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 LES AZTEQUES

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Crakte Iyo Ctana

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MessageSujet: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 17:25

Aztèques :



Les Aztèques, ou Mexicas (du nom de leur capitale, Mexico-Tenochtitlan), étaient un peuple amérindien du groupe nahua, c'est-à-dire de langue nahuatl.
Ils s'étaient définitivement sédentarisés dans la vallée de Mexico, sur une île du lac Texcoco, vers le début du XIVe siècle. Au début du XVIe siècle, ils avaient atteint un niveau de civilisation parmi les plus avancés d'Amérique et dominaient, avec les autres membres de leur Triple alliance, le plus vaste empire de la Mésoamérique postclassique. Leur seul vrai rival était l'empire des Tarasques.
L'arrivée, en 1519, des conquistadors menés par Hernán Cortés scella la fin de leur règne. Le 13 août 1521, les Espagnols, aidés par un grand nombre d’alliés autochtones, finirent par remporter le siège de Tenochtitlan et par capturer le dernier dirigeant aztèque, Cuauhtémoc. La civilisation aztèque s'est alors éteinte rapidement, à cause du taux de mortalité extrêmement élevé de leur population pendant la conquête de l'Empire aztèque et de l'oblitération volontaire de leur culture à l'époque coloniale.
Les études de cette civilisation précolombienne se fondent sur les codex mésoaméricains, livres écrits par les autochtones sur papier d'amate, les témoignages des conquistadors, comme Hernán Cortés et Bernal Díaz del Castillo, les travaux des chroniqueurs du XVIe et XVIIe siècle, comme le codex de Florence compilé par le moine franciscain Bernardino de Sahagún avec l'aide de collaborateurs aztèques, ainsi que, depuis la fin du XVIIIe siècle, les recherches archéologiques, grâce aux fouilles comme celles du Templo Mayor de la ville de Mexico.


Terminologie :


Usage du terme aztèque :


Le vocable « Aztèque » est un terme d'origine mésoaméricaine, dérivé du nahuatl « azteca » (« ceux d'Aztlan »), et dont la définition actuelle, qui reste variable et controversée parmi les spécialistes de la Mésoamérique, a commencé à être déterminée à l'époque coloniale du Mexique.
Le terme « Aztèque » a été employé et continue de l'être, selon le contexte dans lequel il est utilisé et selon l'origine, l'époque, la formation et le parti pris des auteurs, pour désigner tout ce qui se rapporte aux :
- habitants d'Aztlan (au sens premier du terme en nahuatl), cité d'origine des Mexicas et d'autres ethnies nahuas, selon les récits mythiques mexicas ;
- émigrés d'Aztlan et futurs Mexicas (habitants de Mexico-Tenochtitlan ou de Mexico-Tlatelolco), jusqu'à leur changement d'ethnonyme, pendant leur migration vers la vallée de Mexico, d'« azteca » en « mexitin » (« ceux de Mexi », autre nom du dieu tribal mexica Huitzilopochtli)3 ;
- habitants de Mexico-Tenochtitlan ou de Mexico-Tlatelolco ; dans ce dernier cas, le plus fréquent, il est synonyme de « Mexica », et comme ce terme, il est parfois étendu, en particulier pour les sujets socio-politiques, à tout ce qui se rapporte aux :
- habitants des territoires tributaires des Mexicas (« Mexica tlatocayotl », en nahuatl)
- habitants des autres « altepeme » membres de la triple alliance (Acolhuas de Texcoco et Tépanèques de Tlacopan) ;
- habitants de la vallée de Mexico, de manière générale ;
- habitants des « altepeme » de la triple alliance ainsi que des territoires qui en étaient tributaires (l'« empire aztèque ») ;
- habitants du Mexique central, de manière encore plus large, des derniers siècles ayant précédé l'arrivée des Espagnols (postclassique moyen et tardif, à partir du XIIe siècle), y compris certains locuteurs d'autres langues que le nahuatl (particulièrement celles du groupe oto-mangue)2.


Histoire :


Évolution historique de l'usage :



À l'origine, les habitants de Mexico-Tenochtitlan aujourd'hui désignés comme Aztèques se désignaient eux-mêmes ainsi que leurs ancêtres, dans leur langue (le nahuatl), par plusieurs ethnonymes différents :
- « Azteca » (« ceux d'Aztlan ») a servi à désigner, selon les chroniques indigènes et espagnoles, le peuple d'Aztlan ainsi que ses émigrés (parmi lesquels figuraient les futurs Mexicas) pendant au moins une partie de leur migration1 ; dans ce cas, ce terme peut être accompagné d'un ethnonyme complémentaire, comme Chicomoztoca (« de Chicomoztoc ») ou Teocolhuaca (« de Teocolhuacan »), en considération d'un de leurs lieux de résidence pendant la migration.
- « Mexitin » (« ceux de Mexitl ») fut, selon les légendes retranscrites dans les codex et les chroniques indigènes, le nom que leur donna leur dieu tribal Huitzilopochtli pendant leur migration d'Aztlan à Mexico.
- « Mexica Tenochca » (« ceux de Mexico-Tenochtitlan »), ou plus généralement « Mexica », servit à les désigner à partir de leur sédentarisation définitive à Mexico.
Au XVIe et XVIIe siècle, pendant la conquête et la colonisation de l'Amérique, les chroniqueurs espagnols ont le plus souvent traduit indifféremment les termes Mexitin et Mexica parMexicanos (« Mexicains »).
Ces termes ont ensuite été le plus souvent remplacés, à partir du XIXe siècle, par le terme « aztèque » ; cet usage a été popularisé à partir de 1810 par Alexander von Humboldt, et surtout par la publication en 1843 du célèbre livre de William H. Prescott, The History of the Conquest of Mexico.
Cet usage reste très courant, même au Mexique, bien qu'il soit considéré comme abusif par de nombreux spécialistes contemporains, surtout par les hispanophones, qui lui préfèrent souvent le terme Mexica, en particulier pour éviter toute confusion avec les autres populations nahuas du centre du Mexique. Cette confusion, largement répandue, y compris dans certaines publications spécialisées, est soulignée par Serge Gruzinski : « routine ou ignorance, nous continuons d'appeler Aztèques - un terme qui désigne uniquement les ancêtres mythiques des fondateurs de Mexico - toutes les populations du Mexique central ».





Variabilité de l'usage :


Le vocable « Aztèque » est un terme d'origine mésoaméricaine, dérivé du nahuatl « azteca » (« ceux d'Aztlan »), et dont la définition actuelle, qui reste variable et controversée parmi les spécialistes de la Mésoamérique a commencé à être déterminée à l'époque coloniale du Mexique.
Le terme « Aztèque » a été employé et continue de l'être, selon le contexte dans lequel il est utilisé et selon l'origine, l'époque, la formation et le parti pris des auteurs, pour désigner tout ce qui se rapporte aux :
- habitants d'Aztlan ;
- émigrés d'Aztlan et futurs Mexicas (habitants de Mexico-Tenochtitlan ou de Mexico-Tlatelolco), jusqu'à leur changement d'ethnonyme pendant leur migration vers Mexico-Tenochtitlan ;
- habitants de Mexico-Tenochtitlan ou de Mexico-Tlatelolco ; dans ce dernier cas, le plus fréquent il est synonyme de Mexica, et comme ce terme, il est parfois étendu, en particulier pour les sujets socio-politiques, à tout ce qui se rapporte aux :
- habitants des territoires tributaires des Mexicas (« Mexica tlatocayotl », en nahuatl)
- habitants des autres « altepeme » membres de la triple alliance (Acolhuas de Texcoco et Tépanèques de Tlacopan) ;
- habitants de la vallée de Mexico, de manière générale ;
- habitants des « altepeme » de la triple alliance ainsi que des territoires qui en étaient tributaires (l'« empire aztèque ») ;
- habitants du Mexique central, de manière encore plus large, des derniers siècles ayant précédé l'arrivée des Espagnols (postclassique moyen et tardif, à partir du XIIe siècle), y compris certains locuteurs d'autres langues que le nahuatl (particulièrement celles du groupe oto-mangue).


Par thématique :


Peuple aztèque :


Lorsqu'il est utilisé pour désigner des groupes ethniques, le terme « aztèque » fait référence à plusieurs peuples parlant le Nahuatl au centre du Mexique pendant la période postclassique de l’histoire de la méso-amérique, en particulier le groupe ethnique qui a eu un rôle de premier plan dans la constitution de la puissance de l’empire fondé à Tenochtitlan, celui des Mexicas. D'autres groupes ethniques sont associés à l'empire aztèque comme les Acolhuas et les Tépanèques et certains de ces groupes étant incorporés dans l'empire, le terme « aztèque » est parfois également utilisé à leur propos. Dans son ancien usage le terme était couramment employé à propos des groupes ethniques modernes parlant le nahuatl considéré comme la « langue aztèque ». Dans la terminologie actuelle, ces groupes ethniques sont plutôt désignés sous le non de Nahuas. En linguistique le terme « aztèque » est toujours utilisé pour désigner la branche des langues uto-aztèques (parfois aussi appelées langues Yuto-nahuan) qui comprend la langue nahuatl et celles qui lui sont étroitement apparentées les langues Pochutec et la langue Pipil.
Pour les Aztèques eux-mêmes le mot « azteca » n'était pas une exonymie pour désigner un groupe ethnique particulier. Il s’agissait plutôt d’un terme générique utilisé pour désigner plusieurs groupes ethniques, qui ne parlaient pas tous le nahuatl, qui se proclamaient les héritiers du lieu mythique des origines, Aztlan. Parfois, le terme aztèque est remplacé dans son sens général par « Mexica », mais cet usage ne tient pas compte du fait que l'utilisation du mot « aztèque » n'est généralement pas limité au groupe ethnique des Mexicas qui occupait seulement la partie sud de l'île de Mexico-Tenochtitlan, mais inclut également d'autres groupes d'ethnie différente.


Culture aztèque :


La culture aztèque est la culture du peuple désigné sous le nom d’Aztèques, mais étant donné que tous les groupes ethniques du centre du Mexique pendant la période postclassique partagent les mêmes traits culturels principaux, beaucoup d’éléments fondamentaux de la culture aztèque ne peuvent pas être considérés comme exclusivement Aztèques. Pour la même raison la notion de « civilisation aztèque » doit être comprise comme un horizon particulier de la civilisation méso-américaine en général.
Parmi les traits culturels que les Aztèques de Tenochtitlan partagent avec de nombreuses autres cultures du centre du Mexique on trouve l’agriculture basée sur la culture du maïs, l'organisation sociale basée sur la division de la société en deux classes, une classe noblepipiltin et une classe de roturiers macehualli, l'ensemble des croyances et pratiques religieuses, y compris la plus grande partie du panthéon (par exemple les dieux tels que Tezcatlipoca, Tlaloc et Quetzalcoatl), le système calendaire duxiuhpohualli de 365 jours intercalé avec le tonalpohualli de 260 jours. Parmi les traits culturels particuliers aux Aztèques de Tenochtitlan citons la vénération du Dieu tutélaire des Mexicas Huitzilopochtli, la construction de pyramides jumelles, et la céramique connue sous le nom d’Aztèque I à III.


Empire aztèque :


L’Empire aztèque était un vaste empire tributaire de Tenochtitlan, qui avait étendu son pouvoir en Mésoamérique pendant la période postclassique tardive. Il trouve son origine en 1427 avec la Triple alliance entre la cité-état de Tenochtitlan, Texcoco et Tlacopan qui se sont alliés pour vaincre l’état Tépanèques d’Azcapotzalco qui dominait auparavant le bassin de Mexico. Bientôt Texcoco et Tlacopan sont devenus des partenaires secondaires de l'alliance qui était de facto dirigée par les Mexicains de Tenochtitlan. L'empire a étendu sa zone d’influence en combinant le commerce et la conquête militaire. Il n'a jamais été un véritable empire contrôlant des territoires en installant des garnisons militaires dans les provinces conquises, mais une puissance contrôlant ses États vassaux principalement en installant des dirigeants bien disposés à son égard dans les villes conquises ou en concluant des alliances matrimoniales entre les dynasties régnantes, et en installant une idéologie impériale dans les États vassaux. Les États vassaux payaient tribut à l'empereur aztèque, le Tlatoani dans le cadre d’une stratégie économique tendant à limiter la communication et les échanges entre les états périphériques pour les rendre dépendants du centre de l’empire pour l'acquisition de biens de luxe. Le poids politique de l'empire se faisait sentir loin au sud de la Méso-Amérique en conquérant des cités jusqu’au Chiapas et au Guatemala et s'étendait de l'océan Pacifique à l'océan Atlantique. L'empire a atteint son extension maximale en 1519, juste avant l'arrivée des conquistadors espagnols menés par Cortés qui a réussi à renverser l'empire aztèque en s'alliant avec quelques-uns des ennemis traditionnels des Aztèques, les habitants de l’état de Tlaxcala qui parlaient le nahuatl.


Origines :


L’origine des Mexicas demeure incertaine, aussi bien du point de vue de la chronologie que de la localisation des différentes étapes de leur migration. En effet, les récits des migrations mexicas, avant qu'ils ne fondent Mexico-Tenochtitlan et s'y sédentarisent définitivement et tels qu'ils ont été retranscrits dans plusieurs codex, se contredisent et ont été remis en cause par les fouilles archéologiques. Ces textes empreints de symboles ont certainement volontairement occulté et modifié, à des fins idéologiques, la réalité historique sur leurs origines4.
Les codex montrent que les Aztèques revendiquaient une double origine nordique, à la fois chichimèque et toltèque, qui leur conférait le prestige à la fois de la vaillance guerrière des chasseurs-cueilleurs et de l'héritage culturel des fondateurs de Tula. Les Aztèques partageaient effectivement avec ces peuples la même langue (le nahuatl), mais aussi les mêmes croyances astrales, la même pratique des sacrifices humains et une même organisation militariste de la société.
Il semble que les Nahuas avaient commencé à quitter le nord du Mexique actuel au VIe siècle de notre ère pour s’installer en Mésoamérique, au centre de l'actuel Mexique. En s’interposant entre des groupes de populations déjà installées, parlant des langues oto-mangues, ils avaient fini par se mélanger avec les ethnies locales, adoptant leurs pratiques religieuses et culturelles. Entre la fin du IXe et le début du Xe siècle, ils aménagèrent à Tula et développèrent la civilisation toltèque en se mêlant à des populations otomiennes. Entre le XIIe et le XIIIe siècle, les derniers Chichimèques, dont les Aztèques, ont immigré dans la vallée de Mexico, qui était alors dominée par les Tépanèques d'Azcapotzalco.

La Mésoamérique (également couramment orthographiée Méso-Amérique et plus rarement remplacée par l'expression Amérique moyenne) est une super-aire culturelle de l'Amérique précolombienne, c'est-à-dire un ensemble de zones géographiques occupées par des ethnies qui partageaient de nombreux traits culturels communs avant la colonisation espagnole des Amériques. Cela correspond au territoire où vivaient en particulier, à l'arrivée des Espagnols au XVIe siècle, les Aztèques et les Mayas, ainsi que les autres peuples indigènes en contact avec eux.
D'un point de vue géographique, la Mésoamérique s'étend du nord du Mexique au Costa Rica, en incluant le Belize, le Guatemala, l'ouest du Honduras, le Salvador et le versant pacifique du Nicaragua. La Mésoamérique est à différencier de l'Amérique centrale qui, dans son acception géographique, va du Guatemala au Panama.
Le terme Mésoamérique a été défini par l'anthropologue allemand Paul Kirchhoff en 1943, sur la base d’une liste de traits culturels communs aux civilisations de cette zone géographique.
Cette aire se caractérise par une uniformité exclusivement culturelle qui se manifeste sur plusieurs plans. La frontière nord de la Mésoamérique sépare les sociétés de chasseurs-cueilleurs (au nord) des sociétés agricoles (au sud) ; elle s'est déplacée au cours du temps. Au sud, la frontière est culturelle et linguistique.
La préhistoire et l'histoire de cette aire culturelle sont traditionnellement divisées en trois grandes époques : préclassique, classique et postclassique.

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Crakte Iyo Ctana

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MessageSujet: Re: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 17:33

Caractéristiques de la civilisation mésoaméricaine :



Unité :


Toutes les civilisations précolombiennes de cette zone présentent des caractéristiques culturelles communes, qui les distinguent d'autres civilisations précolombiennes, comme les civilisations andines. On retrouve en particulier systématiquement :
- une architecture rituelle : des centres cérémoniaux incluant des pyramides à degrés et des places;
- des religions polythéistes reprenant des divinités archétypales qu'on retrouve sous des noms et des formes diverses dans toute la Mésoamérique, comme le « vieux dieu du feu », le dieu de la pluie ou le serpent à plumes ;
- le sacrifice humain, dont l'omniprésence n'a été reconnue que progressivement par les archéologues;
- des offrandes à la terre;
- le nahualisme;
- la croyance en un voyage après la mort dans un inframonde;
- une production artistique ayant une fonction religieuse et politique;
- un jeu de balle rituel, dont les règles sont mal connues et ont varié avec le temps, mais qui est également omniprésent sous l'une ou l'autre forme;
- un calcul du temps combinant un calendrier solaire de 365 jours et un calendrier rituel sacré de 260 jours en relation avec un espace-temps symbolique et dualiste;
- un système d'écriture très iconique mêlant glyphes et représentations figuratives3;
- un système de numération vicésimal partiel;
- une agriculture basée sur le maïs et surtout sa nixtamalisation


Diversité :


La Mésoamérique présente cependant également une grande diversité.
D'un point de vue linguistique, même si on regroupe les différentes langues mésoaméricaines dans une union linguistique mésoaméricaine présentant une certaine convergence, on distingue quatre catégories:
- le groupe oto-mangue, qui occupe principalement le Mexique central. En son sein, on distingue les Otomi, un peuple sans histoire, ainsi que les Zapotèques et les Mixtèques. Ce groupe est sans doute le plus ancien de la Mésoamérique.
- le groupe macromaya, qui comprend le mixe-zoque, le totonaque, le huaxtèque et le maya (qui se subdivise lui-même en plusieurs groupes).
- le groupe uto-aztèque, qui comprend le nahuatl, dont les locuteurs sont répandus dans pratiquement toute la Mésoamérique (dont faisaient partie les Toltèques et les Aztèques). Les Chichimèques, au nord de la Mésoamérique, faisaient également partie du groupe uto-aztèque.
- des isolats linguistiques, parmi lesquels les Tarasques forment le groupe le plus important.
Géographiquement, les différents milieux, de la zone tropicale (au sud de la péninsule du Yucatán) aux hauts plateaux de la Cordillère néovolcanique (au centre du Mexique) en passant par les sommets de la Sierra Madre del Sur (dans les États actuels du Michoacán et de Oaxaca), ne forment pas une unité géographique.


