitable et souvent cité, grâce aux fouilles minutieuses du site d'Aguateca par Takeshi Inomata.
Au Postclassique récent, la guerre est endémique dans les Hautes Terres, comme en témoigne la localisation systématique des sites sur des hauteurs choisies parce que plus facilement défendables, tels que Q'umarkaj, la capitale forteresse des K'iche, un groupe maya qui soumet ses voisins au XVe siècle. L'enjeu de ces guerres est territorial. Pour cette époque, nous disposons d'une sources ethnohistorique indigène, le Popol Vuh. Dans ce livre, les K'iche attribuent leurs succès à la protection de leurs dieux Tojil, Awilix et Jakawitz. Leur plus grand souverain fut K'iqab', dont le Popol Vuh célèbre les exploits guerriers :
«...Celui-ci détruisit et ravagea les vallées et les villes des Rabin'al, Kaqchikel et Zaculeu, jusqu'à ce qu'elles finissent par se rendre. S'ils ne lui étaient pas utiles, K'iqab' tuait ses ennemis. Si l'une ou l'autre communauté ne payait pas de tributs, il les attaquait. Les vaincus devaient alors déposer leurs tributs en présence de K'iqab' et de Qawismaj. On les intégrait ensuite, mais on les battait jusqu'au sang et on les attachait à des arbres en signes de dépossession de leur gloire et de leur pouvoir. Puis on anéantissait les villes. En un éclair, elles étaient rasées.».


Équipement :



Au classique ancien (250-600 ap. J.-C.) , la principale arme offensive était la lance. Elle ne servait pas d'arme de jet. Une hampe munie d'une pointe de pierre était employée de taille, c'est-à-dire en frappant avec le tranchant, ou d'estoc, c'est-à-dire en frappant avec la pointe. Les Mayas employaient également des massues en bois ou en os, auxquelles on pouvait fixer des lames de pierre. Ils connaissaient une arme de jet : un propulseur que l'on apppelle de son nom mexicain «atlatl», et associé à des représentations de guerriers en tenue «mexicaine». Ross Hassig pense que cette arme n'était pas adaptée au type de guerre pratiqué à cette époque par les Mayas, c'est-à-dire des raids menés dans la jungle par de petits groupes de guerriers. Il faudrait plutôt les considérer comme des objets symboliques et prestigieux associés à Teotihuacan, dont l'influence se fait sentir chez les Mayas à cette époque. Au Classique ancien, il n'existe pas de représentations de protections, telles que boucliers ou cuirasses.

Au classique récent (600-900 ap. J-C.), la gamme d'armes et de protections est plus variée. L'arme offensive par excellence reste la lance, mais la pointe de pierre est souvent accompagnée de deux rangées de pierres sur les côtés, améliorant ainsi la frappe de taille. La Stèle 1 de Seibal représente une lance dépourvue de pointe et uniquement munie de deux séries d'arêtes en dents de scie. Les tenues de protection restent rares et sommaires. Les célèbres peintures de Bonampak représentent des guerriers vêtus de pourpoints en peau de jaguar ou de capes. Le haut du corps est parfois simplement nu. Les exemples de pectoraux en coton restent rares: des récipients cylindriques de la région de Nejab, le linteau 26 de Yaxchilan représentant le roi Itzamnaaj Bahlam III ou encore de statuettes de Jaina. Les représentations de casques sont tout aussi peu fréquentes. Les boucliers sont représentés fréquemment sous plusieurs formes: de petits boucliers ronds et rigides tendus de peaux de bête; des boucliers flexibles que l'on pouvait rouler et donc faciles à transporter; des boucliers rectangulaires et rigides.

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MessageSujet: Re: LES MAYAS    Ven 13 Avr 2012 - 12:01

Culture :


Architecture :

La forme la plus emblématique de l'architecture maya est la pyramide à degrés. Le peuple maya aurait adopté l'architecture verticale pour se rapprocher de ses dieux.
L'apogée de la culture maya a coïncidé avec l'émergence de grandes cités, centres de pouvoir religieux, commercial et politique, comme Chichen Itza, Tikal et Uxmal. L'observation du style de l'architecture maya est une des clés pour comprendre cette civilisation.


Les villes :


Maison Maya

L'emplacement des villes mayas ne semble pas être planifié; elles se déploient en effet un peu au hasard sur tous types de terrains des plaines du nord du Yucatan aux collines de l’Usumacinta. La péninsule du Yucatan, où rayonna la civilisation maya, est un bas plateau calcaire qui ne s'élève guère au-dessus du niveau de la mer, couvert d'une jungle épaisse. Sous ce climat tropical, la végétation envahit les pierres et masque les œuvres de ce peuple ancien.
Au cœur de la cité maya se trouvent de larges places où se concentrent les bâtiments officiels, temples, acropole royale, stade, etc. Une attention particulière est portée à l'orientation des temples et des observatoires afin de respecter la cosmogonie maya. Dans un deuxième cercle autour de ce centre rituel se concentrent les demeures des nobles, les temples mineurs. Enfin, en dehors de ce centre urbain se déploient les modestes maisons du peuple.
L’architecture classique maya peut se résumer en une division de l’espace en deux : un espace public monumental, urbanisé et un espace privé relégué au second plan. C’est seulement à la fin de l’ère post classique que les cités se fortifient, détruisant les larges places de l’ère classique.


Les matériaux :

Un des aspects étonnants de la culture maya est sa capacité à construire d’immenses ouvrages à l’aide de techniques rudimentaires. En effet, les mayas n’utilisaient ni outils en métal, ni poulies, ni même la roue. En contrepartie, l’architecture maya exigeait une importante main d’œuvre.
Toutes les pierres des bâtiments mayas semblent provenir de carrières situées à proximité. Le matériau le plus utilisé était le calcaire, qui peut être facilement taillé avec des outils en pierre. Le mortier est lui aussi à base de calcaire pilé, brûlé et mélangé qui reproduit les propriétés du ciment. Les progrès dans la taille des pierres réduiront l’utilisation de ce mortier, les pierres s’emboîtant parfaitement.
On note également l'apparition de la céramique à pâte fine sur des sites comme Seibal et Altar de Sacrificios à la fin du VIIIe siècle, dont l'introduction témoigne d'une influence sur la culture maya, et a servi à appuyer la thèse d'invasions étrangères qui pourraient être à l'origine de l'état de guerre qui a anéanti la civilisation classique.


Peintures ( BONAMPAK )


Les techniques de construction :