Contexte écologique :


Le territoire mésoaméricain se situe entre le 10 ° et le 22 ° de latitude nord. Il comprend la zone centrale du Mexique, l'isthme de Tehuantepec, la péninsule du Yucatán; le Guatemala, le Belize, le Salvador et la côte pacifique du Honduras, Nicaragua et du Costa Rica jusqu'au golfe de Nicoya. Il forme une association complexe de différents écosystèmes. Michael D. Coe distingue les hautes terres (qui regroupent les différentes zones dont l'altitude est comprise entre 1000 à 2 000 m) qui sont aussi connues comme l'Altiplano mexicain et les basses terres avec des altitudes plus proches du niveau de la mer et qui ne dépassent pas les 1 000 m. Le premier groupe présente une grande diversité climatique, qui va du climat froid de montagne au climat tropical aride. Toutefois les climats subtropicaux ou tropicaux prédominent, comme sur la côte du golfe du Mexique et la mer des Caraïbes.
Certaines des vallées des hautes terres de Mésoamérique possèdent un sol fertile à vocation agricole. C'est le cas des vallées du Oaxaca, celle de Puebla-Tlaxcala et de Mexico. Toutefois, leur situation encaissée ne favorise pas les précipitations. Cette situation est particulièrement critique dans les terres chaudes des vallées mixtèques qui sont sans doute les plus arides des hautes terres. Outre le manque de pluie, il existe peu de cours d'eau et ils ont un débit réduit. Les premières recherches archéologiques présupposaient que le climat devait être plus favorable par le passé. Pourtant, avec les années et la profusion de connaissances sur la région, on sait que le climat ne devait pas être si différent de celui d'aujourd'hui, bien que les écosystèmes présentent un degré de dégradation provoquée par l'activité humaine. Une bonne partie des hautes terres présentent des preuves d'une déforestation ancienne, et diverses espèces ont disparu de leur habitat d'origine.
Par conséquent, bien que les conditions des hautes terres de Mésoamérique n'aient pas été extraordinairement favorables, elles n'ont pas non plus été suffisamment défavorables pour empêcher le développement des hautes civilisations agricoles mésoaméricaines. De fait, leur situation est similaire à celles d'autres régions du monde où se sont produits des processus civilisateurs précoces, comme dans le nord du Pérou, ou dans la vallée de l'Indus, en Asie. Dans ces sites, comme en Mésoamérique l'être humain a dû apprendre à tirer profit au maximum des ressources dont il disposait dans son milieu. Les mésoaméricains des hautes terres, en tant que peuples agricoles, ont appris à stocker l'eau et à l'acheminer depuis les sources jusqu'à leur champ. Parmi les techniques agricoles de Mésoamérique la plus caractéristique fut peut-être la culture en chinampas, développée dans les lacs du plateau tarasque et plus particulièrement dans la vallée de Mexico, où subsistent un certain nombre de zones de chinampería à Xochimilco.
Par ailleurs, les agriculteurs mésoaméricains ont dû apprendre à compter le temps puisque la période durant laquelle ils pouvaient semer restait comprise entre deux saisons qui menaçaient le résultat des récoltes de la culture principale, le maïs: la saison chaude et sèche du début du printemps et des gelées hivernales.
Il en était tout autrement pour les basses terres, particulièrement dans le sud-est de la côte du Golfe du Mexique où les pluies sont assez abondantes. Les forêts tropicales à végétation dense couvraient une bonne partie des plaines côtières et ceci représentait un obstacle pour le développement de l'agriculture. Dans ces sites, autant la végétation comme l'excès d'eau constituaient un problème, les mésoaméricains conçurent des systèmes de drainage, dont on peut aujourd'hui observer les restes dans la sous-région de Chontalpa dans l'État de Tabasco, où il subsiste ce que l'on appelle les camellones chontales.
Par ailleurs, la faune dont disposaient les peuples mésoaméricains n'était pas facilement domesticable. Plusieurs millénaires avant le début de la civilisation d'Amérique moyenne, les espèces majeures de mammifères qui auraient pu être domestiquées avaient disparu à cause d'une chasse excessive. Tel fut le cas du cheval et de diverses espèces de bovins. Ceci explique pourquoi les peuples de la région manquaient d'animaux de trait et pourquoi la civilisation mésoaméricaine fut exclusivement agricole. Les seules espèces domestiquées furent le xoloitzcuintle et le dindon, mais ils n'ont jamais constitué une partie importante du régime ou de l'économie de la plupart des mésoaméricains.
En dépit de ce qui précède, les sociétés de la région pratiquaient la chasse d'autre espèces, en complément de leur régime (cerf, lapins, oiseaux, et de nombreux insectes), ou comme articles somptuaires (peaux de félins, plumages).
Étant donné que la Mésoamérique se présente fragmentée en niches écologiques très réduites et diverses, aucune des sociétés qui la peuplaient durant les temps préhispaniques n'était autosuffisante. Pour cette raison, à partir des derniers siècles de la période archaïque, antérieure à la préclassique, les peuples de la région se spécialisèrent dans l'exploitation de certaines ressources naturelles abondantes. Puis ils ont établi des réseaux d'échange commercial pour corriger les manques dus à l'environnement. Les peuples de l'Ouest, par exemple, se sont spécialisés dans la production agricole et la céramique; les habitants de l'Oaxaca produisaient du coton et la cochenille; de la côte arrivaient le sel, le poisson séché, les coquillages marins et le pigment comme la pourpre; des terres basses de la zone Maya et du golfe provenaient le cacao, la vanille, les peaux de jaguar, des oiseaux précieux comme le quetzal ou l'ara; du Mexique central provenait la majeure partie de l'obsidienne servant à la fabrication des armes et des outils.


Géographie :



Les limites géographiques de la Mésoamérique ont varié selon les époques.
Leur définition n'est pas toujours très précise car il est parfois difficile d'évaluer si les données arquéologiques recueillies sur certains sites suffisent à les rattacher à la culture mésoaméricaine, en particulier dans le cas de ceux qui sont à la frontière de l'Aridoamérique et de l'Oasisamérique.
Limite nord :
La limite nord de la Mésoamérique est située, dans l'ensemble des publications, dans la partie nord de l'actuel Mexique.
Elle est déterminée sur la base des distinctions établies par Paul Khirchoff entre Mésoamérique, Aridoamérique et Oasisamérique.
Elle est généralement située (d'est en ouest, par rapport aux États mexicains actuels) :
dans le sud de Tamaulipas et de Nuevo León ;
dans le nord de San Luis Potosí, de Zacatecas et de Durango ;
dans le sud-ouest de Chihuahua ;
dans le sud de Sonora.
Aires culturelles et ethnies :
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.
Même si l'ensemble des peuples mésoaméricains partageaient un grand nombre de points communs, du fait de nombreuses interactions politiques, culturelles et commerciales, ils n'étaient pas tous identiques. Ils constituaient des ethnies différentes, ne parlaient pas tous la même langue et avaient développé des traditions spécifiques qui permettent de les distinguer et de les regrouper en diverses aires culturelles plus réduites : Nord, Occident, Guerrero, Centre, Golfe, Oaxaca, Maya et Amérique centrale.


Histoire :


Périodisation :


Un cadre chronologique général a été défini, pour l'ensemble des civilisations mésoaméricaines, à partir du XIXe siècle, sur la base d'une comparaison entre la Grèce antique et la civilisation maya qui venait d'être redécouverte grâce aux travaux de John Lloyd Stephens et Frederick Catherwood. La période de l'apogée de la civilisation maya a ainsi été définie comme l'époque classique, et par conséquent, la période antérieure a été qualifiée de préclassique et la postérieure de postclassique.
Ces trois périodes ont par la suite été subdivisées de manière plus fine, chacune en trois périodes d'abord : ancien, moyen et récent. Sont ensuite apparues des dénominations supplémentaires, comme le protoclassique (du début du IIe siècle av. J.-C. à la fin du IIe siècle ap. J.-C.) et l'épiclassique (d'environ 650 à 900 ap. J.-C.). Pour la préhistoire de la Mésoamérique, on distingue également parfois préclassique et époque archaïque (d'environ 8000 à 2500 av. J.-C.).
Les dates de début et de fin de chaque époque ont fait l'objet de nombreuses recherches et discussions, mais on attribue traditionnellement les dates suivantes à chaque période :
- préclassique (également appelée formative, en particulier dans les publications en anglais) : de 2500 av. J.-C. à 200 ap. J.-C.;
-préclassique ancien : de 2500 av. J.-C. à 1200 av. J.-C. ;
- préclassique moyen : de 1200 av. J.-C. à 400 av. J.-C. ;
- préclassique récent (ou tardif) : de 400 av. J.-C. à 200 ap. J.-C. ;
- classique : de 200 à 900 ap. J.-C.;
_ classique ancien : de 200 à 600 ap. J.-C. ;
- classique récent (ou tardif) : de 600 à 900 ap. J.-C. ;
- postclassique : de 900 ap. J.-C. à la conquête espagnole;
- postclassique ancien : de 900 à 1200 ap. J.-C. ;
- postclassique récent (ou tardif) : de 1200 à la conquête espagnole.
De nombreuses propositions de chronologies alternatives ont été publiées par d'éminents chercheurs, mais le cadre commun de référence de quasiment tous les mésoaméricanistes reste le schéma ci-dessus.


Époque préclassique :


L'Époque préclassique fait suite à l'époque archaïque (-8000 à -2500). Elle marque véritablement les débuts de la Mésoamérique comme aire culturelle. Daté traditionnellement de -2500 à 300, le préclassique est marqué par les débuts de l'agriculture mésoaméricaine (fondée sur le maïs) et la sédentarisation. On ignore les noms des peuples de cette époque : les noms actuels leur ont été donnés plus tard. Des vagues de nouveaux arrivants continuent après la sédentarisation. Les peuples de langue nahuatl seraient les derniers arrivés.
Au Préclassique ancien, la taille des villages augmente progressivement, avec une différenciation des activités, comme à San José Mogote en Oaxaca, et le début d'échanges interrégionaux, surtout des produits de prestige. Parmi les sites les plus anciens figurent les complexes funéraires de la culture El Opeño et de la culture Capacha dans l'Ouest du Mexique.
Au Préclassique moyen apparaissent des communautés plus importantes, comme Tlatilco au Mexique central et Monte Alban I en Oaxaca. Dans les basses-terres de la côte du Golfe du Mexique apparaît vers -1200 une culture, celle des Olmèques, qui, par sa sophistication, se distingue de toutes les autres : centres cérémoniels monumentaux, apparition d'une élite sociale... Plusieurs centres olmèques se succèdent : San Lorenzo, La Venta, Tres Zapotes. Les traits culturels se répandent dans le restant de la Mésoamérique, du Guerrero au Honduras, au point que l'on parle de «culture-mère», un concept qui fait encore l'objet d'âpres débats parmi les spécialistes. Certains préfèrent parler de «cultures-sœurs», dont l'apparition simultanée s'explique par l'existence de surplus agricoles, qui permettent partout l'émergence d'élites locales. La diffusion des traits culturels s'explique alors par les échanges commerciaux de produits de luxe recherchés par ces élites, tels que le jade, la turquoise, l'hématite, le cacao, les plumes d'oiseaux, etc. Les sites de Chalcatzingo au Mexique central ou Takalik Abaj au Guatemala sont représentatifs de ces interactions complexes.
Au Préclassique récent, les sites olmèques se sont éteints, à l'exception de Tres Zapotes. Des cultures locales se dégagent. En Oaxaca, Monte Alban II, centre de la civilisation zapotèque, et au Mexique central, le site de Cuicuilco. La disparition, suite à une éruption volcanique, de ce dernier site coïncide avec l'émergence de Teotihuacan, qui dominera l'époque suivante dans toute la Mésoamérique.
Des développements importants ont lieu à cette époque dans l'isthme de Tehuantepec, où apparaissent un type d'écriture original appelé épi-olmèque et les premières inscriptions en Compte long. Un peu plus au sud, dans le piémont pacifique et les Hautes-Terres mayas, des sites tels que Kaminaljuyu, El Baul, Takalik Abaj et Izapa constituent un chaînon entre les Olmèques et la civilisation maya. Le développement des Basses-Terres pose le problème des influences qu'elles ont subies, soit par contact direct avec les Olmèques, soit par le biais des cités des Hautes-Terres citées plus haut. Dans l'est des Basses-Terres du sud apparaissent les premières cités mayas, notamment Cerros au Belize. Les bouleversements les plus profonds concernent le Bassin d'El Mirador dans le Petén. Au cours des dernières décennies, l'exploration du site de Nakbé, où des plates-formes monumentales apparaissent au Préclassique moyen (vers 600), et surtout du site d'El Mirador lui-même, dont la floraison date du Préclassique récent et qui compte la structure pyramidale la plus importante jamais construite dans le monde maya, a bouleversé l'idée que les spécialistes se faisaient du développement de la civilisation maya. Le gigantisme des constructions d'El Mirador à une époque aussi précoce implique une main d'œuvre extrêmement importante et un degré d'organisation politique considéré il y a peu comme inconnu avant l'Époque classique. Vers 150, le bassin d'El Mirador se dépeuple. Cette période semble correspondre à un premier «effondrement» de la civilisation maya, avant celui de la fin de l'Époque classique.
À l'autre extrémité du monde mésoaméricain, dans la région que les archéologues mexicains appellent «Occidente», dans les États actuels de Colima, Nayarit et Jalisco, ainsi qu'au long du fleuve Mezcala, fleurissent les cultures dites des «tombes à fosse», dont la datation est incertaine. Un peu plus au sud-est, dans l'actuel État de Guanajuato, s'épanouit la culture Chupicuaro.


Époque classique :


Le Classique ancien est dominé par la mégalopole de Teotihuacán, qui couvre 20 km2 et compte une centaine de milliers d'habitants à son apogée. Son influence se fait sentir jusque dans la zone maya, où le centre de gravité s'est déplacé vers les Basses-Terres du sud : de nombreuses cités-États développent un système politique fondé sur la « royauté divine » (appelée aussi « royauté sacrée »).
En Oaxaca, le passage du Préclassique (Monte Albán II) au Classique (Monte Albán III) s'opère sans solution de continuité. À son apogée (Monte Albán IIIb) la capitale zapotèque compte 30 000 habitants. La plupart des bâtiments visibles actuellement datent de cette époque. Monte Albán III est contemporain de Teotihuacán avec laquelle il entretient des rapports diplomatiques14. Il existe par ailleurs un quartier («barrio») zapotèque à Teotihuacán. À l'extrémité est de la Mésoamérique se développe la culture de Cotzumalhuapa.
Au Classique récent, l'écroulement de Teotihuacan au VIIe siècle, dans des circonstances mal définies - invasion ou rébellion ? - aura pour conséquence la perturbation des routes commerciales et l'irruption de groupes chichimèques venus du nord, comme ce sera d'ailleurs encore souvent le cas dans l'histoire de la Mésoamérique.
Certains développements continuent à laisser les archéologies perplexes, notamment la présence de guerriers mayas sur des peintures murales de Cacaxtla au Mexique central. Des cités plus petites prennent le relais de Teotihuacan, notamment Xochicalco et Cholula. En Oaxaca, Monte Alban décline également et est progressivement abandonné vers 700. Dans la région de la Côte du Golfe du Mexique fleurit la culture d'El Tajin, qui se distingue par l'importance accordée au jeu de balle. En témoignent les nombreux «jougs», «hachas» et «palmas» associés à cette activité que l'on a retrouvés dans la région.
Dans les Basses-Terres centrales mayas, les archéologues, se fondant sur l'absence d'inscriptions à Tikal au milieu du VIe siècle, ont cru voir jadis un «hiatus», qui aurait marqué la frontière entre le Classique ancien et le Classique récent. Actuellement on considère qu'il s'agit d'un phénomène local, à situer dans le cadre de la compétition féroce que se livraient les principales cités maya de l'époque, Calakmul et Tikal, cette dernière ayant eu le dessous. Tikal se relèvera de sa défaite et le Classique récent se caractérise à la fois par l'extraordinaire épanouissement artistique d'un grand nombre de cités maya et des conflits d'un intensité toujours plus forte. Dans les Basses-Terres centrales maya, on assiste littéralement à un «effondrement» à partir du IXe siècle : les unes après les autres, les cités cessent d'ériger des stèles datées en Compte Long. Les Basses-Terres du sud se dépeuplent progressivement. Par contre, dans les Basses-Terres du nord, la fin du Classique ou Classique final voit l'épanouissement des cités Puuc d'Uxmal, Sayil, Labna et kabah. Toutes les cultures mexicaines déclinent également vers 900.


Époque postclassique :


L'Époque postclassique s'étend du Xe siècle à la conquête espagnole. Le Postclassique voit se poursuivre le mouvement de militarisation des sociétés mésoaméricaines et l'émergence d'une classe de guerriers, groupés en ordres militaires, sous l'égide d'animaux-totems, comme l'aigle ou le jaguar16.
Dans la zone maya, le Yucatan prend le relais des Basses-Terres centrales. On peut penser qu'il bénéficie d'un apport de population en provenance des Basses-Terres du sud. Des cités comme Uxmal, Labna ... développent un style régional appelé «puuc». Au Xe siècle, la cité de Chichen Itza domine la région. Les ressemblances frappantes entre les monuments de Chichen Itza et ceux de Tula ont donné naissance à la fameuse théorie de l'«invasion toltèque» au Yucatan. Si les contacts entre le Mexique central et la zone maya ne font aucun doute, de plus en plus de spécialistes remettent en question cette invasion, admettant simplement qu'on ne dispose pas de réponse à la question pour le moment. Le déclin de Chichen Itza s'amorce au XIe siècle. Après sa défaite vers 1220 par la cité de Mayapan, cette dernière prend la tête d'une confédération qui domine la péninsule du Yucatan. Les Livres de Chilam Balam relatent la chute de Mayapan au XVe siècle. Cet événement marque le début d'un émiettement politique qui dure jusqu'à la conquête espagnole.
Dans les Hautes-Terres mayas, des élites se réclamant des «Toltèques» fondent des royaumes conquérants, dotés d'une direction collégiale, où l'influence culturelle mexicaine est sensible. Le principal de ces royaumes est celui des Quichés, auxquels nous devons notre principale source écrite sur la religion maya, le Popol Vuh. Au XVe siècle, les Cakchiquels leur disputent l'hégémonie sur les hautes-Terres.
La partie occidentale de l'Oaxaca est le territoire des Mixtèques, un peuple apparenté linguistiquement à leurs voisins zapotèques. Relativement mal connus à l'Époque classique, ils s'affirment au Postclassique. Leur histoire nous est connue par des documents ethnohistoriqus, la série des codex dits «mixtèques». Ils étaient divisés en cités-états militaristes qui se faisaient la guerre et pénétrèrent le territoire des Zapotèques, dont ils réutilisèrent les tombes à Monte Albán (phase V). Ils apportèrent une contribution importante à l'histoire des arts mésoaméricains dans le domaine de la céramique, des mosaïques en turquoise, et surtout de l'orfèvrerie, dont la technique leur serait parvenue du Pérou.
Dans le Mexique central, du chaos de la fin du Classique émergent les Toltèques, venus du nord comme tous les envahisseurs. Ils établissent leur capitale à Tula. Selon la tradition, ils auraient été menés par un chef appelé Mixcoatl, dont le fils, Topiltzin, aurait donné naissance aux légendes de Quetzalcoatl. Au Postclassique récent, Tula s'écroule au XIIe siècle sous les coups de nouvelles vagues chichimèques venues du nord. Cette situation engendre un nouvel émiettement politique. Des groupes toltèques émigrent vers la vallée de Mexico, où ils fondent de petits États, tels que Xochimilco ou Azcapotzalco. Ils sont suivis par des bandes de Chichimèques, auxquels on doit la fondation de Texcoco. À partir du XVe siècle, la scène est dominée par l'émergence des Aztèques ou Mexicas, les derniers arrivés des Chichimèques, dont les origines se perdent dans les brumes légendaires et que ses pérégrinations ont amené dans la vallée de Mexico. Après des débuts pénibles, en un peu moins d'un siècle, ils bâtissent un empire qui s'étend du golfe du Mexique jusqu'à l'océan Pacifique. Ils se veulent les héritiers de Teotihuacan et surtout des Toltèques. Le royaume tarasque au Michoacán est la seule puissance à résister aux Aztèques, et même à rivaliser avec eux. L'irruption des conquistadors espagnols sur la côte du Golfe du Mexique en 1519 mit brutalement fin au développement des sociétés mésoaméricaines. Après la destruction de Tenochtitlan par Hernan Cortés et ses alliés indiens tlaxcaltèques, les Espagnols étendirent rapidement leur domination sur l'ensemble de la Mésoamérique.
Les Mayas du Yucatan leur opposèrent une résistance farouche jusqu'en 1546. À la place des sociétés indigènes s'installa ensuite une société métisse, la société coloniale espagnole. Seul le petit royaume maya de Tayasal, protégé par les jungles du Petén, perpétua la culture indigène jusqu'à sa destruction par les Espagnols en 1697.