La plupart des bâtiments en pierre reposent sur une chape dont la hauteur varie de moins d'un mètre pour les petites structures, à plus de 45 mètres pour les grands temples et les pyramides. Sur au moins un côté se trouve une volée de marches, souvent très raide.
Cette chape était constituée d’une série de cellules délimitées par des murs. L’espace créé par ces cellules était ensuite rempli de gravier.
Les surfaces étaient recouvertes de plâtre par souci d’uniformité. Le plâtre était produit en brûlant la pierre calcaire en poudre qui était ensuite mélangée avec du sable calcaire (sascab) et de la résine d’arbre (holol) pour la plasticité.
Enfin les surfaces étaient peintes avec des pigments minéraux et organiques dont l’hématite et l’indigo qui servaient à produire les deux principales couleurs : rouge et bleu. Le célèbre bleu maya était ainsi constitué d’indigo, d’azurite (minéral) et d’argile paligorskite.
L’architecture maya se caractérise par l’emploi généralisé du mortier dans les constructions. En effet, ne connaissant pas la technique de la voûte (assemblage de blocs en équilibre répartissant la poussée gravitationnelle sur les murs adjacents ou des piliers), leurs possibilités de créer des espaces couverts étaient très réduites. L’usage de colonnes et d’architraves n’a d’ailleurs été constaté qu’en de rares occasions apparemment involontaires. Dépourvus de ces moyens élémentaires, les Mayas ont ainsi systématiquement employé le mortier, avec toutes les conséquences que cela implique : des murs très épais afin de soutenir un plafond excessivement lourd, et un espace intérieur exigu. Les longues galeries des palais de Palenque ou d’Uxmal montrent l’utilisation d’une sorte de voûte en encorbellement, dite « fausse voûte » car précisément elle n’en est pas une. Chaque strate de blocs ajoutée gagne peu à peu sur le vide, à la manière des maisons européennes médiévales où chaque étage supplémentaire s'avançait un peu plus sur la rue en contrebas. Dans le cas des bâtiments mayas, il suffisait que les encorbellements s'élèvent à partir de deux murs opposés séparés par une faible distance pour qu’ils finissent par se rejoindre, formant alors une « fausse voûte ». Afin de faire tenir l'ensemble, le mortier était indispensable, l’encorbellement étant voué à s’effondrer s’il dépasse une limite imposée par la gravité.
Vu de l'extérieur, l’épaisseur du plafond était supérieure ou égale à la hauteur de la galerie intérieure, donnant à l’édifice une lourdeur énorme. Les Mayas en ont profité pour donner libre cours à leurs talents artistiques : les façades hautes et presque aveugles leur en laissaient largement les moyens. Divers stratagèmes ont donc été employés pour limiter l’aspect pesant des bâtiments. Frises géométriques, colonnettes verticales ou encore sculptures plus ou moins élaborées se sont développées pour atteindre leur apogée à l’ère post-classique. Le style puuc au Yucatan en est le meilleur exemple (Uxmal, Labná, Kabah, Sayil, etc.)


Bâtiments remarquables :

Plates-formes cérémonielles :

Ces plateformes de calcaires de moins de quatre mètres de haut étaient utilisées pour les cérémonies officielles et les rites religieux.


Palais :

Immenses et très décorés, les palais se trouvent au centre de la cité, ils abritent l’élite de la population.
Ceux qui sont particulièrement grands, ou qui comportent différents niveaux, étaient peut être utilisés comme acropole. Néanmoins la plupart ne comportent qu’un niveau, de petites pièces et sont richement décorés, ce qui renforce l’hypothèse de leur utilisation comme habitations.
Il semble aussi que ces palais étaient utilisés comme tombes.


Groupe en E :

L’utilité de cette structure courante dans les cités mayas reste un mystère. Sur le côté ouest de la place centrale se trouve une pyramide, qui fait face à trois petits temples d’où le nom de Groupes en E.
Certains pensent que ces structures sont des observatoires car depuis la pyramide, le soleil apparaît dans l’alignement exact des petits temples lors des solstices et des équinoxes. D’autres avancent qu’ils représentent l’histoire de la création du monde illustrée par les sculptures et les dessins qui ornent ces structures.
Quelques exemples célèbres : la structure E-VII à Uaxactun et le groupe du complexe du Monde perdu à Tikal.


Pyramides et temples :


Pyramide d'UXMAL

Les pyramides sont probablement l’élément visuel le plus connu de la civilisation maya. Les installations cérémoniales dans les villes mayas, c’est-à-dire les places, les pyramides et les palais, étaient conçus de façon à reproduire, à un niveau symbolique, le paysage sacré tel qu’il existait au moment de sa création par les dieux. Les pyramides représentaient les montagnes. C'est depuis ces endroits que les rois, usaient de transes et de rites pour accéder au monde surnaturel qui leur permettait de converser avec les dieux. Les pyramides abritaient également des tombes, souvent royales. La plus célèbre est celle de K'inich Janaab' Pakal I sous le Temple des inscriptions de Palenque
Les temples-pyramides s’inscrivaient dans une longue tradition culturelle en Mésoamérique. Les Olmèques érigeaient déjà des montagnes artificielles. Les Mayas ont innové en ajoutant à la pyramide et au temple des façades taillées et peintes qui exprimaient des messages politiques et religieux. En fait, ils recouvraient toute la pyramide de plâtre (stuc), puis ils peignaient le tout en rouge ou d’une autre couleur vive.
La naissance des pyramides de Mésoamérique n'a donc rien à voir avec les pyramides d'Égypte. À l'argument géographique (plus de 13 000 kilomètres) s'ajoute l'argument temporel (plus de 3 500 ans). En effet les pyramides mayas sont apparues au cours du Ier millénaire avant notre ère, à la fin du préclassique moyen (Nakbe), tandis que les tombeaux égyptiens ont été bâtis dès le début du IIIe millénaire avant notre ère. Leur fonction est totalement différente. Les pyramides mayas sont avant tout l’assemblage de deux structures superposées : un socle monumental, le « corps » de l’édifice, et le temple, dont l’importance est prédominante. Le socle n’a pour fonction que de rehausser le temple, de montrer que le dieu est supérieur à la population, qu’il s’élève au-dessus du commun des mortels. Il n’a, en lui-même, quasiment aucune symbolique. L’appellation de pyramide est ainsi erronée.
Certains objectent pourtant que des tombes ont été aménagées sous ces temples, leur donnant une vocation funéraire. Toutefois, même s’il s’agit effectivement d’une pratique courante chez les Mayas, on ne peut ici non plus faire un parallèle avec l’Égypte. Comme dit précédemment, la pyramide méso-américaine a une fonction éminemment cultuelle. En se faisant inhumer sous l’édifice, les souverains entendaient simplement que le culte rendu dans le temple supérieur leur soit profitable : après leur mort, le temple constituerait une sorte de mémorial, entretenant leur souvenir.
Dans la jungle du Petén, surgit entre les arbres de la forêt le centre religieux de Tikal. Fabuleuse clairière, cette ancienne cité-État maya dressait ses pyramides de 60 mètres de haut. Tout autour vivaient 50 000 paysans, artisans et esclaves, main-d'œuvre nécessaire à des bâtisseurs ignorant la traction animale. On peut parler de villes fantômes émergeant de la forêt. Jamais l'homme n'a aussi bien maîtrisé les éléments naturels que les Mayas de la période classique. Il y a quinze siècles, Tikal régnait sur la jungle du Guatemala de ses pyramides orgueilleuses. Le centre cérémoniel était recouvert de stuc. Même le sol des temples était peint en rouge, la couleur du Soleil et du sang. Sur l'une des plates-formes, le chef de la cité, entouré de deux grands prêtres, préside un rituel, dominant la procession des seigneurs, des sacrificateurs et de leurs victimes avec le concours des musiciens. Cette description provient de documents historiques.


Pyramide de CHICHEN ITZA


Observatoires :

Astronomes méticuleux, les Mayas suivaient avec précision les évolutions d'objets célestes, plus particulièrement de la Lune et de Vénus. Beaucoup de temples sont orientés en rapport.
Les temples ronds dédiés à la divinité Kukulkan sont souvent décrits comme les observatoires des Mayas, bien qu’il n’y ait pas d'indice qu’ils aient été utilisés à ce seul effet.


Terrains de jeu de balle :


Le jeu de balle que l’on trouve sur différents sites archéologiques était un élément important de la culture maya. Il s’appelait le Pok-ta-Pok.
Le terrain est délimité par deux terrasses sauf aux extrémités, il a la forme d'un I majuscule dont les grands côtés sont composés de murs inclinés. En haut de chaque mur, sur chaque plateforme se trouvait le public. Le terrain représente l’Univers, et la balle, le Soleil.
Les parties se déroulaient en fonction du calendrier astronomique maya, afin d’y implorer et de satisfaire les dieux par des sacrifices humains.
En son centre, sur chacun des deux côtés trônent deux immenses anneaux de pierre à cinq mètres de hauteur dans lesquels la balle de caoutchouc nommée Kik devait passer.
Chaque équipe de deux à douze joueurs devait se renvoyer la balle par l’anneau de pierre en employant selon les régions : les hanches, coudes, genoux où parfois les parties extérieures de la main et sans laisser tomber la balle par terre. Les déplacements de la balle qui monte et retombe au cours du jeu, miment la course du Soleil.
La balle faite de latex avait une grosseur d’environ quinze à vingt centimètres de diamètre ; son poids et sa dureté devaient donc faire très mal lors des chocs avec les différentes parties du corps des joueurs.


Art :


Noble offrant des fèves de Cacao

L’art maya de la période classique (200-900) est considéré par beaucoup comme l'un des plus beaux et des plus fins de l'Amérique précolombienne. On a d'ailleurs souvent qualifié les Mayas de Grecs du Nouveau Monde, tant était grande leur maîtrise dans le domaine esthétique. Dans l'art de la fresque, les Mayas étaient passés maîtres dès le IIIe siècle. Les bas-reliefs de Palenque et la statuaire de Copán sont particulièrement gracieux et dénotent un sens de l’observation du corps humain très précis. Malheureusement, le climat a dégradé ces représentations. En revanche, les peintures qui ornent les objets funéraires sont assez bien conservées. Ennemis les plus dangereux des archéologues : les pilleurs de tombes. Certains trafiquants disposent de moyens considérables pour organiser des razzias systématiques.

Les premiers archéologues à travailler sur les civilisations mésoaméricaines en furent particulièrement marqués, aussi qualifièrent-ils cette ère de classique. Il ne reste que quelques traces des peintures de l’ère classique maya, dont la majorité est constituée de poteries funéraires et autres céramiques mayas. Un bâtiment de Bonampak porte d’anciennes peintures murales qui ont par chance survécu. Le déchiffrement de l’écriture maya nous a appris que les Mayas furent l’une des rares civilisations mésoaméricaines où les artistes signaient leurs œuvres de leur nom.
Loin d'avoir livré tous ses secrets, la civilisation maya a légué une quantité d'objets. Qu'il s'agisse d'ornements sacrés réservés au culte (masques cérémoniels, couteaux de sacrifice et insignes des fonctions sacerdotales). Qu'il s'agisse aussi de bijoux, de parures de jade ou encore de pierres sculptées comme des stèles couvertes de glyphes aujourd'hui largement déchiffrés.


Écriture et littérature :


Système d'écriture :

L’écriture maya apparaît à partir de 300 av. J.-C. À en juger par les documents dont nous disposons, l’écriture maya passe assez rapidement d’une forme logographique, où chaque mot est représenté par un dessin, à une forme mixte, logographique et phonétique de type syllabique : le mot peut aussi être divisé en unités plus petites, dans le cas maya, des syllabes, chacune représentée par un signe.
Les Mayas utilisaient 800 signes individuels ou glyphes, disposés deux par deux en colonnes se lisant de gauche à droite et de haut en bas. Les glyphes mayas représentaient des mots ou des syllabes se combinant pour désigner n'importe quel concept. Les inscriptions hiéroglyphiques étaient soit gravées dans la pierre ou le bois sur des monuments et des œuvres architecturales, soit peints sur du papier, des murs de plâtre ou des objets en céramique. Le système n'était pas alphabétique
L’écriture maya est actuellement décodée à environ 80%.


Matériel :

Les Mayas écrivaient avec des pinceaux faits en poils et plumes d’animaux. Ils utilisaient de l’encre noire et rouge, d’où le nom donné au territoire maya par les Aztèques : « Le pays du rouge et noir ».


Scribes :

Les scribes avaient une position sociale très importante, les fresques montrent souvent les puissants avec du matériel d’écriture.


Religion :

Le calendrier maya situait la fin du monde au XVIe siècle, et l’apparition des conquistadors espagnols à cette époque jeta les Aztèques, qui avaient repris une part de leur culture, dans la confusion. Les nouveaux venus étant considérés comme les probables dieux annoncés, les Mayas n’opposèrent guère de résistance à ceux qu’ils considéraient comme surhumains et acceptèrent leur supposé destin. Le principal centre religieux du monde maya était Chichén Itzá. Les Mayas étaient polythéistes.
Les Mayas croyaient en la récurrence des cycles de la création et de la destruction. Les rituels et les cérémonies étaient étroitement reliés à ces multiples cycles terrestres et célestes. Le rôle du prêtre maya était d'interpréter ces cycles et de prophétiser les temps passés et à venir. Si des temps sombres étaient prévus, il fallait faire des sacrifices pour apaiser les Dieux. Pour suivre ces cycles ils utilisaient plusieurs calendriers : un calendrier sacré, le plus important de 260 jours, appelé calendrier Tzolk'in; un calendrier de 365 jours fondé sur l'année solaire (les Mayas ont mesuré la durée de l'année solaire, l'estimant à 365,2420 jours, alors que pour les astronomes modernes elle est de 365,2422 jours. Soit une différence de seulement 17 secondes. Or les Mayas étaient incapables de connaître l'heure, la minute ou la seconde), le calendrier haab; un calendrier lunaire; un calendrier fondé sur Vénus ainsi qu'un système unique en Mésoamérique, appelé le compte long de l'Époque classique.
Si la religion maya reste encore obscure, on sait néanmoins qu'elle considérait le cosmos comme composé de trois entités différentes : le monde inférieur, la terre et le ciel.
Le ciel était composé de treize strates, chacune ayant sa propre divinité. Au niveau le plus élevé se trouvait l’oiseau muan.
Le monde souterrain comportait neuf strates sur lesquelles régnaient neuf « Seigneurs de la Nuit ». Le monde souterrain était un endroit froid et inhospitalier auquel étaient destinés la plupart des Mayas après leur mort. Lorsque les rois mouraient, ils empruntaient le chemin lié au mouvement cosmique du soleil et tombaient dans le Monde inférieur, mais parce qu’ils possédaient des pouvoirs surnaturels ils renaissaient dans le Monde céleste et devenaient des dieux. Cet univers souterrain accueillait aussi chaque soir les corps célestes comme le Soleil, la Lune et Vénus, une fois franchi le seuil de l’horizon.
Le panthéon maya renferme un nombre incalculable de divinités. Cette prolifération s’explique en partie par le fait que chacune des divinités se présente sous des aspects multiples. Certaines ont plus d’un sexe, d’autres peuvent être à la fois jeunes et âgées. Chaque dieu représentant un corps céleste possédait dans le monde souterrain un visage différent qui se révélait chaque soir à sa « mort ».

Les Mayas voyaient la Terre comme une forme plate et carrée. Chacun de ses quatre angles était situé à un point cardinal et était représenté par une couleur : le rouge à l’est, le blanc au nord, le noir à l’ouest et le jaune au sud. Le centre était vert.
Certains Mayas croyaient aussi que le ciel était stratifié et que chacun de ses quatre angles était soutenu par une divinité d’une musculature impressionnante appelée Bacab. Pour d’autres, le ciel était soutenu par quatre arbres de couleurs et d’espèces différentes, et le ceiba vert, ou liard, se dressait au centre.
Pour les Mayas, la forme aplatie de la Terre représentait le dos d’un crocodile géant reposant dans un bassin rempli de nénuphars. Dans le ciel, le pendant du crocodile était un serpent bicéphale, une notion sans doute attribuable au fait que le vocable maya désignant le ciel ressemble au mot serpent.