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MessageSujet: Re: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 17:40

Aztlan :



Les codex affirment tous que les Aztèques, comme leur nom l'indique, étaient originaires d’Aztlan (toponyme nahuatl généralement traduit par « lieu de la blancheur » ou « lieu des hérons »), qui est peut-être une ville mythique de leur cosmogonie. Dans ces textes anciens, la localisation de cette cité, qui est le plus souvent représentée sous la forme d'une montagne entourée d'eau, n'est généralement pas indiquée, ou est vaguement qualifiée de lointaine. Les sources plus précises la situent le plus souvent au nord, mais parfois aussi à l'ouest ou au nord-est. On ne sait pas non plus exactement le sens du nom de cette cité mystérieuse. Aucune convention pictographique aztèque ne lui a été non plus attribuée, contrairement aux autres cités qui sont toutes représentées par un glyphe spécifique.
Ces incertitudes et ces contradictions sont à l'origine de nombreuses hypothèses émises par les historiens. Ceux qui considèrent Aztlan comme une cité ayant réellement existé et dont on aurait perdu la trace la situent tous au nord de Mexico; certains ont essayé de la localiser parfois au nord-ouest du Mexique actuel, peut-être dans l'État de Nayarit, d'autres au sud-ouest des actuels États-Unis. Toutefois, nombre de ces spécialistes tiennent pour acquis le caractère mythique de cette cité, dont la description est fortement chargée de symboles ; Christian Duverger, dans sa monographie L'origine des Aztèques, considère même que la grande similitude entre Aztlan et Mexico est un indice (parmi de nombreux autres) d'une réécriture a posteriori des origines des Aztèques, qui leur aurait permis de légitimer leur occupation de Mexico, en tant que site naturel jumeau d'une cité originelle inventée dans ce but.
Aztlan (toponyme nahuatl généralement traduit par « lieu de la blancheur » ou « lieu des hérons ») est l'« altepetl » peut-être mythique à partir duquel les futurs Mexicas auraient commencé leur migration vers le centre du Mexique en l'année 1 Silex, selon les écrits aztèques (en particulier leurs codex) et les témoignages recueillis par les chroniqueurs espagnols au XVIe siècle.


Mythe :


Description :


Aztlan aurait été une île située au milieu d'un lac. Après avoir quitté l'île, les Aztèques seraient arrivés à un endroit appelé Chicomoztoc, c'est-à-dire « les sept cavernes » ; contrairement à Aztlan, qui n'apparaît que dans les récits aztèques, Chicomoztoc est considéré par beaucoup de groupes nahuas comme leur lieu d'origine légendaire. Les Aztèques y auraient trouvé une image de leur dieu Huitzilopochtli et rejoint d'autres tribus (dont le nombre varie selon les sources).


Analyse :


Aztlan est considérée par de nombreux spécialistes contemporains comme un lieu purement symbolique, un reflet d'une ville réelle, peut-être Mexico-Tenochtitlan. En effet, les récits sont empreints de symbolisme, comme par exemple la date de départ, 1 Silex, qui représente le commencement.
Diego Durán rapporte une des traditions les plus curieuses à propos d'Aztlan, selon laquelle l'empereur Moctezuma Ier aurait envoyé des émissaires à la recherche du lieu d'origine des Aztèques. Emmenés par magie à Aztlan, ceux-ci y auraient rencontré Coatlicue, la mère de Huitzilopochtli, qui leur aurait demandé des nouvelles de ses lointains parents à Tenochtitlan. Revenus à nouveau par magie d'Aztlan, les émissaires n'auraient donc pu en indiquer la localisation. Ce récit indique que les Aztèques eux-mêmes ne se faisaient pas une idée claire de l'emplacement d'Aztlan, sinon qu'elle se trouvait quelque part au nord.


Hypothèses de localisation :


De nombreux spécialistes, postulant qu'il s'agissait d'un endroit historique, se sont efforcés de découvrir Aztlan en différents endroits du nord ou au nord de la Mésoamérique, d'où proviennent les tribus chichimèques, dont les Aztèques sont une branche.
Le cosmographe français du XVIe siècle, André Thévet, la situait pour sa part en Floride.
Les chercheurs modernes partisans de cette thèse se sont attachés à trouver un site septentrional situé sur une île au milieu d'un lac. Parmi les endroits les plus souvent cités se trouvent l'île de Janitzio au milieu du Lac de Pátzcuaro dans l'État mexicain de Michoacan, ou encore l'île de Mexcaltitan dans l'État de Nayarit.


Période migratoire :


D'après les codex aztèques, ce peuple aurait quitté son territoire d'origine en l'an 1-couteau de silex (en 1116 dans le calendrier grégorien) ou peut-être au moment de la chute de Tula en 1168. Guidés par le dieu Huitzilopochtli, ils auraient erré pendant plusieurs générations avant de se fixer sur le site actuel de Mexico. Pendant cette période migratoire, ils seraient passés par Chicomoztoc (« lieu des sept cavernes » en nahuatl) d'où différentes tribus seraient parties les unes après les autres, et notamment les Toltèques. Ils seraient également passés par Tula avant d'arriver à Chapultepec vers 1248.
Au XIVe siècle, la région du plateau central mexicain comptait 28 « altepeme » (cités-États) : les plus puissants étaient Culhuacan au sud (d'origine toltèque) et Azcapotzalco à l’ouest (cité des Tépanèques, d'origine nahua comme les Mexicas). Ces « altepeme » étaient tantôt en état de guerre, tantôt alliés en « excan tlatoloyan ». Une fois établis à Chapultepec, les Mexicas seraient tombés sous la domination des Colhuacas, mais les Tépanèques d’Azcapotzalco les auraient ensuite expulsés de Chapultepec. Les Mexicas n'auraient alors pas tardé à se révolter et auraient dû sauver leur vie en se réfugiant dans les zones marécageuses du lac. En 1299, Cocoxtli, le dirigeant de Culhuacan les aurait autorisés à se fixer sur les terres pauvres de Tizapan, où ils se seraient intégrés à la culture de Culhuacan.


Fondation de Tenochtitlan :



Selon la tradition aztèque rapportée notamment dans les codex, en l'année 2-maison (1325), sur une petite île marécageuse au milieu du lac Texcoco, les futurs Mexicas auraient vu un aigle perché sur un cactus ; selon les sources, cet aigle tenait dans ses serres une figue de barbarie (tenochtli en nahuatl) ou un serpent, bien que cette dernière hypothèse soit probablement une interprétation peu pertinente, à l'époque coloniale, du glyphe « atl-tlachninolli » (représentant un double courant d'eau et de feu symbolisant la guerre), qui sort du bec de l'oiseau sur la seule pièce archéologique représentant cette scène. Cette erreur d'interprétation a peut-être été volontairement diffusée par les Espagnols pour occulter toute référence aux sacrifices humains (la figue de barbarie symbolisant en effet le cœur des sacrifiés).
Cette vision de l'aigle sur le nopal aurait été interprétée par les prêtres comme un message surnaturel du dieu Huitzilopochtli leur indiquant qu’il leur fallait s’établir à cet endroit pour y fonder ensuite un puissant empire. Les Mexicas se seraient alors définitivement sédentarisés à cet emplacement, autour duquel ils ont ensuite édifié progressivement la ville de Mexico-Tenochtitlan.
Cependant, l'exactitude de ce récit mythique a été remise en cause par les découvertes archéologiques du début du XXIe siècle. En effet, les traces d'occupation les plus anciennes du site, qui n'était alors qu'un ensemble d'îlots sur le lac Texcoco, remontent à la phase Mazapa (800-1100), peut-être entre le IXe et le Xe siècle30. De plus, la date des plus anciennes constructions retrouvées par les archéologues a été évaluée aux alentours de 1300.


Tributaires d'Azcapotzalco :


En 1375, les Mexicas élurent leur premier chef (ou huey tlatoani), Acamapichtli, qui venait de Colhuacan et appartenait à une dynastie toltèque. Jusqu’en 1428, les Mexicas restèrent soumis à l’État d’Azcapotzalco, qui était devenu une puissance régionale, sans doute la plus importante depuis les Toltèques, des siècles auparavant. Le troisième chef mexica, Chimalpopoca, était un vassal d’Azcapotzalco.


Triple Alliance :


En 1426, Maxtla, tlatoani d'Azcapotzalco et héritier de Tezozomoc, capture le tlatoani mexica Chimalpopoca, qui meurt peu après (assassiné ou suicidé). Les Aztèques considérant Maxtla responsable de la mort de leur souverain, le successeur de celui-ci, Itzcoatl, s’allie avec le chef exilé de Texcoco, Nezahualcoyotl afin de vaincre Maxtla32. Tlacopan rejoint alors la coalition, qui s'empare vers 1430 de la capitale tépanèque, met fin aux jours de Maxtla et remplace la domination d'Azcapotzalco sur le bassin de Mexico par celle de leur Triple alliance.


Triple alliance (Mésoamérique) :


Triple alliance est le nom communément donné, y compris par les mésoaméricanistes, à une ancienne institution politique préhispanique et supraétatique du centre de l'actuel Mexique, qui était appelée en nahuatl « Excan Tlatoloyan » (signifiant « tribunal des trois sièges »).


Terminologie :


« Triple Alliance » est une expression moderne qui remonte au moins au XVIIIe siècle, puisqu'on la trouve sous la plume de l'historien Francisco Javier Clavijero. Au XVIe siècle, le chroniqueur d'ascendance acolhua Ixtlilxochitl employait pour sa part l'expression « imperio de las tres cabezas ». Dans le Codex Osuna, c'est l'expression nahuatl « yn etetl tzontecomatl » (signifiant « les trois têtes ») qui désigne cette alliance.


Historique :


Cette institution remonte au moins à l'époque toltèque, si l'on en croit Chimalpahin4. Elle aurait été alors le fruit d'une alliance entre Tula, Culhuacan et Otompan.
Coatlinchan aurait ensuite pris la place de Tula et Azcapotzalco celle d'Otompan, avant que les Tépanèques ne suspendent cette alliance.
Après la victoire de Mexico-Tenochtitlan, Texcoco et Tlacopan sur Azcapotzalco en 1430, ces trois « altepeme » restaurèrent cette institution, récupérant respectivement les titres que Culhuacan, Coatlinchan et Azcapotzalco occupaient précédemment à sa tête.
Cette dernière alliance contrôlait, au début du XVIe siècle, la majeure partie du centre de Mexique entre la côte pacifique et la côte du Golfe du Mexique. Ses principaux rivaux étaient les Tarasques. Au sud-est de Mexico-Tenochtitlan, les cités de la vallée de Puebla, notamment Tlaxcala, formaient une enclave qui résistait obstinément à la pression militaire de la triple alliance. Tlaxcala s'allia aux conquistadores espagnols d'Hernán Cortés lorsqu'ils arrivèrent en Mésoamérique et les aidèrent à vaincre la Triple Alliance en 1521, d'abord en battant Texcoco puis Mexico-Tenochtitlan.


Fonction :


La fonction principale de la triple alliance était judiciaire, comme son nom nahuatl l'indique. Son rôle était de résoudre les conflits entre les « altepeme » (cités-États) placés sous sa juridiction, ainsi que de maintenir la sécurité sur l'ensemble de leur territoire et d'imposer la loyauté des différentes entités politiques à la coalition, lorsqu'elles étaient réticentes.
Elle servit également à justifier l'expansion militaire de la dernière alliance sur le bassin de Mexico.
Elle servait enfin à assurer l'équilibre des forces et la répartition du tribut entre les trois puissances nahuas qui étaient à sa tête. À la fin de l'époque postclassique, l'alliance n'était cependant pas égalitaire : selon Ixtlilxochitl, Mexico-Tenochtitlan et Texcoco recevaient chacune 2/5 des tributs lors des conquêtes et Tlacopan 1/5 ; selon Torquemada, Tlacopan aurait reçu 1/5 des tributs, Texcoco un 1/3 du restant et Tenochtitlan le reste. Lorsque les troupes espagnoles arrivèrent en 1520, l'influence de Texcoco déclinait et Tlacopan avait presque été absorbée par Mexico-Tenochtitlan.
Michel Graulich résume la situation de manière imagée: «Somme toute, l'empire tenait du racket. Trois gangs alliés, ayant chacun un territoire privilégié, intimidaient de toutes parts pour obtenir des versements réguliers en échange de leur "protection"».


Période impériale :


Tenochtitlan devint alors progressivement l’État le plus puissant sur le plateau central du Mexique, réussissant à imposer sa domination sur la vallée de Mexico puis à étendre progressivement son influence jusqu'au golfe du Mexique à l'est et au littoral du Pacifique au sud et à l'ouest.
Deux souverains de Texcoco surent garder son influence à la troisième ville de la Triple Alliance qui devint la capitale intellectuelle de l'empire : Nezahualcoyotl, protecteur des arts et des sciences et Nezahualpilli, qui mit en application les idéaux de son père Nezahualcoyotl. Après les règnes d'Itzcoatl et de Moctezuma Ier, puis la mort de Nezahualcoyotl en 1472, les souverains mexicas héritèrent d'un véritable empire.
Les deux principaux architectes de l’empire aztèque furent les demi-frères Tlacaelel et Moctezuma Ier (1440-1469), qui étaient aussi les neveux d’Itzcoatl. Moctezuma I succéda à Itzcoatl comme hueyi tlatoani en 1440 ; il étendit la domination aztèque sur les États actuels de Guerrero, Puebla et Oaxaca. Tlacaelel, qui était une sorte de vice-empereur, réforma l’État et la religion. On lui attribue également la responsabilité, pendant le règne d'Itzcoatl, de la destruction des codex existants après la victoire de la Triple alliance sur Azcapotzalco, qui lui aurait servi à mieux asseoir et légitimer la domination aztèque sur le bassin de Mexico en modifiant profondément l'historiographie. Tlacaelel serait également à l’origine des rituels guerriers (comme la « guerre fleurie ») mais aussi de la nécessité de sacrifices permanents pour perpétuer la course du soleil.
L’empire aztèque connut son apogée sous le règne d’Ahuitzotl entre 1486 et 1502. En moins de 200 ans, l’humble peuple nomade chassé par plus puissant que lui était devenu le maître de la vallée de Mexico et de ses environs. Les Mexicas attribuaient leur succès à Huitzilopochtli et adoraient conter la glorieuse épopée de leur longue errance dans le désert. L'« empire » qu'ils bâtirent rapidement et la soumission des nations occupant ce territoire trouvaient leur légitimité dans le fait que les Tenochcas (autre nom pour désigner les Aztèques) étaient d'après eux-mêmes le peuple élu du soleil pour diriger le « monde ». Le successeur d’Ahuitzotl, Motecuzōma Xocoyotzin (plus connu sous le nom de Moctezuma II), poursuivit l'organisation administrative de l'empire.


Conquête espagnole :


Événements de la conquête :


L'empire aztèque a atteint son apogée sous le règne d’Ahuitzotl entre 1486 et 1502. Son successeur, Motehcuzōma Xocoyotzin (plus connu sous le nom de Moctezuma II ou Moctezuma), était huey tlatoani depuis 17 ans lorsque le conquistador Hernán Cortés débarqua sur les côtes mexicaines au printemps 1519. Ce dernier conclut une alliance avec la confédération de Tlaxcala qui était depuis longtemps ennemie des Aztèques. Les Espagnols et leurs alliés amérindiens arrivèrent devant Tenochtitlan le 8 novembre 1519. Moctezuma les accueillit d’abord pacifiquement ; puis la méfiance et l’hostilité s’installèrent pour culminer avec le massacre du Templo Mayor et la mort du chef aztèque. Les conquistadores durent fuir la ville le 1er juillet 1520 après les affrontements de la Noche Triste (« la nuit triste »). Ils revinrent pour assiéger Tenochtitlan avec leurs alliés amérindiens au printemps 1521. Le 13 août, ils entrèrent dans la cité et la réduisirent à néant.
Après la mort de Moctezuma II, l’empire aztèque tomba entre les mains d’empereurs affaiblis comme Cuitláhuac ; puis il fut dirigé par des chefs fantoches comme Andrés de Tapia Motelchiuh, choisi par les Espagnols. L'exécution de Cuauhtémoc en 1524 marque la fin de l'Empire aztèque. Le déclin de l’empire aztèque provoqua la libération des autres cultures amérindiennes du centre du Mexique, demeurées intactes après la chute de Tenochtitlan. En effet, la domination aztèque peut être considérée comme ayant suscité une évolution positive pour la plupart des autres cultures qui avaient gardé une certaine autonomie. Les dignitaires aztèques furent d’abord considérés comme des nobles par les conquérants et furent respectés comme tels. Tout cela a rapidement changé et la population indigène s’est bientôt vue interdire d'étudier, et a dû se résigner au statut de mineurs qui leur a été attribué par la loi espagnole. Les Tlaxcaltèquess restèrent cependant fidèles aux Espagnols et participèrent aux autres conquêtes menées par Cortés et ses hommes.


Causes de la défaite :


La rapidité de la conquête espagnole s’explique par diverses causes. Tout d’abord, les conquistadores possédaient un armement supérieur : cuirasses, épées et lances d'acier, arbalètes, arquebuses et canons (en faible quantité), cavalerie. Les Aztèques se battaient avec des armes en obsidienne et en silex, des boucliers et des protections légères ornées de plumes. Elle s'explique aussi par le fait de la légende de Quetzalcóatl, dieu aztèque qui avait annonçé qu'il reviendrait par l'Est sous les traits d'un homme roux, ce qui correspondait parfaitement aux caractéristiques de Hernán Cortés (un homme roux venant d'Espagne et donc à l'Est de l'Amérique). Voyant Cortés, Moctezuma II pensa immédiatement à Quetzacóatl et accueillit le conquérant espagnol avec tous les honneurs. C'est d'ailleurs ce qui lui a valu la mort en 1520.
Les Espagnols étaient ensuite très supérieurs tactiquement : en effet, les conquistadors sont pour une grande partie d'entre eux des vétérans des guerres d'Italie. Ils avaient une solide expérience des combats, en dépit de leur méconnaissance du terrain et de leur faible nombre, mais surtout ils purent compter sur le grand nombre de leurs alliés totonaques, tlaxcaltèques, otomis, mécontents de la domination mexica. Enfin, les buts de guerre sont différents[réf. nécessaire] : les Espagnols combattent pour éliminer l'ennemi du combat (de façon temporaire ou définitive), alors que les Aztèques tentent de faire des prisonniers en vue de sacrifices futurs pour les dieux. Ces derniers avaient des règles et des rituels précis liés à la guerre. Chaque faction prévenait l'autre de son attaque prochaine et lui fournissait même des armes (souvent en quantité plus symbolique qu'utile). D'ailleurs, une guerre ne se terminait jamais par un massacre généralisé ou un asservissement total. Les gagnants et les perdants discutaient ensemble des conditions de soumission, des tributs à payer, etc.
Les Espagnols pratiquèrent le pillage et n'hésitèrent pas à tuer. Cette guerre fut également un affrontement idéologique entre deux cultures très différentes. L'indécision initiale de Moctezuma, qui croyait assister au retour de Quetzalcoatl et qui était hanté par l'antique prophétie et par de mauvais présages, se prépara à livrer son empire. La légende annonçait que Quetzalcoatl devait revenir l'année ce-acatl (du roseau) et Cortés débarqua en effet une année de cette sorte. Le facteur de surprise et de peur n’est pas à négliger pour expliquer l’effondrement aztèque. Devant l'ennemi et leurs nouvelles technologies, les différents peuples amérindiens du continent faisaient face à une menace singulière. Le bruit du tonnerre entre les mains, les conquistadores maîtrisaient les foules. Devant la destruction des lieux sacrés, la profanation des cultes et l'élimination des différentes idoles, l'absence de réponse divine ne faisait qu'accentuer le pouvoir des Espagnols et la peur des conquis. Enfin, la variole, maladie transportée d'Europe en Amérique par les Espagnols, affaiblit considérablement les Aztèques.
On parle généralement de conquête, dans l'historiographie, pour désigner le conflit qui a opposé l'Empire aztèque aux conquistadors espagnols et aux peuples amérindiens de Mésoamérique qui se sont joints aux Européens pour se défaire de l'emprise de la triple alliance.


Sources :


Les principales sources primaires sur ce sujet sont L'Histoire véridique de la Conquête de la Nouvelle Espagne (Historia verdadera de la conquista de la Nueva España) du chroniqueur Bernal Diaz del Castillo, qui participa à toutes les expéditions de Hernán Cortés, et les lettres personnelles de Cortès lui-même.


Récit des évènements :


Principaux repères chronologiques :


- 1511 : la tempête jette une caravelle sur les côtes du Yucatán. L'un des survivants, Aguilar, devenu l'esclave d'un chef maya, sera libéré par Hernán Cortés huit ans plus tard. Le second, Guerrero, épouse une aristocrate maya et s'intègre.
- 1517 : trois navires sous le commandement de Cordoba sont repoussés par les Mayas du Yucatán et de Campeche. Apprenant la venue d'étranges visiteurs, l'empereur Moctezuma, qui craint le retour de Quetzalcoatl, fait placer des vigies le long des côtes.
- 1518 : Grijalva longe les côtes du Yucatán et du golfe du Mexique jusqu'à Tuxpan où il reçoit un accueil amical.
- 18 février 15191 : Cortés quitte Cuba précipitamment avec 11 navires et près de 400 hommes. Après avoir fait des vivres et de l’eau à Tobago, il retrouve Aguilar sur la côte du Yucatán, à Cozumel. À Tabasco, des dignitaires locaux font don aux Espagnols de jeunes esclaves. Parmi elles se trouve une jeune fille d'origine noble parlant maya et nahuatl, « La Malinche » qui servira d'interprète à Cortés, et dont il aura un enfant. Pour la première fois, Cortés entend parler des richesses aztèques.
- Avril 1519 : Cortés reçoit un calpixque qui lui fait don au nom de Moctezuma, de vivres, de vêtements en coton de plumes, de bijoux. Ces émissaires rapportèrent à Moctezuma des descriptions des arrivants, plongeant le tlatoani dans l'indécision.
- juillet 1519 : Cortés fait saborder les navires pour couper court à toute envie de fuite à ses hommes. Il quitte la zone côtière.
- 1er septembre 1519 : Premiers engagements avec les tlaxcaltèques.
- 23 septembre 1519 : Après une résistance acharnée, Cortés entre dans Tlaxcala.
- 10 octobre 1519 : Cortès et ses alliés indigènes se dirigent tous vers la vallée centrale, malgré les émissaires de Moctezuma qui tentent de le dissuader de se rendre dans leur capitale. Arrivé à Cholula, ville alliée des Aztèques, Cortés y apprend que ses habitants conspirent contre lui : il fait massacrer des milliers d'hommes et de femmes et détruire les idoles.
- Novembre 1519 : Moctezuma, voyant que ni ses présents ni les incantations n'arrêtent l'avancée espagnole, essaie de s'enfuir. Les prêtres l'obligent à rester. Se croyant à l'article de la mort il fait même un discours d'adieux en public.
- 8 novembre 1519 : au petit matin, les Espagnols s'engagent sur la chaussée partant d'Iztapalapan. Cortés est accueilli par Moctezuma et de nombreux dignitaires le 10 novembre, et les Espagnols s'installent alors dans l'ancien palais d'Axayacatl.
- 14 novembre 1519 : Moctezuma est fait prisonnier par ses invités
- 20 avril 1520 : Narvaez débarque à San Juan de Ulua. Pendant l'absence de Cortés, ses hommes profitent d'une cérémonie religieuse pour massacrer de nombreux nobles. Le peuple se soulève.
- 28 mai 1520 : Cortés attaque les troupes de Narvaez et les met en déroute.
- 24 juin 1520 : Cortés rentre à Tenochtitlan.
- 29 juin 1520 Cortés fait intervenir Moctezuma pour calmer la foule, ce qui ne permet pas d'apaiser la situation. Moctezuma est lapidé.
- 30 juin 1520 : Assaillis de toutes parts, les Espagnols et leurs alliés s'enfuient à grand-peine en subissant de lourdes pertes. C'est la Noche Triste.
- 7 juillet 1520 : bataille d'Otumba, remportée lorsque la cavalerie espagnole atteint et tue le général aztèque.
- 11 juillet 1520 : Les Espagnols trouvent refuge à Tlaxcala.
- 16 septembre 1520 : Cuitlahuac devient le dixième tlatoani aztèque.
- Octobre 1520 : La variole atteint Tenochtitlan.
- 4 décembre 1520 : Cuitlahuac est victime de l'épidémie de variole.
- 28 décembre 1521 : Cortés quitte Tlaxcala en direction de Tenochtitlan.
- Février 1521 : Cuauhtémoc devient le onzième tlatoani aztèque.
- 18 février 1521 : Cortés atteint Texcoco.
- 28 avril 1521 : Cortés lance ses brigantins sur le lac de Texcoco.
- 31 mai 1521 : Tenochtitlan est encerclée par les forces espagnoles; début du siège.
- 30 juin 1521 : Journée noire pour les Espagnols : ils perdent une soixantaine d'hommes.
- 13 août 1521 (1-serpent de l'année 3-maison) : après 75 jours de siège, Cuauhtémoc est capturé par Cortés. Il est pendu en 1525 sous prétexte de complot.


1492 - 1518 : prologue :


Il est difficile d'imaginer que l'arrivée des Espagnols dans les Antilles en 1492, leur établissement progressif dans ces îles ainsi que le trafic maritime qui l'accompagnait, ait complètement échappé aux Aztèques sur le continent. S'il faut en croire le chroniqueur Motolinia, une malle contenant des vêtements ainsi qu'une épée européenne se seraient échouées sur les rivages du Golfe du Mexique. L'empereur Moctezuma II en aurait réparti le contenu entre les souverains de Texcoco et de Tlacopan3. De leur côté, les Espagnols, après avoir colonisé Cuba en 1511, souhaitaient savoir ce qui se trouvait au-delà de cette île vers l'ouest. En 1517, Francisco Hernández de Córdoba monta une expédition qui atteignit les côtes du Yucatan, que les Espagnols considérèrent d'abord comme une île. Cordoba contourna la péninsule par l'ouest jusqu'à la ville maya de Champoton. L'expédition fut un désastre : les Espagnols perdirent quelque soixante-dix hommes et Cordoba lui-même mourut de ses blessures après le retour à Cuba. Les Espagnols ramenèrent néanmoins quelques objets en or. Ce «maigre butin», selon les mots de Bernal Díaz del Castillo excita tellement l'imagination des Espagnols que le gouverneur de Cuba, Diego Velazquez, organisa une seconde expédition en 1518. Il en confia le commandement à Juan de Grijalva. Après avoir débarqué à Cozumel, celui-ci suivit la même route que son prédécesseur. À l'embouchure du Río Grijalva, alors que les Espagnols cherchaient à troquer de la pacotille contre de l'or, au bout d'un moment, selon Bernal Diaz del Castillo, les indigènes leur dirent qu' «ils n'avaient plus d'or à nous offrir, mais que, plus loin, dans la direction du soleil couchant, il en existait beaucoup; et ils ajoutaient: «Culua, Culua, Mexico, Mexico, sans que nous sussions encore ce qu'était Culua ni même Mexico.»C'est la première fois que les Espagnols entendaient parler de Mexico-Tenochtitlan et ceci d'une manière qui les incitera à en savoir plus. En longeant la côte, ils atteignirent le territoire des Totonaques, avec lesquels ils établirent des relations cordiales. Ils appelèrent l'endroit où ils avaient débarqué San Juan de Ulua. Après avoir atteint le Río Pánuco, où de durs combats opposèrent les Espagnols aux indigènes, Grijalva décida prudemment de regagner Cuba.


Février 1519 - novembre 1519 : sur la route de Tenochtitlan :


Le gouverneur de Cuba décida alors de monter une troisième expédition dont il confia la direction à Hernán Cortés, secondé par Pedro de Alvarado et Cristobal de Olid. Un climat de méfiance s'installa rapidement entre le gouverneur et Cortés. Velazquez soupçonnait Cortés de velléités d'indépendance. Cortés quitta donc précipitamment Cuba le 10 février 1519, avant que le gouverneur ne puisse le relever de son commandement.

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MessageSujet: Re: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 17:48

De Cuba à San Juan de Ulua :



Les Espagnols (11 vaisseaux, 508 soldats, 16 chevaux, 100 marins, 14 canons), guidés par le pilote Alaminos, qui avait participé aux deux expéditions précédentes, débarquèrent à l’île de Cozumel (18 février 1519) au Yucatan. Cortés y apprit que deux Espagnols, rescapés d'un naufrage en 1511, se trouvaient dans la région. L'un des deux, Gerónimo de Aguilar, le rejoignit et lui servit d'interprète. La flotte espagnole contourna ensuite le Yucatan par l'ouest.


Entrée de Cortés à Tabasco :


En arrivant à l'embouchure du Rio Grijalva, Cortés, croyant être bien accueilli comme l'avait été Grijalva, remonta la rivière pour s'approvisionner en eau et en vivres à Tabasco. Contrairement à ses attentes, les Mayas attaquèrent les Espagnols qui faillirent être submergés. L'intervention de la cavalerie les tira d'affaire. Après que Cortés leur eut fait des offres de paix, les chefs mayas firent don à Cortés de vingt femmes, dont l'une, passée à la postérité sous le nom de La Malinche, deviendrait l'interprète de l'expédition et la maîtresse de Cortés.


Premiers contacts avec les Aztèques :


Le 21 avril, Cortés atteignit l'endroit que Grijalva avait baptisé San Juan de Ulua, sur la côte de l'actuel État de Veracruz au Mexique. La région était habitée par le peuple totonaque, mais se trouvait sous domination aztèque. Des officiels Aztèques vinrent au-devant des étrangers, et leur réservèrent un accueil cordial. Les Espagnols se virent offrir nourriture et logement et des cadeaux furent échangés. Pour impressionner ses visiteurs aztèques, Cortés fit procéder à une démonstration militaire, qui atteignit son but : «Les gouverneurs et les Indiens furent stupéfaits de choses si nouvelles pour eux...». Cortés se présenta au gouverneur local, Tentlil, comme l'«ambassadeur» du roi d'Espagne et prétendit que son souverain l'avait chargé de rencontrer l'empereur Moctezuma. Ce dernier suivait les événements depuis Tenochtitlan et l'arrivée des Espagnols semble avoir plongé ce souverain énergique dans un profond désarroi. Tentlil offrit à Cortés des objets de valeur, dont deux disques, l'un en or, l'autre en argent. Les Aztèques, qui accordaient plus de valeur au jade qu'à l'or, ne se doutaient pas qu'ils venaient de commettre là une erreur en alimentant la cupidité des Espagnols. Leurs efforts de dissuader Cortés de se rendre à Tenochtitlan s'étant révélés vains, les Aztèques cessèrent de ravitailler les Espagnols et s'en allèrent. Après leur départ, Cortés reçut la visite de Totonaques habitant dans le voisinage de son camp. Ils lui firent part de leurs doléances à propos des lourds tributs exigés par les Aztèques. Cortés venait de faire une découverte capitale : il n'avait pas affaire à un empire uni et les peuples soumis aspiraient à se libérer du joug de leurs maîtres.
Comme le site de San Juan de Ulua était malsain, Cortés envoya Francisco de Montejo et le pilote Alaminos avec deux navires chercher un endroit plus approprié. Ils trouvèrent une petite rade près du village totonaque de Quiahuiztlan. En s'y rendant par voie de terre, les Espagnols passèrent par la ville de Cempoala, dont le chef, un individu corpulent que les Espagnols surnommèrent «le Gros Cacique», les accueillit cordialement. Il se plaignit amèrement auprès de Cortés de la tyrannie aztèque et lui fournit de nouvelles informations sur la puissance de l'empire aztèque, mais aussi sur ses ennemis. Lorsque Cortés arriva à Quiahuitzlan, cinq percepteurs d'impôts aztèques se présentèrent et reprochèrent aux Totonaques de porter assistance aux Espagnols. Face à cette situation, Cortés agit avec duplicité : il incita les Totonaques à se saisir des percepteurs et à les emprisonner. Ensuite, il les libéra en les assurant qu'il n'était pour rien dans l'affaire. Les Totonaques, effrayés par la perspective de représailles aztèques, acceptèrent de se déclarer sujets du roi d'Espagne et fournirent à Cortés une précieuse aide logistique sous forme de porteurs.


Cortés et les Vélazquistes :


Parallèlement à ses tractations avec les indigènes, Cortés dut faire face parmi ses propres hommes à une opposition qui ne se démentit jamais complètement. Certains membres de l'expédition estimaient que leur chef outrepassait les instructions du gouverneur Velazquez. Afin de donner un cadre juridique à son projet de conquête, Cortés tint une réunion au cours de laquelle ses partisans décidèrent de fonder une ville, Villa Rica de Vera Cruz, dotée d'un conseil municipal. Ce dernier désigna ensuite Cortés comme Capitaine des armées royales, le déchargeant de toute obligation vis-à-vis de Velazquez. Il envoya également deux procureurs en Espagne plaider la cause des rebelles auprès du roi. Par ce tour de passe-passe juridique, Cortés avait les mains libres pour agir et réduire au silence les vélazquistes12. Ceux-ci ourdirent cependant une conspiration pour saisir un navire, rejoindre Cuba et avertir le gouverneur des intentions de Cortés. Le complot fut déjoué et ses chefs sévèrement punis (Cermeño et Escudero furent pendus, le père Diaz banni).
Avant de s'enfoncer dans l'intérieur du pays, Cortés prit par précaution la mesure radicale d'échouer ses navires. Il s'en explique dans sa Deuxième Lettre:
«Craignant donc que si les navires restaient à l'ancre, tous ceux qui voulaient me quitter me soulevassent et ne me laissassent à peu près seul... j'imaginai que les navires n'étaient plus en état de naviguer et, sous ce prétexte, je les fis jeter à la côte.».
Il tint ensuite à ses hommes un discours destiné à affermir leur moral. Cortés laissa à Villa Rica de Vera Cruz une garnison de 150 hommes, commandés par Juan de Escalante pour assurer ses arrières. Sur le point de partir, il apprit l'arrivée de navires commandés par Alonzo de Pineda, que le gouverneur de la Jamaïque, Francisco de Garay, avait envoyé faire valoir les droits sur la nouvelle colonie. Les nouveaux venus se retirèrent sans que Cortés puisse les retenir.


Cortés à Tlaxcala :


Le 16 août 1519, les Espagnols prirent le chemin de Tenochtitlan. Sur le conseil des Cempoaltèques, ils comptaient passer par Tlaxcala, hostile aux Aztèques. Cortés envoya des émissaires totonaques aux Tlaxcatèques pour leur faire part de ses intentions amicales. Ne les voyant pas revenir, il franchit la muraille qui servait de frontière à Tlaxcala (1er septembre 1519). Les Espagnols durent aussitôt repousser l'attaque d'un détachement otomi au service des Tlaxcaltèques. La même chose se produisit le lendemain. Cortés se retrancha alors sur une colline proche et fit des propositions de paix aux Tlaxcatèques, mais elles furent repoussées. Le 5 septembre, l'armée tlaxcaltèque lança contre les Espagnols une attaque générale - Cortés parle de 149 000 ennemis, un chiffre qui laisse les auteurs modernes sceptiques. Les Espagnols furent ce jour-là à deux doigts de la défaite face à la fougue des Tlaxclatèques:
«Aussitôt qu'ils commencèrent l'attaque, quelle grêle de pierres leurs frondes nous envoyèrent ! et les flèches !... l'ennemi nous pressait sans relâche ! Et de quelle bravoure il faisait preuve en courant à la mêlée !», raconte Bernal Díaz del Castillo.
Les Espagnols durent leur salut à leur supériorité technique, mais profitèrent également des dissensions entre deux généraux tlaxcaltèques. Ces combats devaient se dérouler selon un schéma qui se répéterait souvent par la suite : les indigènes subissant de lourdes pertes, tandis qu'il y avait peu de morts, mais de nombreux blessés parmi les Espagnols. Cortés lançait chaque jour des raids contre les villages des environs. Leurs adversaires tentèrent en vain une dernière attaque de nuit. Un débat difficile agita les chefs tlaxcaltèques. Ils pesèrent le pour et le contre de la poursuite des combats : ils pouvaient remporter une victoire à la Pyrrhus qui les laisserait affaiblis face aux Aztèques ou conclure une alliance avec les Espagnols. Les principaux dirigeants, Maxixcatzin et Xicotencatl l'Ancien étaient en faveur d'un accord avec les nouveaux venus. Xicotencatl le Jeune, par contre, s'y opposait. Le camp de l'alliance avec les Espagnols l'emporta. Les Espagnols entrèrent à Tlaxcala le 23 septembre.
Cortés venait de gagner des alliés bien plus puissants que les Totonaques et qui lui fourniraient en abondance des porteurs et des soldats auxiliaires. Il n'en garda pas moins un deuxième fer au feu, continuant à entretenir des rapports avec les émissaires aztèques alors même que les Tlaxcaltèques se déclaraient vassaux du roi d'Espagne. Il s'en explique dans sa Deuxième Lettre à charles-Quint:
«Voyant la contradiction des uns et des autres, j'en éprouvai un grand plaisir, car ils me paraissaient tellement tenir à mon alliance, qu'il me serait plus facile de les subjuguer; et je me rappelai cette parole évangélique qui dit que tout royaume divisé sera détruit... Je négociais donc avec les uns et les autres et je remerciais chacun en secret de l'avis qu'il me donnait, en les assurant tous les deux de mon amitié.».