La religion maya est l'ensemble des croyances et des rites partagés à l'époque précolombienne par les Mayas, et dont il reste des vestiges dans certaines pratiques religieuses des Mayas contemporains.
Cette religion polythéiste partage de nombreux points communs avec les autres religions mésoaméricaines, aussi bien du point de vue des croyances que des pratiques rituelles et des arts sacrés.
Les Mayas croyaient en la récurrence des cycles de la création et de la destruction. Les rituels et les cérémonies étaient étroitement reliés à ces multiples cycles terrestres et célestes. Le rôle du prêtre maya était d'interpréter ces cycles et de prophétiser les temps passés et à venir. Si des temps sombres étaient prévus, il fallait faire des sacrifices pour apaiser les Dieux.
Pour suivre ces cycles ils utilisaient plusieurs calendriers : un calendrier sacré, le plus important de 260 jours, appelé calendrier Tzolk'in; un calendrier de 365 jours basé sur l'année solaire, le calendrier haab; un calendrier lunaire; un calendrier basé sur Vénus ainsi qu'un système unique en Mésoamérique, appelé le compte long de l'Époque classique.
Au cours de sa longue existence, la religion maya n'est pas restée immuable. À l'Époque classique, le culte est centré autour de la personne du souverain, appelé «k'uhul (divin) ajaw (seigneur)», garant de l'ordre cosmique et intercesseur auprès des ancêtres et des entités surnaturelles. Vers 800-900 ap. J.-C., l'effondrement classique maya entraîna la disparition de la royauté sacrée. À l'Époque postclassique, des prêtres rendaient un culte à un panthéon foisonnant.


Sources :

La religion maya de l'Époque postclassique est mal connue car il n'en reste que quelques livres :
- le Codex de Madrid, aussi appelé Codex Tro-Cortesianus ;
- le Codex de Dresde, ou Dresdensis ;
- le Codex de Paris, ou Peresianus ;
- le Codex Grolier, aussi appelé Fragment Grolier, dont l'authenticité est disputée par J.E.S. Thompson, Susan Milbrath, et l'investigateur français Claude Baudez.
Il existe aussi deux livres importants écrits après la conquête espagnole ;
- le Chilam Balam (plutôt une série de manuscrits yucatèques étroitement liés) ;
- le Popol Vuh, document quiché.
Nous disposons également d'informations précieuses, surtout sur les rites, grâce aux écrits des religieux espagnols, notamment Diego de Landa, soucieux de mieux les connaître pour extirper l'«idolâtrie».
Enfin, des sculptures, des peintures et de nombreux objets (céramiques, objets en jade, coquillages, os, pierre) présentant des inscriptions hiéroglyphiques, qui souvent sont de nature rituelle, voire religieuse, permettent aux archéologues et aux épigraphistes de reconstruire une partie de la pensée de l'Époque classique.


Croyances :

Cosmologie :

Si la religion maya reste en grande partie obscure, on sait néanmoins qu’ils croyaient que le cosmos était séparé en trois entités différentes : le monde inférieur (Xibalba), la terre et le ciel.


Inframonde :

Dans la religion maya, Xibalba est le nom du monde souterrain dirigé par les dieux de la mort et de la maladie. Le mot Xibalba signifie « lieu de la peur » ou « lieu des fantômes »1 . L'entrée de Xibalba est traditionnellement située dans une caverne aux alentours de Cobán, au Guatemala ; pour certains des descendants des Quichés, l'endroit est encore aujourd'hui symbole de mort. Des grottes près du Belize ont également été considérées comme une entrée à Xibalba. Xibalba est décrit dans le Popol Vuh comme un endroit sous la surface de la Terre. Le Popol Vuh décrit aussi la route de Xibalba (qui était considérée par les mayas comme la partie sombre de la Voie lactée) et son terrain de jeu de balle. Xibalba a été visité par les héros jumeaux Hunahpu et Ixbalanque. On parle de Xibalba dans le niveaux du "Sud du Mexique"ou"Mexique" dans le jeu video Tomb Raider Underworld

Le monde souterrain comportait neuf strates sur lesquelles régnaient neuf seigneurs de la Nuit.
Le monde souterrain était un endroit froid et inhospitalier auquel étaient destinés la plupart des Mayas après leur mort.
Lorsque les rois mouraient, ils empruntaient le chemin lié au mouvement cosmique du soleil et tombaient dans le Monde inférieur, mais parce qu’ils possédaient des pouvoirs surnaturels il renaissaient dans le Monde céleste et devenaient des dieux.
Cet univers souterrain accueillait aussi chaque soir les corps célestes comme le Soleil, la Lune et Vénus, une fois franchi le seuil de l’horizon.


Terre :

Dans le calendrier maya représenté sur le Codex de Dresde, l’un des rares à avoir survécu à la conquête espagnole, les Mayas voyaient la Terre comme une forme plate et carrée. Chacun de ses quatre angles était situé à un point cardinal et était représenté par une couleur : le rouge à l’est, le blanc au nord, le noir à l’ouest et le jaune au sud. Le centre était vert.


Ciel :

Le ciel était composé de treize strates, chacune ayant sa propre divinité. Au niveau le plus élevé se trouvait l’oiseau Muan.
Certains Mayas croyaient aussi que chacun de ses quatre angles était soutenu par une divinité d’une musculature impressionnante appelée Bacab. Pour d’autres, le ciel était soutenu par quatre arbres de couleurs et d’espèces différentes, et le ceiba vert, ou liard, se dressait au centre.
Les humains bons et vertueux menaient après leur mort une existence tranquille dans ces cieux, sous un immense arbre, Yaxche, qui étendait ses branches dans toutes les directions.
Là, ils pouvaient oublier toute leur fatigue et tous leurs tourments, rafraîchis par une brise fraiche qui soufflait et bercés par une musique douce, ils passaient le temps agréablement en conversations amicales et ils mangeaient une nourriture délicieuse.


Dieux mayas : ( voir le post : MAYAS DIEUX ET DEESSES sur dans cette même section ).

Le panthéon maya renfermait un nombre incalculable de divinités. Cette prolifération s’explique en partie par le fait que chacune des divinités se présentait sous des aspects multiples1. Certaines pouvaient se présenter sous une forme masculine ou féminine, ou encore sous une forme jeune ou âgée. Chaque dieu représentant un corps céleste possédait dans le monde souterrain un visage différent qui se révélait chaque soir à sa « mort ». Une divinité pouvait changer d'aspect selon la direction (nord, sud, ouest, est, centre), cet aspect étant lié à une couleur.
À la fin du XIXe siècle, le mayaniste Paul Schellhas entreprit d'explorer l'iconographie foisonnante des codex de Dresde, de Paris et de Madrid. De cette étude il dégagea un certain nombre de divinités. La connaissance de l'écriture maya en était encore à ses balbutiements. Schellhas choisit donc prudemment de désigner chacune de ces divinités par une lettre, de A à P. les mayanistes sont actuellement loin d'être d'accord sur les concordances entre ces divinités et les noms de divinités cités par Diego de Landa ou les Chilam Balam. Si l'on excepte quelques points de détails, la classification de Schellhas continue donc à être employée dans les études mayas.

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MessageSujet: Re: LES MAYAS    Ven 13 Avr 2012 - 12:43

Nahualisme :



Nahual :


Chez les Tzetlals d’Oxchuc (Chiapas central) (Alfonso Villa Rojas 1947, 1963), chacun « reçoit l’aide » d’un Nahual. Il est décrit comme un animal (lézard, chien, faucon) ou un humain différent d’un individu « normal » (par exemple, un nain déguisé en catholique), il en existe aussi sous la forme de boules de feu (rouge, jaune et verte). Tous ces êtres sont considérés comme invisibles, sans corps. Il arrive parfois que l’on puisse les voir circuler derrière les huttes, se cacher derrière les arbres ou se comporter comme de vrais animaux, et ceci se passe bien sûr de nuit... Pendant la journée il reste dans le « cœur de son propriétaire/maître », alors qu’une fois l’obscurité tombée, il est libre de ses mouvements. Si le Nahual est blessé pendant ses excursions, le maître de celui-ci l’est aussi.
Par l’intermédiaire de ces êtres, les chefs et aînés peuvent mettre à découvert les comportements inadéquats de leurs subordonnés qu’ils punissent par des maladies ou des infortunes. Celui qui viole les principes de la communauté est donc exposé à la sanction. Un autre nom des Nahuals est donc agchamel, « le faiseur de maladie ». Les individus les plus puissants ont donc un Nahual qui peut consciemment effrayer les gens « du commun », qui peuvent en posséder un mais rarement le contrôler. Un Nahual peut aussi en contrer un autre, et donc sauver le malade.
Alfonso Villa Rojas fait un parallèle avec les tributs Itzas du Petén où les anciens étaient considérés comme responsables de maladies parfois tués par les jeunes hommes tant ils semblaient dangereux. Les Tzeltals procèdent aussi parfois de la sorte. Les personnes à la tête du lignage possèdent les Nahuals les plus puissants. Ce sont également eux aussi qui possèdent les connaissances permettant la communication avec les dieux ancestraux et les Saints patrons. Les Nahuals des chefs veillent aussi la nuit afin que les Nahuals et esprits malins de l’extérieur de la communauté n'attaquent pas le village. Les Nahuals des personnes du lignage le plus puissant sont appelés labil winiketik (labil : Nahual; winik : homme; -etik : marque le pluriel.

Un nahual ou nagual est, dans les croyances mésoaméricaines ou d'origine mésoaméricaine, un être mythologique de nature double, à la fois humaine (ou divine) et animale. La forme animale du nahual est le plus souvent un canidé (coyote, chien), un rapace1, un âne ou une dinde, mais peut être aussi un animal plus puissant comme le jaguar.
Le nahual peut utiliser ses pouvoirs pour faire le bien ou le mal. Dans les croyances précolombiennes de Mésoamérique, le nahual avait pour fonction de maintenir l'ordre des espaces sacrés et de châtier ceux qui transgressaient les interdits religieux1. Ce concept est toujours vivace chez plusieurs populations indigènes du Mexique, mais sous une forme maléfique associée par exemple aux chiens noirs et aux coyotes qui volent des biens matériels, car il s'est rattaché à des concepts d'origine européenne comme la sorcellerieou la lycanthropie.
Certains écrits mexicas et mixtèques, comme le codex Borbonicus ou le codex Laud, et certains témoignages de l'époque coloniale permettent de reconstituer en partie le concept originel précolombien. Les croyances spécifiques varient au sein des cultures mésoaméricaines, mais le concept général de nahualisme est considéré comme pan-mésoaméricain car tous les Mésoaméricains croient que chaque humain a une contrepartie animale à laquelle sa force vitale est liée3,4.
Le nahualisme est parfois lié, dans les religions mésoaméricaines, à l'utilisation d'un système calendaire divinatoire, pour déterminer si une personne sera un nahual. Le nahualisme est également soupçonné d'avoir un lien avec le chamanisme.


Étymologie :


Le mot nahual ou nagual (tous deux prononcés [na'wal]) dérive d'un mot de la langue nahuatl, « nahualli », qui peut être apocopé dans cette langue en « nahual ».
Plusieurs hypothèses ont été émises sur l'origine, la fonction et le sens originels de ce mot.
Hernando Ruiz de Alarcón a proposé, dans son Traité des superstitions de 1629, qu'il pourrait être dérivé du substantif « nahuatl » ou du verbe « nahualtia », mais ces deux hypothèses ont été invalidées par les linguistes.
D'autres hypothèses ont été formulées, et certaines ont été écartées, mais aucune n'a permis d'identifier de manière claire l'étymologie du mot « nahualli ». Seul son sens général a pu être rattaché aux notions de déguisement et de couverture.


Histoire :


Dans le système de croyance aztèque, le jour de naissance des personnes était calculé dans le Tonalpohualli pour déterminer la nature de la personne, car chaque jour était associé à un animal qui pouvait avoir un aspect fort ou faible. La personne née, par exemple, le jour du chien avait alors le point faible du chien. Le calendrier aztèque reconnaît vingt signes pour les jours du mois, dont dix sont des animaux (caïman, lézard, serpent, lapin...). Ces animaux (nahuales) se manifestent dans des songes et lors de certaines coïncidences. En nahuatl, le mot Tonalli était utilisé pour désigner aussi bien un jour que l'animal lié à cette journée. Les pratiquants de la magie noire étaient normalement nés certains jours liés aux animaux avec un aspect fort ou nocif qu'ils ont souvent, une tonalli spécifique comme celle du jaguar. Dans la mythologie aztèque, le Dieu Tezcatlipoca était le protecteur du nahualisme, sa tonalité était celle du jaguar et il gouvernait la répartition des richesses.
Selon les traditions populaires du Mexique, chaque personne, lors de sa naissance, porte l'esprit d'un animal qui le protège et le guide. Au Mexique moderne rural, le nahual est souvent le même que les « sorcières » ou « brujos » qui sont censés être en mesure de changer leur forme en celle d'animaux la nuit (normalement en hibou, chauve-souris ou dinde) et de sucer le sang de victimes innocentes ou de voler la propriété d'autrui, et autres méfaits de même acabit. Ils causent des maladies dans certaines communautés indigènes mais le nahual est une partie intégrante de la société et de la communauté, chacun sait qui est un nahual, ils sont tolérés, même craints et respectés, et on embauche parfois leurs services afin d'écarter les malédictions des autres nahuals. Dans d'autres communautés, l'accusation d'être un nahual peut entrainer des répercussions violentes du reste de la communauté envers l'accusé - un peu comme pendant la chasse aux sorcières de la Renaissance en Europe.
Dans le folklore du Mexique central, un nahual est censé avoir la capacité de se métamorphoser en coyote de couleur sombre, en jaguar ou autre. Ces magiciens seraient possédés par les esprits des montagnes qui leur donneraient le pouvoir de se transformer en animaux. Dans l'État de Tlaxcala, au Mexique central, des sorcières nommées tlahuelpuchi étaient réputées se changer en coyotes pour s'introduire ensuite dans les maisons en pleine nuit et égorger les jeunes enfants afin de boire leur sang. Le folklore voulait que pour les éloigner, on place un miroir, une paire de ciseaux, un couteau ou un objet en fer près de l'enfant à protéger.


Nature et études :


Le nahual est un esprit tutélaire qui peut être un animal particulier, concret, ou bien le représentant abstrait d'une espèce animale. Cet animal est sympathiquement lié à la personne, et celle-ci pourrait se métamorphoser en cet animal. L'animal en question est surtout donné, il s'impose comme gardien dès la naissance à partir d'évènements fortuits. On peut distinguer nahual et tonal, selon Carlos Castaneda,«  The tonal and the nagual are two different worlds. In one you talk, in the other you act ».
L'étude du nagualisme a été entreprise par des archéologues, linguistes et ethnologues, Daniel Garrison Brinton a publié une étude intitulée Nagualism: A Study in Native-American Folklore and History, qui, en 1894, à Mexico, enregistrait les diverses interprétations du mot et les différentes croyances de ceux qui pratiquaient encore le nahualisme, tels que les Mixes, les Nahuass, les Zapotèques et les mixtèques.
Par la suite, de nombreuses études ont décrit le nagualisme dans différentes cultures méso-américaines telles que les zoques et les Jakaltek, K'iche', Q'eqchi', et tzeltal. Une tendance intéressante a été décrite pour certaines sociétés dans lesquelles la crainte des naguals est un facteur inhibant la modernisation sociale dans la collectivité, parce que l'on croit que les naguals punissent ceux qui entrent en contact avec la société métisse. Tel est le cas chez les Jakaltek.