Massacre de Cholula :


Faisant fi de l'avis des Tlaxcaltèques, Cortés décida de gagner la capitale aztèque en passant par Cholula. Cette cité, longtemps alliée à Tlaxcala, venait de passer dans le camp aztèque. Une fois les Espagnols entrés dans la ville, l'atmosphère s'alourdit rapidement. Doña Marina fut informée par une vieille femme qui éprouvait de la sympathie pour elle, que les Cholultèques comptaient massacrer les Espagnols. Ceux-ci, après en avoir débattu, réagirent avec promptitude. Cortés fit rassembler les notables cholultèques dans l'enceinte du temple de Quetzalcoatl et à un signal donné, les Espagnols les massacrèrent, faisant 3 000 victimes selon Cortés lui-même. Ensuite les Tlaxcaltèques mirent la ville à sac pendant deux jours. Cet épisode fit l'objet de controverses, qui ont duré du XVIe siècle jusqu'à nos jours. Les conquistadors espagnols ayant relaté l'événement font tous état d'un complot. Bernal Díaz del Castillo rapporte que la chose avait tellement marqué les esprits qu'après la conquête, les Franciscains menèrent une enquête qui confirma la version des conquistadors. S'il faut par contre en croire le codex de Florence, les Tlaxcaltèques, qui détestaient les Cholultèques, persuadèrent les Espagnols de leur tendre un piège. Dans cette version mexica des événements, il n'est nullement question d'un complot de la part des Cholultèques, mais du massacre pur et simple «par fourberie» d'une foule désarmée. C'est également la thèse de Bartolomé de Las Casas, développée avec un détail improbable : «On dit que, comme les Espagnols jouaient dans la basse-cour à ce beau jeu, passant au fil de l'épée les cinq ou six mille hommes, leur capitaine (Cortés) avait le cœur tout réjoui et chantait : Néron du mont Tarpée, contemplait le feu qu'en Rome il avait mis...». Quoi qu'il en soit, que l'on penche ou non pour la thèse du complot, le résultat fut certainement d'inspirer la terreur. Les ambassadeurs de Moctezuma jurèrent à Cortés que leur maître n'avait rien à se reprocher.


Novembre 1519 - août 1521 : la prise de pouvoir :


Cortés et Moctezuma face-à-face :


Le 1er novembre 1519, les conquistadors prirent la route de Tenochtitlan. Envoyé en reconnaissance, Diego de Ordaz fit l'ascension du volcan Popocatépetl (5450 mètres). En arrivant dans la vallée de Mexico, les Espagnols passèrent par le territoire des Chalcas, un peuple tributaire des Aztèques. Cortés apprit avec intérêt qu'ils supportaient mal la domination des Aztèques et constituaient des alliés potentiels. Moctezuma essaya à nouveau de détourner les Espagnols, en en envoyant à leur rencontre un noble appelé Tziuacpopocatzin, qui prétendit être l'empereur, mais les conquistadors ne s'en laissèrent pas conter. On leur offrit à nouveau de l'or, dont ils s'emparèrent avec avidité : De cet épisode le Codex de Florence rapporte que «c'est comme des singes à longue queue qu'ils ont saisi de tous côtés l'or.»
Le 8 novembre, Cortés, à la tête son armée, suivit la chaussée d'Itzapalapa qui menait à la capitale aztèque. Moctezuma se porta à sa rencontre à la tête d'un cortège de nobles. La rencontre eut lieu à l'entrée de la ville. L'empereur descendit de sa litière pour saluer Cortés dans une atmosphère d'apparente cordialité. Les deux hommes échangèrent des colliers. Les conquistadors furent ensuite conduits à leurs quartiers dans le palais d'Axayacatl, un des prédécesseurs de Moctezuma. Après le repas, Moctezuma leur rendit visite et tint un discours crucial pour l'histoire de la conquête, disant selon Bernal Díaz del Castillo que :
« ... certainement nous étions ceux-là mêmes que ses aïeux avaient prédits en disant qu'ils viendraient des hommes d'où le soleil se lève pour régner sur ces contrées; que sans aucun doute il s'agissait bien de nous... ».


Cortés, quant à lui, écrit que Moctezuma déclara :


«Vous pouvez commander à toute cette contrée, au moins dans les parties qui dépendent de mon royaume; vous serez obéi et vous pourrez disposer de mes biens comme des vôtres.».
Pour Cortés, Moctezuma faisait là ni plus ni moins qu'acte de soumission. La chose fait encore l'objet de débats. On peut penser qu'il est difficile de juger de la teneur exacte du discours de l'empereur, passé au prisme de la traduction d'Aguilar et Doña Marina, ou encore que Moctezuma fit simplement preuve de la plus extrême courtoisie. Certains auteurs ont même suggéré que le récit était apocryphe ou qu'il relevait probablement de la fiction; d'autres par contre pensent que si Cortés avait inventé la chose, ses nombreux ennemis n'auraient pas manqué de le dénoncer par la suite.
Au cours des jours qui suivirent, les Espagnols visitèrent la ville, notamment le célèbre marché de Tlatelolco. Cortés tint à ce qu'une chapelle fût construite dans le palais d'Axayacatl. Au cours des travaux, les Espagnols découvrirent un immense trésor caché, qui devait être cause de malheurs par la suite. Les conquistadors, en visitant la ville, se rendirent compte de la précarité de leur position à Tenochtitlan : quelques centaines d'Espagnols dans une ville densément peuplée qui pouvait se refermer sur eux comme un piège, pour peu que l'on coupât les ponts des chaussées qui reliaient cette agglomération entourée d'eau à la terre ferme.


Coup de force de Cortés :


Le 14 novembre, Cortés, qui avait appris que plusieurs de ses hommes avaient été tués au cours d'un engagement avec des troupes aztèques à Nauhtla sur la côte, se saisit de l'incident comme prétexte pour s'assurer de la personne de Moctezuma. ce dernier nia toute responsabilité dans l'attaque contre la garnison de villa Rica et refusa d'abord d'accompagner les Espagnols. Comme les capitaines de Cortés menaçaient de le tuer, il finit par céder. Cet événement sans précédent laissa les Aztèques stupéfiés et sans réaction:
L'épouvante se répandit comme si tous les hommes avaient avalé leur cœur. Et, avant qu'il ne fît nuit, tout le monde fut grandement effrayé, on fut étonné, tout le monde s'épouvanta follement, on fut comme prostré par la peur. (Codex de Florence)
Pour écraser toute velléité d'opposition et restaurer la confiance de ses alliés indigènes, Cortés recourut à la terreur : il fit amener à Tenochtitlan les chefs aztèques qui avaient pris les armes contre ses hommes à la côte et les fit brûler vifs. Moctezuma, qui avait été mis aux fers, dut assister au supplice. Par la suite, l'empereur semble avoir été bien traité par ses gardiens. Il noua même des relations d'amitié avec certains d'entre eux. En apparence, l'empire continuait à fonctionner normalement. Cortés se renseigna auprès de Moctezuma sur les régions où l'on extrayait de l'or et y envoya des soldats espagnols en reconnaissance.
Vers la fin de l'année 1519, le tlatoani de Texcoco, Cacama, aurait ourdi un complot contre les Espagnols. Cortés le fit enchaîner ainsi que plusieurs autres grands personnages. Que ce complot ait réellement eu lieu ou non, au début de l'année 1520, Cortés, qui était animé d'un esprit légaliste, jugea opportun d'exiger de Moctezuma qu'il réunisse tous les plus hauts personnages de l'empire et qu'il se déclare publiquement vassal du roi d'Espagne. Tous les nobles présents en firent de même, chose qui fut dûment enregistrée devant un notaire. Au cours de cette période, les Espagnols s'emparèrent d'importantes quantités d'or. Cortés estime le butin à 160 000 piastres, dont un cinquième revenait au roi d'Espagne. Il croyait avoir atteint son but : contrôler l'empire aztèque par l'intermédiaire de Moctezuma. Les choses tournèrent autrement.


Expédition de Narvaez :


Le gouverneur de Cuba, Diego Velasquez, ayant appris le succès de l'entreprise de Cortés, envoya Panfilo de Narvaez au Mexique pour le ramener à l'ordre. Le 23 avril 1520, Narvaez débarqua près de Cempoala à la tête de troupes nettement supérieures en nombre à celles de Cortés, convaincu que ce dernier se soumettrait sans combat. Cortés fit preuve en cette affaire d'esprit politique et militaire. Laissant une centaine d'hommes à Tenochtitlan, il prit le chemin de la côte à la tête du reste de sa troupe. Il soudoya certains des hommes de Narvaez, puis, par une attaque surprise, s'empara de la personne de son adversaire pratiquement sans verser de sang. La plupart des hommes de Narvaez se rallièrent à lui plus ou moins contraints, renforçant considérablement son armée. Cortés reprit le chemin de Tenochtitlan, où des événements graves s'étaient produits.


Rébellion aztèque :


En son absence, Cortés avait confié le commandement à son lieutenant Pedro de Alvarado, un homme en qui il avait toute confiance, mais fort impulsif. Soupçonnant les Aztèques de tramer un complot et de vouloir massacrer les Espagnols, celui-ci décida de frapper préventivement. Lors de la fête de Toxcatl, la fleur de l'aristocratie aztèque, plusieurs milliers d'hommes se réunissaient dans la cour devant le Templo Mayor dans l'enceinte cérémonielle de la ville pour y danser. Les Espagnols bouclèrent les issues et entreprirent de massacrer tous ceux qui étaient présents. Ce fut une boucherie : «Aussitôt, alors, ils ont entouré ceux qui dansaient; aussitôt, alors, ils sont allés là où étaient les tambourins; aussitôt ils ont frappé les mains du joueur de tambour; ils sont venus trancher les paumes de ses mains toutes les deux; ensuite ils ont tranché son cou... Aussitôt, alors, eux tous ont assailli les gens avec les lances en métal... Certains ont été tailladés par-derrière et aussitôt leurs boyaux se sont dispersés... Et d'autres, ils les ont frappés aux épaules, ils sont venus trouer, ils sont venus fendre les corps... Et c'est en vain qu'alors on courait. On ne faisait que marcher à quatre pattes en traînant ses entrailles... Et le sang des vaillants guerriers courait comme s'il avait été de l'eau comme si cela glissait de partout et une odeur fétide montait du sang...» (Codex de Florence)35. Passé le premier moment de surprise, les Aztèques prirent les armes et auraient emporté le palais d'Axayacatl, si Moctezuma n'était intervenu.
Les Aztèques établirent un blocus autour du palais d'Axaycatl où les Espagnols s'étaient retranchés. On ne peut que conjecturer pourquoi ils n'anéantirent pas le petit groupe de conquistadores. Le désarroi causé par la mort de tant de leurs chefs lors du massacre de la fête de Toxcatl pourrait y avoir été pour quelque chose.
Mis au courant des événements, Cortés revint de la côte à la tête d'une troupe renforcée par les hommes de Narvaez. Le 24 juin 1520, il entra dans Tenochtitlan dans un silence de mort, sans opposition de la part des Aztèques. La ville se referma sur lui comme un piège. Lorsqu'il envoya un messager à Veraz Cruz, ce dernier revint immédiatement, blessé. Les Aztèques avaient retiré tous les ponts qui reliaient la cité à la terre ferme. Toutes les tentatives de sortie des Espagnols échouèrent: pris sous une pluie de flèches et de pierres, ils durent se replier vers leur camp. À court de vivres, Cortés libéra Cuitlahuac, frère de Moctezuma, dans l'espoir qu'il rétablirait l'approvisionnement des Espagnols. Ce fut un mauvais calcul: Cuitlahuac prit la direction de la révolte. Parmi les épisodes controversés de la conquête figure la mort de Moctezuma. Selon la version espagnole, l'empereur, qui s'était rendu sur le toit du palais d'Axayacatl pour haranguer les Aztèques et leur demander de baisser les armes, fut mortellement blessé par une pierre lancée par un de ses compatriotes. Selon la version aztèque, il fut assassiné par les Espagnols. Les deux versions sont plausibles et sa mort reste un mystère.
Les Espagnols construisirent trois machines de guerres, des espèces de tours selon Cortés, pour se protéger lors de leurs sorties. Elles furent rapidement détruites. Lors d'une des sorties, les Espagnols emportèrent d'assaut le grand temple d'Huitzilopochtli, d'où les Aztèques criblaient de projectiles leurs cantonnements et tuèrent un grand nombre de guerriers. Cet exploit n'entama en rien la détermination des Mexicas, qui continuaient d'attaquer avec la même impétuosité. À Cortés qui tentaient de parlementer, ils répondirent «qu'ils étaient résolus à mourir tous pour en finir avec les Espagnols. Regarde, disaient-ils, ces rues, ces places et ces maisons couvertes de monde : nous avons compté qu'en perdant vingt-cinq mille des nôtres contre un seul d'entre vous, nous viendrions à bout de vous tous; vous êtes si peu en comparaison de vous autres!». Conscients que leur situation était désespérée, les conquistadores résolurent de s'enfuir à la faveur de l'obscurité. Ils choisirent de partir par la chaussée de Tacuba, parce qu'ils s'agissait du trajet le plus court. Ils construisirent un pont mobile pour franchir les brèches dans la chaussée. Dans la nuit du 30 juin-1er juillet), ils quittèrent subrepticement leurs quartiers. Bientôt repérés, ils furent assaillis à la fois par la chaussée et depuis les canoës sur le lac. Le combat tourna au carnage : plusieurs centaines d'Espagnols laissèrent la vie au cours de cet épisode connu sous le nom de Noche triste.
Les survivants qui avaient réussi à atteindre la terre ferme, se frayèrent un chemin vers le nord en combattant pour contourner le lac de Texcoco et rejoindre Tlaxcala à l'est. Le 7 juillet, dans un ultime effort, les fuyards, épuisés et presque tous blessés, réussirent à vaincre l'immense armée du Cihuacoatl aztèque lors de la bataille d'Otumba. Cette victoire, remportée in extremis, sauva la troupe de Cortés de l'anéantissement.


Redressement et victoire finale des Espagnols :


Le lendemain de la bataille, les Espagnols atteignirent le territoire de Tlaxcala, incertains de l'accueil qu'on leur réserverait. Cuitlahuac avait envoyé à Tlaxcala des ambassadeurs porteurs de présents et chargés d'offrir une alliance. Après un débat animé, au cours duquel Xicotencatl le jeune, hostile aux Espagnols, s'était violemment heurté à Maxixca, les chefs tlaxcaltèques avaient rejeté la proposition aztèque. Les Tlaxcaltèques réservèrent donc un bon accueil aux Espagnols qui purent refaire leurs forces. Nullement découragé par le revers cinglant qu'il venait de subir, Cortés ne céda pas aux objurgations de certains de ses hommes qui souhaitaient regagner la côte et entreprit de préparer méthodiquement la reconquête de Tenochtitlan. Il ne fut pas peu aidé par une épidémie de variole, à laquelle succomba le 4 décembre 1520, Cuitlahuac, frère et successeur de Moctezuma. Son cousin Cuauhtémoc, instigateur de la révolte contre les Espagnols, lui succéda.
Cortés fit le siège de Tenochtitlán pendant 75 jours (30 mai 1521). Son armée avait été renforcée par de nouvelles troupes, dont deux navires du gouverneur de la Jamaïque Garay en escale à Veracruz et un vaisseau marchand réquisitionné. En avril 1521, il pouvait aligner 86 cavaliers, 700 fantassins, 118 arquebusiers et arbalétriers et 18 pièces d'artillerie, ainsi que plusieurs dizaines de milliers d'alliés indigènes, dont le nombre exact est difficile à fixer. Cortés fit exécuter le chef tlaxcaltèque Xicoténcatl le jeune, qui avait quitté l'armée. La population de Mexico avait été décimée par l'épidémie de variole qui épargnait les Espagnols. Cortés fit monter pièce par pièce une flottille de treize bateaux qu'il disposa sur le lac de Texcoco qui entourait la ville. Il coupa l'aqueduc qui la ravitaillait en eau, détruisit une flottille de canots aztèques et affama la cité. Au cours d'interminables combats corps-à-corps, la ville fut conquise maison par maison Lorsque la ville tomba le 13 août, elle n'était plus que ruines. Cuauhtémoc, qui tentait de fuir, fut capturé par le capitaine Garcia Holguin.
Il est impossible de connaître avec certitude le chiffre des pertes lors du siège. Pour ce qui est des Aztèques, les estimations des chroniqueurs varient considérablement: de 100 000 sans compter les femmes et les enfants selon López de Gómara à 240 000 d'après Ixtlilxochitl. Bernal Diaz del Castillo écrivit simplement : « Le nombre d'Indiens guerriers qui disparurent est incalculable…». Cortés, quant à lui, déplora que ses alliés tlaxcaltèques eussent encore massacré plus de quinze mille personnes après la reddition. Il est encore plus difficile d'évaluer le chiffre des pertes espagnoles: sans doute une centaine.


Siège de Tenochtitlan :


Le siège de Tenochtitlan par Hernan Cortés en 1521 (30 mai-13 août) fut le point culminant de la conquête du Mexique par les Espagnols. La chute de la capitale aztèque, au bout de 75 jours de siège, marqua la fin de l'empire de la triple alliance aztèque.


Contexte :


En 1519, à la tête d'une expédition espagnole venue de Cuba, Hernan Cortés débarqua sur la côte du Golfe du Mexique, où il fonda la ville de Villa Rica de Vera Cruz. Il y entendit parler des richesses de l'empire aztèque. Les ambassadeurs que lui dépêcha le souverain aztèque Moctezuma II ne firent qu'aiguiser sa convoitise. Outrepassant les instructions du gouverneur de Cuba, il se mit en route pour Tenochtitlan, prétextant de son désir de rencontrer Moctezuma. En route, les Tlaxcaltèques, ennemis traditionnels des Aztèques, après avoir tenté de s'opposer au passage des Espagnols sur leur territoire, se rallièrent aux nouveaux-venus et leur apportèrent un concours précieux.
Le 8 novembre 1519, malgré les obstacles mis sur son chemin par les Aztèques, Cortés fit son entrée dans la capitale, où il fut accueilli par Moctezuma dans une atmosphère d'apparente cordialité. Au bout de quelques jours, il s'empara de la personne de l'empereur et gouverna désormais en son nom. En décembre, Cortés dut retourner à Vera Cruz pour faire face à une expédition espagnole rivale sous les ordres de Panfilo de Narvaez, envoyée de Cuba pour le démettre de son commandement.
En son absence, son lieutenant, Pedro de Alvarado, mit le feu aux poudres à Tenochtitlan en faisant massacrer la fleur de la noblesse mexica lors de la fête de Toxcatl. À son retour, Cortès se retrouva encerclé dans le palais que ses troupes occupaient. Au cours des troubles qui suivirent, Moctezuma perdit la vie. Sous la direction d'un nouveau tlatoani, Cuitláhuac, les Aztèques se montrèrent décidés à anéantir les envahisseurs. Au cours de l'épisode connu sous le nom de Noche triste, Cortés et ses hommes se frayèrent un chemin vers la terre ferme au prix de très lourdes pertes.
Après avoir frôlé l'anéantissement lors de la bataille d'Otumba, Cortés continua sa retraite vers Tlaxcala. Il existait au sein de la classe dirigeante tlaxcaltèque deux factions : Maxixcactzin et Xicotencatl l'Ancien étaient favorables aux Espagnols; Xicotencatl le Jeune leur était hostile. Il s'était montré sensible aux avances des Aztèques, qui avaient proposé une alliance avantageuse à Tlaxcala. Le parti espagnol l'emporta néanmoins et Cortés put refaire ses forces à Tlaxcala.