Critiques :


Un point de dissensions existe entre chercheurs pour savoir à quel point le nahualisme représente un système de croyances précolombien et dans quelle mesure il est calqué sur la religion populaire européenne. Certains chercheurs, dont Gustavo Correa13, soutiennent que la notion n'est pas autochtone, pré-colombienne, mais vient totalement d'Europe, et qu'elle serait comparable à celle de loup-garou.
Les sources autochtones d'origine pré-colombienne, comme le Popol Vuh, décriraient clairement les concepts liés à la pratique moderne du nahualisme, mais la seule version de ce document qui a survécu a été transcrite bien après la conquête espagnole et peut contenir des concepts introduits par les missionnaires européens.
Lucille Kaplan a conclu que dans Oaxaca la croyance aux naguals comme aux sorcières malfaisants étaient courantes parmi les populations indigènes et métisses, alors que les croyances associées au tonalisme et à l'esprit des compagnons animaux est limitée aux communautés autochtones.


Rites :



Arbre de Vie Mayas

Les rites ont pour but d'agir sur le monde, de veiller à son équilibre ainsi qu'à sa bonne marche et de se concilier les entités surnaturelles.


Sacrifices :


L’élite était obsédée par le sang - le sien et celui des prisonniers - et le rite de la saignée constituait un important aspect de tout grand événement du calendrier maya. La saignée servait aussi à se concilier les dieux. Pour les Mayas, le sacrifice sanglant était nécessaire à la survie tant des dieux que des humains, faisant monter l’énergie humaine vers le ciel et recevant en retour le pouvoir divin. Le roi se servait d’un couteau d’obsidienne ou d’un aiguillon de pastenague pour s’entailler le pénis, dont il laissait couler le sang sur du papier contenu dans un bol. Les épouses des rois prenaient aussi part à ce rite en tirant une corde hérissée d’épines à travers leur langue. On faisait brûler le papier taché de sang, et la fumée qui s’en élevait établissait une communication directe avec le Monde céleste.
Les guerres entretenues entre les cités servaient principalement à fournir des prisonniers destinés au sacrifice. Tout comme chez les autres peuples mésoaméricains, les affrontements étaient plus ou moins ritualisés et le but était de capturer le plus d'ennemis, en les attrapant par les cheveux (on trouvera entre autres une représentation notable de cette pratique sur la paroi méridionale de la fresque de la chambre 2 de la structure 1 de Bonampak). Cependant, peu à peu, les guerres prirent une tournure plus politique.
La coutume voulait que les prisonniers, les esclaves, surtout les enfants et notamment les orphelins et les enfants illégitimes que l’on achetait spécialement pour l’occasion, soient offerts en sacrifice.
« À chaque divinité correspond un rite particulier durant lequel les victimes sont promises au rang de "substituts du dieu". Pour la divinité de la Pluie, particulièrement vénérée, ce sont des enfants que l'on noie, leurs larmes étant de bon augure pour obtenir des pluies abondantes [...] d'après les croyances du temps, les dieux sont littéralement "affamés" de nouvelles proies, ce qui explique l'état quasi permanent de guerre qui règne chez les Mayas, comme d'ailleurs chez d'autres peuplades méso-américaines. Les prisonniers vont constituer une sorte de "vivier à sacrifices" ». Tous les sacrifiés ne sont cependant pas contraints. En effet, « les victimes sont promises à une destinée enviable, celle d'accompagner le soleil dans sa course quotidienne, avant de revenir quatre ans plus tard sur terre, sous l'aspect d'un papillon ou d'un colibri. Cette croyance explique que les futurs sacrifiés sont souvent consentants, voire volontaires. La mort n'est pas, en effet, une fin mais, au contraire, le commencement d'une renaissance ».

Le sacrifice humain était une pratique rituelle courante en Mésoamérique jusqu'à la colonisation espagnole des Amériques. Les sources d'information sur le sujet ayant disparu en grand nombre après l'interdiction de ces rituels à l'époque coloniale, il est difficile de distinguer aujourd'hui les particularismes régionaux liés aux divergences religieuses entre les différentes ethnies mésoaméricaines, tout comme les points communs à l'ensemble de ces diverses cultures, à cause du manque d'informations sur le détail des rituels pratiqués par la plupart d'entre elles ; de ce fait, ce sujet est souvent traité du point de vue plus restreint des sacrifices humains aztèques ou mayas, et plus rarement de manière globale.


Encensement :


Les Mayas brûlaient fréquemment du copal au cours de cérémonies religieuses. En témoigne le grand nombre d'encensoirs que l'on a retrouvés. Par la fumée et l'odeur qui montent, l'encensement permet d'invoquer le serpent-vision pour entrer en communication avec les entités du monde surnaturel. Les encensoirs peuvent avoir l'apparence d'un souverain ou de l'entité surnaturelle à laquelle la cérémonie est destinée.


Géographie sacrée :


La grotte était un lieu sacré, surtout lorsqu’en jaillissait une source, symbole de vie et de renaissance. Elle peut être assimilée à un sanctuaire, un lieu de culte, un point de rendez-vous avec les divinités de la terre. Elle peut être un lieu funèbre, étant une matérialisation symbolique du monde de la mort. Des vases funéraires contenant des cendres de défunts ont été découvertes dans des grottes (par exemple dans des cénotes) et parfois même des tombes royales (la plus ancienne datant de -350 dans une chultun sur le site archéologique d'Holmul ).
Ces sanctuaires rupestres mayas ont commencé à livrer certains de leurs secrets. Des gravures, dans des anfractuosités naturelles, évoquent la vie et la personnalité du défunt. Les offrandes qui y étaient déposées portent à penser qu’une espérance de vie future animait ces populations.
La montagne était aussi un haut lieu sacré. Les volcans étaient divinisés ou considérés comme la demeure de certains dieux à qui l’on portait des offrandes. À l’apparition de certaines constellations, un feu nouveau était allumé sur un ancien volcan éteint, afin de célébrer la jonction entre deux cycles de 52 ans.
Les grandes pyramides de Teotihuacan apparaissent comme des collines artificielles, vouées aux dieux et aux rites qui les honorent.
La lune des mayas est un symbole féminin. De nombreux mythes y furent associés. Elle symbolise la femme enceinte dont le ventre, rond, croît et décroît. Une éclipse est un événement fâcheux pour les parturientes. Selon une légende, la Lune ourdit un complot qui obligea le Soleil à l’épouser, mais elle eut une attitude libertine, et l’a trompé avec le roi des vautours.
Les étoiles aussi étaient divinisées. Mixcoatl, serpent de la nuée blanche, régnait sur la voie lactée. Tezcatlipoca, maître de la nuit, était identifié à la Grande Ourse, perçue comme représentant un jaguar.


Science et technique :


Comme les autres civilisations mésoaméricaines, si les Mayas étaient par certains aspects en retard sur l’Europe, ils étaient en revanche très avancés dans d'autres secteurs. Leur connaissance de l’astronomie notamment surprend encore les scientifiques actuels. Leurs réalisations architecturales sont également remarquables. Les Mayas avaient créé un type de voûte particulier que l’on peut observer à Uxmal. Leurs édifices exploitent par ailleurs leurs connaissances astronomiques pour créer des effets saisissants à partir de jeux de lumière.
Bien qu’il soit souvent affirmé que les Mayas et les autres peuples mésoaméricains ne connaissaient pas la roue, les découvertes réalisées sur certains sites archéologiques (entre autres à Palenque) montrent le contraire. Néanmoins, les seuls objets dotés de roues qui ont été retrouvés en Mésoamérique sont des jouets et de petits chariots ; les archéologues ont expliqué cette limitation de l'usage de la roue par l'absence d'animaux de trait en Mésoamérique, en particulier pour les transports, ainsi que par le caractère sacré attribué à la roue, comme dans d'autres civilisations (au Tibet, par exemple).
Une des pratiques les plus anciennes fut d'ériger des stèles pour commémorer ou marquer des évènements historiques; auparavant on érigeait des stèles de façon irrégulière; puis on les érigeait selon une certaine périodicité, généralement à la fin de chaque katun, période cyclique de 20 ans. Ces dates ont pu être lues grâce à la clé que nous a donnée Diego de Landa. Les Mayas construisaient leur calendrier à partir de la date légendaire de 3113 av. J.-C., et ils utilisaient des unités de temps plus importantes telles que le baktun, période cyclique comprenant 20 katuns, (c'est-à-dire 400 années mayas, correspondant à 394 de nos années).


Mathématiques :



Les Mayas (ou leurs prédécesseurs olmèques) utilisaient un système en base 20 comprenant un sigle zéro (mais dont l'usage et donc le concept étaient différents du nôtre, cf. Numération maya). Les inscriptions montrent qu’ils étaient capables de manier de très grands nombres. Le système mathématique de base 20 (vicésimal), c'est-à-dire à vingt chiffres élémentaires (nous utilisons un système de base 10, décimal), de même que leur méthode de positionnement graphique, leur permettait des calculs à l’infini. Cela leur a permis de mener des recherches astronomiques poussées dont le degré de précision est très impressionnant. Les prêtres et astronomes mayas ont estimé de façon très pointue la durée de l'année solaire, bien que dans la vie courante ils utilisent une année de 365 jours. Par exemple, le calendrier grégorien déterminait l’année solaire à 365,2425 jours ; le calendrier maya, à 365,2420 jours ; et l’astronomie moderne 365,2422 jours. En clair, sept siècles avant les Européens, munis d’instruments archaïques et après des années d’observations au cœur de la jungle, les Mayas ont été capables de déterminer la durée d’une année solaire avec une précision extrême. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que les progrès techniques puissent affiner cette évaluation.
Leurs analyses astronomiques étaient très précises, leurs études du mouvement de la Lune et des planètes étaient remarquables pour des gens qui ne travaillaient qu’à l’œil nu.


Chronologie :




Redécouverte de la civilisation maya :


Après leur abandon progressif, bon nombre de cités maya classiques étaient tombées dans l’oubli, enfouies dans la végétation tropicale. Pour atteindre les vestiges des anciennes cités du Petén, il faut marcher dans une jungle touffue. Les rencontres occasionnelles avec des ruines que firent les Espagnols après la Conquête n'eurent aucun écho. Lors d'une tournée d'inspection en 1576, un fonctionnaire espagnol, Diego Garcia de palacio, décrivit les ruines de Copán dans son rapport:
«...sur la route après la ville de San Pedro, dans la première localité de la province du Honduras, dénommée Copán, se trouvent des ruines et des vestiges d'une nombreuse population et des monuments impressionnants par leur beauté, construits avec tant de talent, qu'ils ne peuvent nullement être l'œuvre d'hommes frustes, comme le sont les habitants actuels».

Une fois classé, ce rapport fut complètement oublié jusqu'au XIXe siècle. Il en alla de même pour les récits du Père Avendaño, passant par Tikal ou de Jacobo de Alcayaga pour Yaxchilán. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, avec la naissance de l'archéologie, que sur la demande du roi d'Espagne, amateur d'antiquités, on organisa une expédition officielle vers le site de Palenque. Dirigée par un militaire, le capitaine Antonio del Río, elle atteignit les ruines en 1787. En 1807, eut lieu une autre mission, dirigée par Guillermo Dupaix. Ces expéditions étaient accompagnées de dessinateurs, dont les illustrations traduisent leur perplexité face à une iconographie maya, qu'ils jugent à l'aune des civilisations antiques (Égypte, Grèce, Inde): elles sont simplifiées, arrangées au goût européen, sinon parfois simplement fantaisistes. Elles ont néanmoins le mérite d'exister, certains des monuments reproduits ayant disparu entretemps. Progressivement portés à la connaissance du public au cours des premières décennies du XIXe siècle, les rapports d'Antonio del Río et de Guillermo Dupaix donneront lieu à de multiples spéculations sur l'identité des bâtisseurs de ces monuments.
En 1839 un écrivain et voyageur américain John Lloyd Stephens, après avoir lu ces premiers récits d'expéditions vers des cités en ruine dans la jungle, visita Copán, Palenque, et d'autres sites en compagnie de l’architecte anglais Frederick Catherwood. Les ouvrages à succès de Stephens, accompagnés des dessins de Catherwood, suscitèrent un vif intérêt de par le monde et déclenchèrent la redécouverte de cette civilisation précolombienne majeure. Avec des moyens archaïques, comparables à ceux qu'utilisaient les Maya pour les édifier, les archéologues ouvrirent des chantiers pour dégager les monuments de leur gangue végétale et reconstituer ceux qui étaient trop dégradés.
De nos jours, une large part de la population rurale du Guatemala, du Yucatan et du Belize descend des Mayas et parle une des 28 langues mayas.

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MessageSujet: Re: LES MAYAS    Ven 13 Avr 2012 - 12:48

PEUPLE MAYAS :



Les Mayas constituent un groupe culturel varié d'Amérindiens vivant dans le sud du Mexique et le nord de l'Amérique centrale (Guatemala, Belize, avec de petites minorités au Honduras et au Salvador). Le nombre de Mayas, dans cette zone, est actuellement estimé en général aux alentours de 6 millions d'individus. Certains sont assez intégrés dans les cultures modernes des pays dans lesquels ils résident, d'autres continuent à mener une vie plus traditionnelle et distincte culturellement, souvent en parlant l'une des langues mayas comme langue principale.
Le terme général « Maya » est une désignation collective pratique pour inclure les populations de la région qui partagent un certain degré de patrimoine linguistique et culturel; cependant, ce terme englobe beaucoup de peuples distincts, des sociétés et des groupes ethniques qui ont leur propre traditions, cultures et identité historique.
Le mot maya signifie maïs, céréale qui tient une place primordiale dans les mythologies précolombiennes et dans la vie quotidienne des Mayas au point qu'ils se sont désignés eux-mêmes comme des « hommes de maïs » depuis une très haute antiquité.


Histoire :


Préhistoire :


Les origines du peuple maya (comme celles de bon nombre de peuples mésoaméricains) sont contestées. Deux principales théories sont avancées :
- la plus courante veut que les Mayas soient originaires d'Asie et qu'ils aient franchi le détroit de Béring durant la période glaciaire à la recherche d'animaux à chasser ;
- une autre mouvance considère les Mayas originaires d'îles du Pacifique.
Cette question n'est pas tranchée. Si les liens de parenté avec les cultures natives d'Amérique du Nord ne sont pas flagrants, les vestiges de la civilisation maya font apparaître des similitudes troublantes avec certains aspects de l'Égypte ancienne ou de la Chine, même si cette similitude n'est pas un lien de causalité probant.
Époque méso-américaine :
Durant le Ier millénaire les Mayas formaient l'une des grandes civilisations de Mésoamérique. Ils étaient organisés en centres urbains composés d'un site civique et cérémoniel, de palais de dignitaires, de quartiers périphériques d'artisans, de commerçants et de guerriers, et de hameaux dispersés de population rurale. Leur civilisation a ensuite perduré jusqu'au XVIe siècle dans le nord de la péninsule du Yucatán. Les accomplissements les plus marquants de cette civilisation sont : l'écriture hiéroglyphique, la numération de position (en base 20 avec le zéro, inventé indépendamment des Indiens), l'astronomie (calendrier et éphémérides) et l'architecture (édification de pyramides et de temples). On trouve aujourd'hui de nombreux sites archéologiques mayas dans le sud du Mexique (Chichén Itzá, Palenque) et au Guatemala (Tikal, Kaminaljuyú).