Prologue :


Cortés, malgré l'opinion contraire de certains de ses compagnons, était fermement décidé à retourner à Tenochtitlan et à soumettre la ville. On se prépara donc au conflit des deux côtés. Les Aztèques recherchèrent des alliés. Ils firent notamment des ouvertures au souverain tarasque, mais ce dernier refusa par deux fois et fit sacrifier les ambassadeurs aztèques. L'empereur Cuitlahuac promit de dispenser de tribut toute cité qui tuerait des Espagnols, mais sans plus de succès, car les Aztèques s'étaient fait haïr des peuples récemment soumis, qui, ignorant tout des buts des Espagnols, voyaient en eux des libérateurs.
De son côté, Cortés reçut à plusieurs reprises de précieux renforts venus de la côte : trois bateaux d'une expédition lancée par Francisco de Garay, gouverneur de la Jamaïque; deux bateaux envoyés par le gouverneur de Cuba pour renforcer les troupes de Narvaez, ainsi que plusieurs navires venus d'Espagne. À la fin de l'année 1529, Cortés pouvait compter sur quelque 550 hommes, dont 80 arquebusiers et arbalétriers, 40 chevaux et neuf canons. Le manque de poudre devait cependant rester un souci pendant toute la campagne.
Comme Tenochtitlan était une île, Cortés fit construire treize brigantins pour en faire le blocus naval. Ce fut une des chances du conquistador que se trouvât parmi les survivants de la Noche Triste un remarquable charpentier de marine, Martin Lopez. Ce dernier entreprit de récupérer des matériaux, fers, clous, voiles et cordages sur les bateaux échoués à Vera Cruz. Ces embarcations à voiles et à rames d'un faible tirant d'eau furent assemblés à Atempa dans les environs de Tlaxcala grâce à l'aide des indigènes.
Pour prouver à tous, Espagnols comme Indiens, qu'il maîtrisait la situation, Cortés attaqua la cité de Tepeac où quelques Espagnols avaient été massacrés. Il anéantit la garnison aztèque et réduisit les habitants en esclavage. Les captifs furent marqués au fer rouge d'un «G» (guerra). Dans sa seconde lettre à Charles Quint, Cortés explique lui-même qu'il veut inspirer la terreur :
« Je pris encore cette résolution de les faire esclaves pour jeter l'épouvante parmi les Indiens de Mexico et parce que la population est si dense que si je ne leur imposais pas un châtiment exemplaire, il me serait impossible de les soumettre. »
Ensuite, «considérant que cette province se trouve être le débouché de tous les passages de la côte à l'intérieur, et que c'est le chemin que prennent les marchandises pour pénétrer dans le pays», il fonda à proximité la ville de Segura de la Frontera, qui lui servirait de base.

Entretemps, les conquistadores avaient reçu une alliée inattendue. Au cours de l'été 1520, la variole, qui aurait été apportée de Cuba à Vera Cruz par un serviteur noir, se répandit rapidement dans tout le Mexique et décima la population qui n'était pas immunisée contre cette maladie inconnue dans le Nouveau-Monde. La variole atteignit la vallée de Mexico en septembre 1520 et ravagea Tenochtitlan en octobre. Parmi les morts se trouvait le successeur de Moctezuma, Cuitlahuac. Il fut remplacé par Cuauhtemoc. Non seulement l'épidémie sapa les capacités physiques au combat des indigènes, mais, comme elle ne semblait pas tuer leurs ennemis espagnols, elle ébranla également leur moral.


Le siège :


Préparatifs et encerclement :


Le 28 décembre 1520, Cortés quitta Tlaxcala en direction de la vallée de Mexico. Il s'empara d'abord sans coup férir de Texcoco, deuxième cité de la Triple Alliance. Les habitants étaient divisés : le roi Coanacochtzin s'étant enfui à Tenochtitlan, une partie d'entre eux, emmenés par Ixtlilchochtitl, un fils de Nezahualpilli, que les Aztèques avaient écarté de la succession au trône, rejoignirent le camp espagnol. Se servant de Texcoco comme base, Cortés lança des opérations de reconnaissance autour du lac.
Les brigantins furent amenés en pièces détachées de Tlaxcala. Le 28 avril 1521, ils furent mis à l'eau sur le lac Texcoco. À la veille du siège, Cortés disposait d'environ 90 cavaliers, 120 arbalétriers et arquebusiers, 700 fantassins, trois grands canons et 15 petits, ainsi qu'un nombre indéterminé d'alliés indiens.
Avant le début du siège, il prit soin de renforcer la discipline de ses troupes en promulguant des ordonnances très sévères. Le plan de Cortés était d'affamer les habitants de la cité lacustre en bloquant les accès des principales chaussées qui y menaient et en sillonnant le lac avec ses brigantins.
Il répartit ses forces terrestres en trois corps : une division fut confiée à Pedro de Alvarado chargé de bloquer la chaussée de Tacuba; une deuxième à Cristóbal de Olid, face à la chaussée de Coyoacan, la troisième à Gonzalo de Sandoval au débouché de la chaussée d'Ixtapalapa. Chaque corps était appuyé par quelque huit mille alliés indiens. Cortés lui-même prit la tête de la force navale formée des treize brigantins, montés chacun par vingt à trente hommes et armés d'un canon.
Le 22 mai, Alvarado et Olid quittèrent Texcoco pour prendre leurs positions. En chemin, ils coupèrent l'aqueduc de Chapultepec, qui approvisionnait Tenochtitlan en eau potable.
Le 31 mai, Sandoval complétait le dispositif à Ixtlapalapa. Cortés laissa délibérément libre la chaussée de Tepeyac, au nord de la ville : il espérait que les forces aztèques emprunteraient cette dernière voie pour évacuer la ville et que celle-ci tomberait intacte entre ses mains.


Guerre d'usure :


Le 1er juin eut lieu un important engagement naval : environ cinq cents canots aztèques attaquèrent la flotte de brigantins. Les Espagnols les dispersèrent et en détruisirent un grand nombre, s'assurant le contrôle du lac.
Au cours des premières semaines du siège, les combats furent indécis. En terrain découvert, les canons et les chevaux des Espagnols leur offraient une supériorité évidente. Il n'en allait pas toujours de même sur les chaussées menant à la cité ou dans des combats de rue. Lors des combats sur les chaussées, les canots aztèques harcelaient les Espagnols sur leurs flancs, les arrosant de flèches et de pierres. Ils creusaient des brèches dans les chaussées et construisaient des barricades pour entraver l'avance des conquistadores. Comblées par les auxiliaires indiens des Espagnols, elles étaient aussitôt rouvertes par les Aztèques la nuit suivante.
Comme des vivres continuaient à pénétrer dans la cité par la chaussée de Tepeyac, Cortès envoya un détachement pour la bloquer, rendant le blocus hermétique. Les brigantins montrèrent alors leur utilité en appuyant les opérations terrestres et en opérant des raids à l'intérieur de la ville, où ils pénétraient par les grands canaux. Les Aztèques, de leur côté, fichèrent des pieux au fond du lac pour entraver les mouvements des bateaux. Ils s'efforcèrent de s'adapter à la technologie militaire espagnole: confrontés aux armes à feu, ils apprirent à ne plus avancer en ligne droite, mais à courir en zigzag. Le Codex de Florence décrit comment «...lorsqu'ils qu'allait tomber déjà le coup de la grosse trompette-à-feu, ils se jetaient à terre, on se couchait par terre, on s'accroupissait.». Ils ne firent jamais usage eux-mêmes d'armes à feu prises aux Espagnols, mais s'en débarrassaient : «... la trompette-à-feu, là-bas, ils (les Espagnols) l'ont laissée dans leur précipitation sur la meule des sacrifices. Aussitôt les vaillants guerriers l'ont saisie, l'ont traînée, l'ont jetée dans l'eau.»
Chaque jour, les Espagnols lançaient maintenant des raids à l'intérieur de la cité et se retiraient la nuit. Du haut des immeubles, les Aztèques les bombardaient de projectiles, qui tuaient peu de monde, mais faisaient de nombreux blessés.

Le 30 juin, une attaque générale du marché de Tlatelolco se solda par un échec retentissant. Les Espagnols avaient négligé de combler un fossé derrière eux et s'étaient aventurés sur une chaussé fort étroite. Lorsque les Aztèques contre-attaquèrent, la retraite espagnole tourna à la débandade. Cortés fut à deux doigts d'être pris. Les conquistadores perdirent un brigantin et plusieurs dizaines d'entre eux, capturés vivants, furent sacrifiés par les Aztèques. De loin, leurs camarades assistèrent impuissants à la scène. L'empereur Cuauhtemoc s'empressa par ailleurs d'envoyer dans les provinces des messagers, qui portaient des témoignages de la défaite espagnole, notamment des têtes de chevaux. La plupart des alliés indiens abandonnèrent le camp espagnol et le moral des envahisseurs était au plus bas.
La priorité de Cortés était de restaurer la confiance de ses alliés indiens. Appelé à l'aide par les habitants de Cuernavaca menacés par les Aztèques de Malinalco, il dépêcha un de ses lieutenants, Andrés de Tapia, sur place avec une petite troupe qui tailla les Aztèques en pièces. De son côté, Sandoval porta assistance aux Otomi contre Temascalcingo.
L'impact psychologique de ces victoires fut énorme et vers la mi-juillet, les Espagnols virent leurs alliés revenir vers eux. N'obtenant pas de résultats décisifs par cette guerre d'usure, Cortés décida de changer de stratégie :
« ...je résolus de prendre alors pour notre sûreté une mesure radicale et ce fut de détruire, quelque temps que cela pût nous coûter, les maisons de la ville, chaque fois que nous y pénétrerions; de manière que nous ne ferions plus un pas en avant sans tout raser devant nous, tout aplanir et transformer les canaux et les tranchées en terre ferme. »


Agonie et chute de la ville :


Le procédé se révéla payant et les conquistadores purent pénétrer de plus en plus profondément dans la cité. Cortés put bientôt installer un camp permanent au cœur de la ville. Alvarado atteignit la seule source qui alimentait encore la ville et la détruisit. Tlatelolco fut le dernier réduit de résistance. Le 27 juillet, Alvarado atteignit son célèbre marché. Le lendemain, Cortés et lui y firent leur jonction. Les cavaliers espagnols pouvaient maintenant circuler à leur guise sur cette immense place, sans que les défenseurs aztèques puissent les en empêcher. En août les habitants, affamés, en étaient réduits aux dernières extrémités:

" Nous avons mangé le bois coloré du tzompantli,
nous avons mâché le chiendent du natron,
l'argile des briques, des lézards,
des souris, de la poussière de crépi,
et de la vermine "
(Annales historiques de Tlatelolco.)

Plusieurs tentatives de négociations eurent lieu mais elles n'aboutirent pas. La situation était sans issue et le découragement gagna les assiégés. Le 13 août 1521, toute résistance cessa. Les Espagnols capturèrent l'empereur Cuauhtemoc, qui tentait de s'échapper en canot. La ville n'était plus qu'un monceau de ruines que les survivants épuisés furent autorisés à quitter :
« Pendant trois journées et trois nuits, les trois chaussées furent absolument couvertes d'Indiens, de femmes et d'enfants, sortant à la file sans discontinuer, si maigres, si sales, si jaunes, si infects que c'était vraiment pitié de les voir. »
Les conquistadores en furent sur le moment pour leurs frais : ils trouvèrent peu d'or et exprimèrent leur mécontentement à l'égard de Cortés.

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Crakte Iyo Ctana

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MessageSujet: Re: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 18:05

Les débuts de la colonisation :



Cortés entreprend la reconstruction de Mexico avec au centre la Plaza Mayor, la cathédrale San Francisco, le couvent des Franciscains et le palais du gouverneur sur lequel débouchent de larges artères bordées des maisons de pierres de l’aristocratie. Treize églises sont construites à l’emplacement des anciens teocallis. Une citadelle monumentale, le Matadero, défend la ville avec 70 canons. Le gouverneur favorise la colonisation en distribuant des terres à des couples d’Espagnols. Les pêchers, oliviers, amandiers et orangers sont acclimatés et voisinent avec le coton, la canne à sucre, l’indigo et les cultures traditionnelles, dont l’agave, le maïs et le cacaoyer.
Devant les plaintes de Diego Vélasquez, Panfilo de Narvaez, Juan Rodriguez de Fonseca et d’autres courtisans jaloux, Charles Quint nomme une commission d’enquête dirigée par le grand chancelier de Naples pour juger de la gestion de Cortés, accusé de s’être approprié la flotte de Vélasquez et de l’avoir sabordée, d’avoir usurpé les pouvoirs du gouverneur de Cuba, mis à mal son émissaire, dilapidé les revenus des territoires conquis, notamment dans la reconstruction de Mexico. Défendu par son père, don Martin, et le duc de Bejar, Cortés est confirmé par la commission et nommé gouverneur et grand juge de la Nouvelle-Espagne par l’ordonnance royale du 15 octobre 1522.


Période coloniale et déclin démographique :


En 1520 et 1521, une épidémie de variole toucha les habitants de Tenochtitlan et fut l’un des principaux facteurs de la chute de la ville au moment du siège. En effet, on estime entre 10 à 50 % la part de la population de la cité qui serait morte à cause de cette maladie en deux semaines. Deux autres épidémies affectèrent la vallée de Mexico : la variole en 1545-1548 et le typhus en 1576-1581. Les Espagnols, pour compenser la diminution de la population, ont rassemblé les survivants des petites villes de la vallée de Mexico dans de plus grandes cités. Cette migration a brisé le pouvoir des classes supérieures, mais n’a pas dissout la cohésion de la société indigène dans un Mexique plus grand. Il est difficile de dresser avec exactitude un bilan démographique au XVIe siècle, mais il est certain que les maladies apportées par les Européens et pour lesquelles les Amérindiens n’étaient pas immunisés ont provoqué des millions de morts. D'après Mark Nathan Cohen, en 1618, un siècle après le début de la conquête de l'Empire aztèque, la population totale du Mexique était passée de 20 millions d'habitants à seulement 1,6 million, soit une diminution de l'ordre de 90 %.


Héritage :


La plupart des Mexicains actuels (et des personnes d'origine mexicaine vivant dans d'autres pays) sont métis, d'ascendance mixte autochtone et européenne, plus précisément espagnole. Au XVIe siècle la composition ethnique du Mexique a commencé à changer à partir d’une composition initiale faite de populations autochtones distinctes (Mexicas et autres groupes autochtones du Mexique) et d’immigrants (principalement espagnols), pour aboutir à une population principalement composée de métis qui est celle du Mexique actuel.
La langue nahuatl est aujourd'hui parlée par 1,5 million de personnes, principalement dans les zones montagneuses des États du centre du Mexique. Les dialectes locaux dérivés de l'espagnol, de l'espagnol mexicain en général, et la langue espagnole dans le monde ont tous été influencés, à des degrés divers, par le nahuatl. Quelques mots nahuatl (notamment « chocolat » et « tomate ») ont été empruntés par l’intermédiaire de l'espagnol par d'autres langues à travers le monde.
La ville de Mexico a été construite sur les ruines de Tenochtitlan, ce qui fait d’elle l'une des villes les plus anciennes des Amériques. Beaucoup de ses quartiers et éléments naturels d'origine conservent leur nom nahuatl. Beaucoup d'autres villes au Mexique et en Amérique centrale ont également conservé leurs noms nahuatl (qu’elles aient ou non été initialement des villes Mexicas ou même des villes de langue nahuatl). Un certain nombre de noms de ville sont formés d’un mélange de nahuatl et d’espagnol.
La cuisine mexicaine est toujours à base de produits agricoles et de condiments introduits par les Aztèques en Méso-Amérique, et la plupart des plats conservent sous ne certaine forme leurs noms d'origine nahuatl. Cette cuisine est aussi devenue une partie importante de la cuisine populaire des États-Unis et d'autres pays dans le monde entier, généralement modifiée pour s’adapter aux différents goûts nationaux.
Le drapeau mexicain moderne porte l'emblème de l'histoire des migrations des Mexicas.
La principale icône religieuse du Mexique, Notre-Dame de Guadalupe présente certaines similitudes avec la déesse mère de la terre des Mexica Tonantzin.
Pour la Coupe du monde de football de 1986, l'entreprise Adidas a conçu le ballon officiel pour montrer dans ses « triades » la conception architecturale et les peintures murales des Aztèques.


Organisation politique :


Structures de base :


Comme dans les autres civilisations mésoaméricaines, l'organisation socio-politique aztèque était structurée principalement sur trois niveaux : la famille, le calpulli et l'altepetl.
Le calpulli (du nahuatl « calpōlli » signifiant « grande maison » ; autre mot utilisé : tlaxilacalli) était l'unité politique de base, composée de plusieurs groupes familiaux formant un réseau social. La nature exacte du calpulli n’est pas tout à fait claire et a pu être assimilée à un clan, une ville, un quartier, une paroisse ou une coopérative agricole. Le calpulli était sous l’autorité d’un chef local (le calpōleh) qui répartissait les terres pour l’agriculture (calpōllālli) ou encore les tâches non-agricoles, en échange d’un tribut et d’une allégeance. Chaque calpulli envoyait des délégués au conseil suprême et possédait un temple où le culte de la divinité protectrice était rendu, ainsi qu'une école appelée telpochcalli dans laquelle les jeunes garçons s’entraînaient aux arts martiaux. Dans certaines cités-États du monde aztèque, les calpullis étaient spécialisés dans le commerce, comme Otompan, Texcoco et Tlatelolco ; ces organisations aztèques peuvent faire penser aux guildes de l’Europe médiévale. Enfin, d’autres calpullis regroupaient des immigrants venus d’autres régions de Mésoamérique à Tenochtitlan : les calpullis d’Otomis, de Mixtèques et de Tlapanèques.
L’'altepetl était une sorte de cité-État regroupant plusieurs calpullis et dirigée par un tlatoani. Le mot désigne non seulement un territoire mais aussi sa population. Ces cités-États pouvaient conclure des alliances, comme celle qui unissait Tlacopan, Texcoco et Tenochtitlan contre Azcapotzalco. Lorsqu'un altepetl étendait sa domination à d'autres altepetl, on lui donnait alors le titre de « huey altepetl » (« grand altepetl »). Bien que la forme du gouvernement fasse souvent référence à un empire, en fait, la plupart des régions étaient organisées sous forme d’altepetl. Il s’agissait de petites entités politiques gouvernées par un roi (le tlatoani) issu d'une dynastie légitime. La première période aztèque fut une période de croissance et de concurrence à l’intérieur de l’altepetl. Même après la création de l'empire (1428) et alors qu’il commençait son programme d'expansion par la conquête, l'altepetl resta la forme dominante d'organisation au niveau local. Le rôle efficace de l’altepetl comme unité politique régionale a été largement responsable du succès de la forme hégémonique de contrôle de l'empire.


Impérialisme :


À la veille de la conquête espagnole, l'altepetl de Mexico-Tenochtitlan avait soumis à sa domination de nombreux autres altepetl, gagnant ainsi le titre de « huey altepetl » (« grand altepetl »). Cet empire était divisé en 38 provinces plus ou moins assujetties, qui constituaient des cadres économiques et de perception du tribut. Il était composé de plusieurs ethnies différentes les unes des autres, dont certaines ne parlaient pas le nahuatl. Il ne formait pas un ensemble territorial cohérent : par exemple, la région méridionale et périphérique de Xoconochco ne se trouvait pas en contact direct avec le centre de l’empire. Tlaxcala au centre, Metztitlan au nord et Teotitlan au sud, étaient des enclaves indépendantes à l'intérieur de l'empire aztèque. Les frontières étaient surveillées par des garnisons et protégées par quelques fortifications comme à Oztoman.
D’après Alexander J. Motyl, l’Empire aztèque était de nature informelle ou hégémonique car il n’exerçait aucune autorité suprême sur les territoires conquis et n’attendait qu'un tribut de leur part sous forme de balles de coton, plumes de quetzal, mesures d'or, vêtements précieux, etc. Après leur défaite, les chefs héréditaires étaient en général restaurés dans leur fonction de commandement et les Aztèques n’intervenaient pas dans les affaires locales, pourvu que le tribut soit honoré. Les altepetl devaient tous renoncer à leur politique militaire et célébrer le culte de Huitzilopochtli. Beaucoup d'entre eux conservaient une relative autonomie de fait au sein de la confédération. Ils furent l’un des rouages de la domination hégémonique des Aztèques sur les autres peuples de la Mésoamérique. Les gouverneurs aztèques (tlacatecuhtli, « chef des guerriers ») résidaient dans les provinces sensibles.
Le tribut devait être acquitté entre une et quatre fois par an selon sa nature. Il était levé par un fonctionnaire (calpixqui) aidé d'une équipe de scribes. Deux registres des tributs sont parvenus jusqu'à nous : la Matricula de Tributos et le Codex Mendoza. Le tribut était en nature : il était souvent composé de coton ou de l’ixtle (fibre d’agave). Mais il pouvait également être fourni en, produits agricoles, en métaux, en turquoises, en bois, en animaux, en vêtements et en objets divers. La monnaie n'existait pas, mais le quachtli et son multiple, la charge, faisaient office d'étalon. L'ensemble des impôts était entreposé dans le trésor (petlacalco) du palais impérial.


Hiérarchie de l'État :


Tlatoani :


Chaque altepetl (cité-État) nahua était dirigé par un souverain appelé « tlatoani » en nahuatl (« celui qui parle » » ou « celui qui commande », du verbe « tlatoa », « parler »). À la veille de la conquête espagnole, le tlatoani mexica était appelé « huey tlatoani » (« grand tlatoani »), car son pouvoir s'était étendu à d'autres altepetl ; les Espagnols, en tentant d'adapter cette fonction à leurs références européennes, l'ont traduit par « empereur ».
Tous les Tlatoanis aztèques sont issus de la même famille, mais la succession ne se faisait pas nécessairement de père en fils. Frères, neveux ou petits-fils entraient en ligne de compte. Les chroniqueurs espagnols ne s'accordent d'ailleurs pas sur l'ordre suivi. Aux débuts de l'histoire aztèque, il était désigné par l'assemblée générale des guerriers. En tant que « huey tlatoani », son statut était devenu semi-divin mais il restait nommé par un grand conseil. Cette assemblée choisissait le membre de la famille qu'elle jugeait le plus compétent. Ce choix devait être approuvé par les autres membres de la Triple Alliance, c'est-à-dire les souverains de Texcoco et de Tlacopan. L'intronisation proprement dite n'avait lieu qu'après que le souverain eut fait preuve de ses capacités en menant une série de conquêtes.
Lorsqu'il est représenté dans les manuscrits indigènes, on le distingue entre autres par la volute qui se dégage de sa bouche et qui indique la parole. Il porte un diadème d'or et de turquoises ainsi qu'un manteau bleu-vert. L'empereur devait remplir ses devoirs envers les dieux et protéger le peuple aztèque. Il avait pour conseillers intimes le cihuacoatl et certains grands dignitaires. Il avait en charge tout ce qui concernait les affaires extérieures à la Cité. À Texcoco, le tlatoani régnait sans cihuacoatl mais était entouré de quatre conseils : gouvernement et justice, finances, guerres et musique.
Le mot nahuatl tlatoani (/tɬaʔ.toˈaː.ni/, également orthographié « tlahtoāni ») signifie littéralement « celui qui parle » (pluriel tlahtohqueh /tlaʔ'toʔ.keʔ/ ; au féminin « cihuatlahtoāni »). C'était le titre du plus haut dirigeant militaire et religieux d'un altepetl, cité-État de la Mésoamérique nahua. Le terme est parfois traduit par « roi » ou « orateur vénéré ».
Chef du gouvernement, il était assisté du « Cihuacoatl » pour les affaires intérieures et la justice. Il était désigné par les dignitaires (« tecuhtli ») au sein d'une famille régnante.
Lors d'alliances entre cités, le tlatoani du « huey altepetl » à la tête de l'accord recevait le titre de huey tlatoani (également orthographié « huēyi tlahtoāni » et signifiant « grand tlatoani »), fréquemment traduit par « empereur ».


Représentation :


Dans les manuscrits indigènes préhispaniques, le tlatoani est conventionnellement représenté en majesté. Il porte le diadème en mosaïque de turquoise (en nahuatl : xiuhzontli), ainsi qu'un ornement nasal (en nahuatl : xiuhyacamitl). Il est vêtu d'un manteau de couleur turquoise (en nahuatl : xiuhtimatli) bordé d'ornements rouges (en nahuatl : tenechilnauayio). Il est assis sur un trône à dossier formé de joncs et de roseaux (en nahuatl : tepotzoicapalli)


Chronologie des dirigeants de Tenōchtitlan :


Les premiers tlatoque, légendaires, de la capitale aztèque de Tenochtitlan, l'actuelle Mexico, portent le titre de tlatoani. À partir d'Acamapichtli (1376-1396), le premier attesté historiquement, ils portent le titre de huey tlatoani (« grand/haut tlatoani ») à la tête d'alliances d'altepetls.

Liste des dirigeants de Mexico-Tenochtitlan.

Date de règne Nom Signification du nom Avec le titre de tlatoani :

1233 - 1272 Tozcuecuextli
1272 - 1299 Huehue Huitzilihuitl Plume de colibri
1299 - 1347 Ilancueitl Jupe de vieillarde
1347 - 1363 Tenoch Nopal de pierre Avec le titre de huey tlatoani
1376 - 1396 Acamapichtli Celui qui empoigne le bâton
1396 - 1417 Huitzilihuitl Plume de colibri
1417 - 1427 Chimalpopoca Bouclier qui fume
1428 - 1440 Itzcóatl Serpent d'obsidienne
1440 - 1469 Moctezuma I Homme en colère, celui qui lance une flèche au ciel
1469 - 1481 Axayacatl Visage d'eau
1481 - 1486 Tizoc Jambe malade
1486 - 1502 Ahuízotl Loutre
1502 - 1520 Moctezuma II Homme en colère, le jeune
1520 - 1521 Cuitláhuac Celui qui a reçu une tâche
1521 - 1521 Cuauhtémoc Aigle qui descend


Grands dignitaires :


Le cihuacóatl, dont le nom signifie littéralement « serpent-femme » et qui représentait la divinité du même nom, était le deuxième personnage de l'État aztèque après le tlatoani. Il organisait des expéditions armées, jugeait en appel et remplaçait l’empereur en son absence. C'est Itzcoatl qui avait créé cette fonction pour l'aider dans sa tâche et avait nommé son neveu Tlacaelel à ce poste. Tlacaelel fut aussi le principal conseiller des deux empereurs suivants, Moctezuma Ier (son frère) et Axayacatl. La fonction resta ensuite occupée par son fils puis son petit-fils.
Quatre grands dignitaires militaires, dont le tlacateccatl (« qui commande les guerriers ») et le tlacochocalcatl (« préposé à la maison des javelines »), suivaient le cihuacóatl dans la hiérarchie des conseillers du tlatoani mexica. Tous les grands dignitaires faisaient partie de l'assemblée du « tlacocan » (« lieu de la parole », ou « Grand Conseil »), qui était consultée avant toute décision importante et pouvait refuser jusqu'à trois fois une proposition du tlatoani. Ses membres étaient désignés par le souverain ou recrutés par cooptation.


Fonctionnaires :


Moins importants que les précédents, les fonctionnaires aztèques s'occupaient des différentes tâches administratives concernant la police, les greniers et magasins où s'entassait le tribut. Ils dépendaient du uey calpixqui (que les Espagnols traduisaient par « grand majordome »), qui remplissait les fonctions de préfet de la capitale et de ministre des finances.


Armée :


Hiérarchie militaire :



Les « macehualtin » (plébéiens) formaient une infanterie de base équipée de frondes. Les plus efficaces d'entre eux pouvaient être anoblis au rang de guerrier jaguar ou de guerrier aigle après s'être illustrés au combat, en capturant plus de quatre prisonniers. D'autres ordres militaires étaient ceux de guerrier flèche et des guerrier crâne, dont le rôle était d'effrayer l'adversaire.

L'armée aztèque était l'armée du peuple aztèque (ou plus exactement mexica), qui, après sa triple alliance avec les « altepeme » (cités-États) de Texcoco et Tlacopan, a imposé la plus importante politique d'expansionnisme militaire qu'ait connu la Mésoamérique, au point de former ainsi le plus vaste empire de l'époque postclassique.
L’Empire aztèque était fondé sur l’expansion et la domination d’autres « altepeme » sur lesquels il prélevait un tribut. La société aussi reposait sur la guerre : chaque homme recevait un entraînement militaire dès son plus jeune âge, et la seule possibilité pour les roturiers d’être promus socialement passait par le succès militaire en faisant des prisonniers (« maltin »).
Les forces armées aztèques étaient typiquement composées d’un large nombre de roturiers (« macehualtin ») sans distinction particulière et mal entraînés (« yaoquizqueh »), ainsi que d’un plus petit contingent de guerriers professionnels de la noblesse (« pipiltin »).


Fonction des guerres :


L'expansionnisme militaire aztèque avait deux objectifs principaux. Le premier était politique : la soumission des cités ennemies en vue d'en obtenir tribut4. La plupart des campagnes militaires avaient pour origine la volonté d'expansion, pas nécessairement en soumettant politiquement le vaincu, mais surtout en vue d'obtenir le versement d'un tribut5, comme on peut le voir dans le Codex Mendoza où la liste de ces tributs est méticuleusement reprise.
Le second objectif était religieux et social: la prise d'esclaves pour les sacrifices rituels et le travail forcé. Ceci a fortement influencé le type de combat des Aztèques : un de leurs objectifs principaux n'était pas de vaincre l'ennemi en le tuant mais en le faisant prisonnier. Outre cette fonction rituelle, la guerre constituait pour les guerriers de basse extraction un facteur de promotion sociale, en fonction du nombre de prisonniers qu'ils ramenaient.
La première action d'un nouvel empereur consistait souvent à organiser une campagne militaire pour s'imposer à la fois à ses sujets et aux cités soumises tout en se procurant les esclaves nécessaires à la cérémonie de couronnement. L'un d'entre eux, du nom de Tizoc, avait échoué lors de plusieurs actions militaires, ce qui, selon Diego Durán, aurait amené les nobles à l'empoisonner.


Organisation :


Au sommet de la hiérarchie militaire se trouvait l'empereur, le huey tlatoani. En tant que commandant en chef, il portait le titre de «tlacatecuhtli», c'est-à-dire le «seigneur des hommes». Au-dessous de lui le deuxième personnage de l'empire, le cihuacoatl, qui commandait parfois une armée en campagne, comme ce fut le cas lors de la bataille d'Otumba. L'empereur était assisté d'un conseil formé de quatre hauts dignitaires militaires. Les deux premiers nous sont bien connus : le «tlacateccatl» (celui qui commande les guerriers) et le «tlacochcalcatl» (celui de la maison des javelots), qui assurait la responsabilité des arsenaux («tlacochcalli»). La plupart des tlatoanis avaient assumé une de ces deux fonctions avant d'accéder au poste suprême. En ce qui concerne les deux autres membres du grand conseil, les auteurs ne s'accordent pas : tlillancanqui, ezhuahuacatl, huitznahuatl, ou encore cuauhnochtli.


Entraînement :


Les fils de la noblesse profitaient de l'entrainement au Calmecac. Ils recevaient un éducation aussi bien sur les aspects militaires que sur l'astronomie, le fonctionnement du calendrier, la rhétorique, la poésie ou encore la religion.
Les enfants des roturiers allaient au Telpochcalli où ils recevaient un entrainement militaire de base, et se livraient à des activités manuelles.


Hiérarchie :


Notre connaissance de l'armée aztèque ne nous permet pas de distinguer des «grades» à proprement parler. Le rang des soldats était proportionnel au nombre de prisonniers qu'ils avaient capturés. Ils pouvaient alors porter différents habits (tlahuiztli) qui étaient la manifestation honorifique de leur bravoure. Ces habits devenaient plus spectaculaires avec le rang et on pouvait alors facilement reconnaître un soldat de valeur sur le champ de bataille.
Les roturiers (« macehualtin » en nahuatl, «gente de baja suerte» en espagnol) représentaient la majorité de l'armée. Au niveau le plus bas se trouvaient les porteurs (tlameme) qui étaient chargés de l'approvisionnement en nourriture et en armes. Suivaient ensuite les plus jeunes des «telpochcalli», menés par un «telpochyahqui» (celui qui dirige les adolescents) ou «tlamani» ( «celui qui prend, qui capture»), qui a réussi à prendre seul un captif au cours d'une bataille. Après avoir fait quatre prisonniers, le guerrier devenait un «tequihuah» (pluriel «tequihuahque»), un vétéran, un soldat aguerri, dont la chevelure recevait une coiffure caractéristique. le «temillotl», constitué d'une mèche attachée par un lien au sommet de la tête. Au-dessus de quatre prisonniers on pouvait accéder à divers ordres d'élite.


Guerriers d'élite :


Les guerriers de base qui ont fait preuve de leur excellence peuvent être promus et être anoblis, ou encore entrer dans l'un des ordres d'élite. Les fils de nobles sont plus susceptibles d'intégrer ces ordres, mais en devant tout de même progresser au sein du rang. Ces guerriers pouvaient passer d'un ordre à l'autre, toutefois nous en connaissons mal les modalités.


Guerriers jaguar et aigle :



Les ordres les plus prestigieux sont ceux des Aigles (quauhtin) et jaguars (ocelomeh). Ils avaient un siège, nommé Quauhcalli, situé dans l'enceinte des cérémonies de Technotitlan.
Les guerriers jaguars, comme leur nom l'indique étaient habillés (seulement quand ils étaient en service) d'un justaucorps de peau de jaguar, alors que les guerriers aigles étaient recouverts de plumes d'aigle et leur casque en bois rappelait la tête d'un aigle. Les guerriers des deux ordres portaient des boucliers décorés de plumes avec lesquelles ils écrivaient le symbole de leur nom.


Otomis :


Les Otomis (en nahuatl : singulier otomitl, pluriel otontin ) forment une société de guerriers tirant leur nom des populations otomi, renommées pour leur férocité au combat. Pour faire partie de cette société, il faut avoir fait cinq ou six prisonniers. Il est assez difficile pour les historiens de discerner l'ordre de guerrier du groupe ethnique, d'autant plus que ceux-ci pouvaient rejoindre les armées aztèques en tant que mercenaire ou alliés.


Cuachicqueh :


Les membres les plus prestigieux des ordres de chevalerie aztèque (sing. cuachic, «celui qui est tondu» ) étaient reconnaissables par leur visages peint d'une moitié bleue et de l'autre jaune ou rouge. Les chefs se rasaient le crâne à l'exception d'une longue tresse sur l'oreille gauche. Ils avaient juré de ne jamais faire un pas en arrière sur le champ de bataille.


Équipement :


Armes de jet :


- « Atlatl » : Cette arme était un propulseur de javeline (appelée « tlacochtli ») destiné à envoyer l'arme de façon plus puissante et précise qu'à la main. Elle était courante dans les armées mésoaméricaines. Avec cette arme les soldats aztèques pouvaient transpercer un arbre situé à trente mètres à peu près. Le conquistador Bernal Díaz del Castillo donne de cette arme inconnue des Européens la description suivante : «Ils décrivirent aussi les armes dont on fait usage; les piques doublement dentelées qu'on lance avec des machines et qui traversent n'importe quelle défense...»
- « Tlahuitolli » : Un arc projetant des flèches (« mitl »), qui étaient portées dans un carquois (« micomitl »).
- « Yaomitl » : Des flèches spéciales dont la pointe était très tranchante grâce à l'obsidienne.
- « Tematlatl » : Une fronde faite de fibre de maguey qui projetait des pierres arrondies, façonnées à la main, pouvant peser jusqu'à 1 kilo jusqu'à une quinzaine de mètres.


Armes de contact :


Le macuahuitl est une épée en bois aux tranchants incrustés de lames d'obsidienne très coupantes mais également très fragiles. Les guerriers d'élite de l'armée aztèque étaient équipés de cette arme blanche, qui pouvait leur servir d'arme tranchante aussi bien que d'arme contondante, pour assommer et capturer leur ennemi.
Le tepoztopilli est une arme d'hast de la taille d'une lance, dont la pointe est en obsidienne.
Le huitzauhqui est une lance qui tient à la fois du macahuitl et du tepoztopilli, car les côtés de cette arme d'hast sont incrustés d'obsidienne.
Le quauhololli est une massue qui se termine par une partie sphérique.


Protection :


- « Chimalli » : bouclier rond, muni vers le bas d'une frange de plumes et dont la face avant est décorée de motifs héraldiques, comme on peut en observer dans le Codex Mendoza. Il en existe plusieurs sortes: le cuauhchimalli, fabriqué à partir de différents bois mais surtout d'osier et incrusté de peaux et de plumes; l'otlachimalli, composé de canne de maïs, un matériau très accessible. Le mahuizzoh chimalli est un bouclier cérémoniel. Le Conquistador Anonyme fait remarquer à ce propos : « Et puisqu'ici en Espagne on a vu quelques-unes de ces rondaches, j'affirme qu'elles ne sont pas de celles qu'ils portent au combat, mais de celles qu'ils portent dans leurs fêtes et dans les danses qu'ils ont coutume d'exécuter lors de leurs réjouissances. » Seuls quelques rares exemplaires, deux au Würtembergisches Landmuseum à Stuttgart, un au Museum für Völkerkunde à Vienne et deux à Mexico, témoignent de la virtuosité des plumassiers ( amanteca en nahuatl) aztèques.
- « Ichcahuipilli » : armure de coton rembourrée. D'une épaisseur égale à la largeur de deux doigts, ce matériau pouvait résister aux coups d'épées d'obsidienne.
- « Ehuatl » : tunique portée au-dessus de l'armure de coton par certains guerriers nobles.
- « Tlahuiztli » : vêtement de guerre distinctif porté par les guerriers prestigieux et les membres d'ordre de chevalerie.
- Casque en bois, décoré de plumes, ou en forme de tête d'aigle ou de jaguar ou encore de démon tzitzimitl.


Bannières :


- Pamitl: Un fanion personnalisé permettant de reconnaître un officier ou un guerrier renommé, «fixé à une hampe et attaché dans le dos de façon qu'il ne le gêne nullement pour combattre ou faire ce qu'il veut». Ces bannières permettaient aux officiers de coordonner le mouvement de leurs unités.