Époque coloniale :


La large révolte menée au XIXe siècle par les Mayas originaires du Yucatán, aussi connue sous le nom de guerre des Castes du Yucatán, fut l'une des plus victorieuses révoltes amérindiennes, ayant permis l'obtention temporaire de l'État maya de Chan Santa Cruz, reconnu comme une nation indépendante par l'Empire britannique.


Population :


Les plus grandes populations mayas contemporaines sont dans les États mexicains du Yucatán, du Campeche, du Quintana Roo, du Tabasco, et du Chiapas, ainsi que dans les pays d'Amérique centrale comme le Belize, le Guatemala et les parties occidentales du Honduras et du Salvador. Ils s'identifient eux-mêmes simplement comme des « Mayas » sans tribu (à l'inverse de ceux des Hautes-Terres de l'ouest du Guatemala), et parlent la langue que les anthropologues appellent le « maya yucatèque », mais est reconnu par ceux qui le parlent et par les « Yucatecos » simplement comme « maya ». Les locuteurs de langue maya parlent également le plus souvent l'espagnol comme langue secondaire ou principale.


Yucatán :


La première confrontation entre les Européens et la population indigène du Yucatán date de 1511, après qu'un groupe de rescapés Espagnols, ayant survécu à un naufrage, débarqua sur les rives du Yucatán. L'un des marins, Gonzalo Guerrero, s'intégra parfaitement à la population locale dans la région de ce qui est aujourd'hui Chetumal. Les expéditions espagnoles suivantes (Córdoba en 1517, Grijalva en 1518 et Cortés en 1519) aboutirent à de nombreux conflits et, finalement, à une guerre ouverte. La vulnérabilité aux maladies européennes et les conflits avec les Espagnols réduisirent la population des Mayas Yucatèques à moins de 10 000 âmes en 1850. Les Mayas Yucatèques qui vivaient dans la jungle de Quintana Roo, à l'est, moins en contact avec les Espagnols, ont mieux résisté et ont survécu en plus grand nombre. Historiquement, la population de la moitié est de la péninsule a été moins intégrée et moins affectée par la culture hispanique que celle de la moitié ouest. Aujourd'hui, dans la Péninsule du Yucatán (États mexicains de Campeche, Yucatán et Quintana Roo), entre 750 000 et 1 200 000 personnes parlent une des langues mayas. Cependant, les populations d'origine maya mais ne parlant pas leur langue d'origine sont trois fois plus nombreuses. Elles possèdent, cependant, d'anciens noms mayas comme Ak, Can, Chan, Be, Cantun, Dzib, Canche, Chi, Chuc, Coyoc, Hoil, Hau, May, Tamay, Ucan, Pool, Zapo, etc.


Chiapas :


Les groupes Mayas du Chiapas comprennent les Tzotzil et les Tzeltal, dans les hauts-plateaux de l'État, les Tojolabales, concentrés dans les basses-terres autour de Las Margaritas, et les Ch'ol dans la jungle.
Les Mayas dont la culture est restée la plus proche de celle de leurs ancêtres de l'époque pré-colombienne sont les Lacandon, une petite population (1 000 âmes) évitant les contacts avec les étrangers jusqu'à la moitié du XXe siècle en vivant par petits groupes dans les forêts le long de la partie mexicaine du fleuve l'Usumacinta et de ses affluents.


Belize :


Les Mayas de Belize sont éparpillés à travers toute la région, avec, toutefois, une concentration dans les districts de Cayo et de Toledo. Ils se divisent en Mayas Yucatèques, Kekchi, et Mopan.


Tabasco :


L'État de Tabasco (Mexique) accueille les Mayas Chontal.


Guatemala :


Au Guatemala, les principales populations traditionnelles Mayas vivent dans les haut-plateaux de l'Ouest.
Au Guatemala, le modèle colonial espagnol consistant à garder les indiens légalement séparés et inféodés persista durant le XXe siècle. Il en résulte la conservation des coutumes traditionnelles, la seule alternative étant l'intégration du mode de vie hispanique au plus bas niveau social.
Une considérable identification avec les communautés locales et linguistiques, correspondant souvent aux États des nations pré-colombiennes, continue, et beaucoup de gens portent des vêtements traditionnels qui affichent leur identité spécifique locale. Les habits des femmes tendent à être plus traditionnels que ceux des hommes, ces derniers ayant plus d'interaction avec le commerce et la culture hispanique.
Les peuples Mayas des haut-plateaux du Guatemala incluent les Quichés, Mam, Poqomam, Cakchiquel, Ixil, Q'eqchi', Tz'utujil et Jakaltèques.
La région sud-est du Guatemala (à la frontière avec l'Honduras) comprend des groupes comme les Ch'orti'.


Culture :


Croyances mésoaméricaines :


Les Mayas de l'époque mésoaméricaine croyaient que les grandes grottes, appelées "cenotes", étaient les repères des dieux et que ceux-ci pouvaient avoir diverses apparences la nuit et le jour.
Une légende raconte qu'un dieu tout puissant, appelé Itzamna, était à l'origine de la création du monde. Ce dieu serait marié à la déesse de la lune, appelée Ixchel, et ensemble ils auraient eu plusieurs enfants;
- leurs fils seraient les dieux du maïs (Yum Kah), du commerce, des sacrifices et des étoiles.
- leurs filles seraient les déesses de l'eau, de la nuit et du paradis.
L'univers, selon les mayas, est divisé en trois grandes entités différentes: Le ciel, la terre et le monde inférieur.
Le ciel était composé de treize étages et chaque étage avait sa propre divinité.
La terre était une forme plate et carrée représentant le dos d'un crocodile géant qui reposerait sur un bassin d'eau et dont chaque angle du carré représentait une couleur:
- Blanc pour le Nord
- Jaune pour le Sud
- Noir pour l'ouest
- Rouge pour l'Est
Au centre de la "planche" il y avait un arbre (la ceiba) reliant le ciel et le monde souterrain. Cet arbre symbolisait l'axe de l'univers.
Le monde inférieur était composé de neuf royaumes dirigés par neuf "seigneurs de la nuit".
L'univers, selon les Mayas, a eu plusieurs existences. Chacune de ces existences était organisée par les dieux pour ensuite être détruite par ceux-ci. Ce renouvellement symbolise l'évolution du genre humain et a pour but l'amélioration de celui-ci afin de maintenir l'univers en vie.
Comme nous avons pu le constater, les dieux sont primordiaux pour les mayas et constituent une part importante de leur quotidien. Parmi les dieux qu'ils vénèrent intensivement, il y a le dieu de la pluie, Chaac. C'est un dieu extrêmement important car les rivières coulent sous la terre dans des grottes et non à la surface de celle-ci ce qui fait du Yucatan une région très asséchée, par conséquent sans ce dieu la civilisation disparaitrait. Chaac est le dieu le plus représenté et afin de lui montrer leur reconnaissance, tous les temples lui étaient dévoués et dans les anciennes cités de nombreuses statues le représentant furent installées. Lorsque les Mayas pensaient que Chaac était en colère, ils faisaient même des sacrifices humains.
Ces sacrifices sont pratiqués très régulièrement au cours de cérémonies complexes où ils offrent une âme à leur dieu.
Certains se coupent ou percent une partie de leur corps pour pouvoir enduire les statues des dieux de leur sang.
Cependant il n'y a pas seulement les sacrifices humains qui sont nécessaires pour vénérer les dieux comme il se doit; en leur apportant de la nourriture, en faisant brûler de l'encens ou encore avec différents parfums qu'ils faisaient s'échapper (le copal par exemple qui est une résine très odorante).


Citations :


« Nous ne sommes pas des mythes du passé, des ruines dans la jungle ou dans les zoos. Nous sommes des gens et nous voulons être respectés, et non victimes d'intolérance et de racisme »— Rigoberta Menchù.


Source : Wikipédia

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