La guerre :


Notre connaissance des guerres aztèques est assez mal assurée. Nos principales sources sont Diego Durán et Fernando Alvarado Tezozómoc, qui s'inspirent tous les deux d'un ouvrage disparu que les spécialistes nomment «Chronique X».


Préliminaires :


Si les motifs de faire la guerre étaient religieux ou idéologiques, dans la pratique on alléguait un motif concret, que ce soit le refus de commercer, comme nous l'apprend ce discours du tlatoani de Coyoacán : «Frères, vous voyez que les Mexicaines ne viennent plus au marché; c'est sans doute qu'elles sont irritées des offenses que nous leur avons faites. Préparons donc nos armes, nos boucliers, nos glaives..., car nous verrons bientôt arriver les Mexicains guidés par l'emblème de l'aigle et du tigre.», ou l'assassinat de marchands aztèques, les Pochteca, ou encore on se servait d'un simple prétexte, comme le refus d'aider les Aztèques à reconstruire le temple d'Huitzilopochtli. S'ensuivait souvent, mais pas nécessairement, une déclaration de guerre formelle. Pour reconnaître le terrain, on envoyait des espions appelés «Quimichtin» (souris), déguisés en habitants du pays. Sahagún nous apprend qu' «Ils revenaient en apportant au roi la représentation de toutes ces choses pour qu'il vît bien les conditions de la contrée.» Les Pochteca servaient également fréquemment d'agents de renseignement.


L'armée en campagne :


Les opérations militaires avaient lieu pendant la saison sèche, de décembre à avril, lorsque les hommes n'étaient pas requis pour les travaux agricoles et que les chemins n'étaient pas embourbés.


Batailles :


Les Aztèques préféraient entamer le combat à l'aube. Si la bataille n'était pas terminée au coucher du soleil, on interrompait les combats. La bataille commençait généralement par des préliminaires verbaux, échanges d'insultes, ou encore des gestes obscènes. Le commandant en chef aztèque donnait le signal de l'attaque au moyen d'une conque; le souverain de Texcoco au moyen d'un petit tambour. Ensuite on faisait pleuvoir sur l'adversaire une grêle de traits, flèches et pierres, à une distance de 50-60 mètres.
Les Aztèques combattaient en formations disciplinées. Au premier rang figuraient les cuachiqueh, puis venaient les otontin et les guerriers expérimentés ou tequihuahqueh entremêlés à de jeunes soldats. Lorsqu'on en venait au corps-à-corps, les Aztèques alignant généralement des effectifs supérieurs à ceux de leurs adversaires s'efforçaient de les envelopper. Il leur arrivait de subir des échecs cuisants, lorsqu'ils ne parvenaient pas à exploiter cette supériorité numérique, comme lors de la campagne de Tizoc contre Metztitlan, où le terrain, une vallée étroite, offrait peu d'espace de manœuvre. Les Aztèques recouraient volontiers à la feinte et à la ruse, comme en témoigne la relation de la campagne de Moctezuma Ier contre les Huastèques. Lorsque les Aztèques firent mine de s'enfuir, les Huastèques se jetèrent à leur poursuite. Deux mille guerriers qui s'étaient couchés par terre, couverts d'herbes, les laissèrent passer puis jaillirent sur leurs arrières et les anéantirent.
Lorsque le combat tournait au désavantage de l'ennemi, celui-ci pouvait offrir de négocier, comme lors de la campagne d'Ahuitzotl contre Teloloapan: «Enfin les principaux chefs de Teloloapan, réfugiés au sommet, se mirent à implorer à haute voix la pitié des vainqueurs, en disant: nous nous soumettons à l'empire mexicain. Ce pays produit du cacao, du miel, du coton, des étoffes, du chile et toute espèce de fruits et de fleurs. Nous vous payerons de tout cela en tribut et nous ferons tout ce que vous nous commanderez. Ahuitzotl leur ayant demandé s'ils tiendraient leur promesse, ils la confirmèrent de nouveau; alors ce prince donna ordre à ses capitaines de faire cesser le carnage.». La cité devenait alors tributaire de l'Empire aztèque.
Si malgré tout l'ennemi ne voulait pas se soumettre, les Aztèques poursuivaient le combat jusque dans la cité, dont le temple principal était incendié. Comme le temple était généralement la principale place forte et également l'arsenal de la cité, cette destruction portait un coup fatal à la résistance. Elle équivalait aussi à la défaite du dieu local. Dans l'iconographie, le glyphe représentant un temple en flamme est le symbole de la conquête, comme on peut en voir maint exemple dans le célèbre Codex Mendoza.


La Guerre fleurie :


La guerre fleurie fut instaurée par Moctezuma Ier : dès l'ascension au pouvoir du nouvel empereur, des dérèglements climatiques (pas de pluies pendant la saison des pluies et inondation...) affamèrent la population de Tenochtitlan pendant cinq ans. Un conseil se réunit, et les dirigeants de Tenochtitlan conclurent que si les dieux s'amusaient à affamer la population, c'est que eux aussi étaient affamés. En effet cela faisait beaucoup de temps que Tenochtitlan n'avait plus fait de guerres et donc plus ramené de prisonniers à sacrifier (quand on sacrifiait une personne, on offrait son cœur en nourriture aux dieux). Alors, Moctezuma Ier demanda aux autres villes de la Triple Alliance et aux villes de Tlaxcala, Huexotzinco et Cholula qui étaient aussi touchées par la famine de livrer un combat dans la Plaine d'Acatzingo (endroit situé loin des six villes) sans aucun but militaire ou politique, mais dans le simple espoir de rapporter beaucoup de prisonniers qui puissent être sacrifiés.
Le combat eut lieu et les trois armées de la triple alliance affrontèrent les trois armées de Tlaxcala, Huexotzinco et Cholula. Les prisonniers furent nombreux et les six dirigeants des six villes se mirent d'accord pour faire les sacrifices le même jour. Ce jour là, la pluie arriva et le climat redevint normal. Mais, les habitants de Tenochtitlan qui étaient encore affamés mangèrent les corps des sacrifiés, et plus tard, le fait de manger les sacrifiés devint une coutume religieuse. Quant à la guerre fleurie, elle fut répétée assez régulièrement, mais c'était surtout la cité de Tlaxcala qui demandait cette rencontre armée, car Tenochtitlan s'assurait un flux permanent de prisonniers en menant des conquêtes et se servait de la guerre fleurie pour familiariser les jeunes guerriers au combat.


Guerre fleurie :


Une guerre fleurie ou guerre des fleurs (en nahuatl, Xōchiyāōyōtl) est le nom donné aux batailles opposant les Aztèques ou un de leurs alliés de la Triple alliance à une cité de la vallée voisine de Puebla, en particulier Tlaxcala.
Il s'agissait d'un exercice très codifié et ritualisé dans lequel s'affrontaient deux camps, généralement deux altepetl (cités) dans le but de procéder à la capture de prisonniers à sacrifier aux divinités. La bataille avait lieu à un moment convenu à un endroit situé à la limite entre les deux cités et appelé cuauhtlalli ou yaotlalli.
Il semble que le but était davantage de parvenir à maitriser l'adversaire en le saisissant par la longue touffe de cheveux que chaque guerrier portait sur la tête, plutôt que de tuer un maximum d'ennemis sur le champ de bataille. Le combat était donc éclaté en une multitude de duels. Le captif empoigné était alors ligoté et amené dans le camp de son vainqueur avant d'être transféré dans la cité où doit avoir lieu le sacrifice. Il était alors remis aux mains des prêtres chargés du sacrifice.


Description dans les sources anciennes :


Nos sources primaires, à savoir différents chroniqueurs du XVIe siècle, présentent des divergences notables, tant quant à l'origine qu'aux modalités des guerres fleuries.
C'est chez Chimalpahin que l'on trouve la mention des événements les plus anciens qualifiés de guerres fleuries: en 1324 à propos d'un conflit entre Chalco et Tlacochcalco, et ensuite à propos de la longue guerre qui opposa les Mexicas aux Chalcas : «Les douze années que dura la guerre des fleurs les vassaux seuls succombaient, tandis que les grands ne mouraient pas, aussi était elle appelée guerre fleurie.». En 1415, par contre, lorsque des nobles sont tués aussi, la guerre cesse d'être fleurie. Les «Anales de cuauhtitlan» vont dans le même sens: «C'était comme un jeu et elle était appelé «guerre fleurie».» Dans ce contexte «préhistorique» de la guerre fleurie, selon les mots de Michel Graulich, il faudrait donc entendre par «fleurie» que l'on ne sacrifiait pas les nobles.
Selon Ixtlilxochit, la «guerre fleurie» aurait trouvé son origine dans la famine qui ravageait le Mexique central en 1454. Alors que les souverains de la Triple alliance étaient réunis avec les dirigeants de Tlaxcala, les prêtres étaient d'avis qu'il fallait sacrifier un grand nombre de victimes pour apaiser les dieux irrités. A Nezahualcoyotl qui suggérait qu'on ne sacrifiât que des prisonniers de guerre, les prêtres répliquèrent que les guerres n'avaient pas lieu régulièrement et que les captifs arrivaient affaiblis. Un des chefs tlaxcaltèques, Xicotencatl, aurait alors proposé d'organiser régulièrement des batailles entre Tlaxcala, Texcoco, ainsi que leurs alliés respectifs, à un endroit prédéterminé, à nombre égal de chaque côté, dans les premiers jours de chaque mois. L'auteur ajoute que de telles guerres permettraient aux jeunes guerriers de s'exercer.
Diego Duran présente une version sensiblement différente dans son «Histoire des Indes de Nouvelle-Espagne et des Îles de la Terre Ferme». Chez lui l'instauration de la «guerre fleurie» (Chapitre XXIX) précède la famine de 1454 (Chapitre XXX) et il n'établit aucun lien entre les deux événements. Il n'y est question ni de Nezahualcoyotl ni de Xicotencatl, mais du Cihuacoatl Tlacaelel. Comme l'empereur Moctezuma Ier hésitait à sacrifier des prisonniers, de peur de manquer de victimes lors de la consécration du Templo Mayor, Tlacaelel lui adressa ce discours souvent cité:
J'ai réfléchi à ce que nous ferons désormais: il vaut mieux faire tout de suite ce que de toute façon nous ferons plus tard, car notre dieu ne doit pas attendre que nous ayons l'occasion de faire la guerre. Cherchons un marché commode, où notre dieu avec son armée pourra se rendre pour acheter les victimes nécessaires à sa nourriture... Moi, Tlacaelel, je dis que ce tanguez et marché soit instauré à Tlaxcala, Huexotzinco, Cholula, Atlixco, tliliuhquitepec, Teocac, parce que si nous l'établissons plus loin, par exemple à Yopitzinco, Michoacan, la Huastèque ou au bord de la mer dont les côtes sont sous notre domination, nos armées auront à pâtir de l'éloignement de ces provinces. Ces pays sont très lointains et en outre notre dieu n'aime pas la chair de ces gens barbares. Il la tient pour du pain blanc et dur, du pain sans saveur, car, je le répète, ce sont des gens barbares qui parlent des langues étranges. Ce serait donc une excellente idée que notre marché et notre foire soient situés dans les six cités que j'ai nommées, à savoir Tlaxcala, Huexotzinco, Cholula, Atlixco, Tliliuhquitepec, Teocac. Les habitants de ces villes seront pour notre dieu pareils à du pain chaud, venant de sortir du four, tendre et savoureux... Et la guerre que nous mènerons contre ces cités devra être faite de telle sorte qu'on ne les anéantisse pas et qu'elles restent toujours sur pied. Car il faut que, chaque fois que nous le souhaiterons et que notre dieu voudra manger et se réjouir, nous puissions nous rendre au marché pour lui chercher sa nourriture... (Diego Duran, Histoire des Indes de Nouvelle-Espagne et des Îles de la Terre Ferme)
Dans le même ordre d'idées, le conquistador Andrés de Tapia rapporte que l'empereur Moctezuma II lui avait expliqué que les aztèques auraient été capables d'en terminer avec les Tlaxcaltèques, mais qu'ils ne le faisaient pas afin de donner à leurs guerriers l'occasion de s'entraîner et d'avoir des prisonniers à proximité à sacrifier.
Seul le chroniqueur tlaxcaltèque Diego Muñoz Camargo ne souffle mot des guerres fleuries dans son «Historia de Tlacala», mais affirme (Livre I, chapitre XIII) que la guerre entre Tlaxcala et Tenochtitlan était due aux visées impérialistes des Aztèques. Il souligne que ces derniers maintenaient Ttlaxcala encerclée et rapporte que ces guerres ont duré soixante ans avant l'arrivée des Espagnols - un cadre temporel qui coïncide grosso modo avec la famine du milieu du XVe siècle.


Interprétation moderne :


Les guerres fleuries sont toutefois sujettes à controverse entre historiens modernes, tant à propos de leur nature que de leur finalité. En particulier, concernant les dernières années avant la conquête espagnole, se pose la question de la volonté et de la capacité des Mexicas de conquérir Tlaxcala.
Frederic Hicks considère comme une généralisation abusive l'explication de la guerre fleurie par la nécessité des sacrifices. Il souligne que les données sont peu nombreuses. Il voit dans les guerres fleuries des conflits dont le but n'était pas la conquête, mais plutôt une occasion de s'entraîner pour les guerriers, une forme de «sport» ; même s'il ajoute que le participant le plus faible ne le percevait peut-être pas de la même manière.
Barry L. Isaac pense que les guerres fleuries sont une rationalisation a posteriori originaire de Texcoco pour justifier une guerre d'agression contre les « altepeme » de Huexotzinco et Tlaxcala, leurs anciens alliés avant que Texcoco ne forme une triple alliance avec Mexico-Tenochtitlan et Tlacopan. Il se demande pourquoi un Tlaxcaltèque - Xicotencatl - aurait fait la proposition d'instaurer la guerre fleurie, alors que la triple alliance était beaucoup plus puissante que Tlaxcala. Il n'accorde guère de crédit non plus aux affirmations qu'auraient faites Moctezuma II à Andrés de Tapia, car admettre que les Aztèques n'étaient pas capables de conquérir Tlaxcala aurait été un aveu de faiblesse.
Ross Hassig considère que la guerre fleurie était principalement une démonstration de supériorité technique militaire qui, en tant que telle, était fondamentalement différente des guerres ordinaires ; il précise cependant que, dans les derniers temps de l'époque postclassique, la guerre fleurie était devenue une simple première étape de conflit au sein d'un processus stratégique de conquête expansionniste.


Fortifications :


L'armée aztèque n'a pas l'habitude de maintenir un contrôle strict des territoires soumis, mais a tout de même bâti certaines fortifications. Les exemples principaux sont les forteresses de:
- Oztuma : où une garnison était maintenue pour mater les rébellions Chontales
- Cuauhquechollan: dotée d'une enceinte de pierre et de mortier de 7,3 m de haut et percée de quatre portes. Sa garnison près d'Atlixco devait faire pression sur les ennemis traditionnels des Aztèques: Tlaxcala, Cholula et Huexotzinco
- Malinalco: Construit près de Toluca par Ahuitzotl, cette forteresse devait surveiller les Matlatzinca, Mazahua et Otomi en même temps que de maintenir la pression près des frontières tarasques. La frontière avec l'état tarasque était par ailleurs gardée et partiellement fortifiée des deux côtés.



Principes guerriers :


Les Aztèques se battaient pour conquérir plus de terres ou simplement pour faire des prisonniers pour les sacrifier à leurs dieux. C'est pourquoi ils organisaient régulièrement des chasses à l'homme appelées « guerres fleuries » contre les peuples périphériques de l'empire. Ces raids rapides et efficaces n'empêchaient pas pour autant l'empire aztèque, dans ses désirs d'expansion, de s'engager dans de longues guerres en territoire ennemi. Il avait donc besoin de guerriers résistants et déterminés.


Société :


La société aztèque précolombienne a été développée, sur le modèle d'autres sociétés mésoaméricaines, par les Aztèques de la vallée de Mexico, lors des siècles précédant la conquête du Mexique par les conquistadors espagnols.
Comme dans toutes les civilisations mésoaméricaines, les clivages sociaux n'étaient pas strictement socio-économiques mais basés principalement sur l'importance de la fonction de chaque groupe pour l'omniprésente religion. De ce fait, une forme d'aristocratie d'origine à la fois militaire et religieuse (les « pipiltin ») s'était progressivement distinguée du reste du peuple, et les artisans et les négociants (« pochteca ») avaient eux aussi un statut privilégié par rapport aux simples plébéiens (« macehualtin »). Les plus défavorisés étaient les esclaves.

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MessageSujet: Re: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 18:38

Historiographie :



Certains codex aztèques coloniaux, comme le codex Mendoza et le codex de Florence, sont une source d'information essentielle sur la société aztèque.


Groupes sociaux :


À l'origine, la structure tribale des Aztèques, avant que ces chasseurs-cueilleurs chichimèques ne se sédentarisent, était égalitaire1,2 et basée sur l'existence de clans. En revanche, au moment de la conquête espagnole, la société était fortement hiérarchisée.


Aristocratie :


Au sommet de la pyramide sociale, on trouvait les « tecuhtli » ( « dignitaires », « seigneurs »), que les chroniqueurs espagnols appelaient généralement « caciques ». En principe élus à des fonctions administratives, militaires ou religieuses, ils étaient généralement désignés à vie par leurs concitoyens, mais toujours avec l'aval du pouvoir central qui devait confirmer ce choix et les nommait parfois même directement. Pour assurer les frais souvent élevés de leur fonction, ils bénéficiaient des revenus des terres qui leur étaient attribuées et recevaient en outre une part des tributs prélevés sur les peuples de l'empire. Ils ne payaient pas d'impôts.
Au moment de l'arrivée des Espagnols, ce groupe était en voie de devenir une « noblesse » héréditaire : leurs enfants faisaient automatiquement partie des « pipiltin » (sing. « pilli »). À ce titre, ils étaient exemptés d'impôt3 et ils avaient accès aux meilleures écoles, appelées « calmecac ». Comme ces écoles formaient les prêtres (« tlamacazqui »)1, les pipiltin représentaient donc également l’essentiel de la hiérarchie religieuse, même si la prêtrise était accessible aux membres des classes inférieures. La société aztèque étant essentiellement basée sur la religion, qui nécessitait de nombreux prisonniers à sacrifier, les autres charges les plus prestigieuses étaient militaires, et seuls pouvaient y aspirer ceux qui s'étaient distingués au combat.


Prêtres :


VOIR LE SUJET DANS CETTE MEME SECTION SUR LES DIEUX AZTEQUES

Les prêtres étaient exemptés d'impôts et menaient une vie célibataire, rythmée par les jeûnes, les rituels et les pénitences. Ils recevaient leur formation dans le calmecac. Ils avaient un rôle social en s'occupant des hôpitaux et en gardant les livres sacrés. Le clergé recevait de nombreuses offrandes gérée par un trésorier général (tlaquimiloltecuhtli). Le clergé était ouvert aux femmes et hiérarchisé : les temples de quartiers étaient confiés à de simples desservants. Les provinces étaient sous la responsabilité de prêtres supérieurs. À Tenochtitlan, le Mexicatl Teohuatsin était une sorte de vicaire général. Enfin, deux grands-prêtres s'occupaient du grand temple de la capitale.


Marchands :


Il existait enfin une catégorie particulière, celle des marchands appelés pochteca, qui fournissaient Tenochtitlan en produits exotiques. Ils formaient des caravanes et partaient pour des expéditions lointaines jusqu'à l'isthme de Tehuantepec. Ils habitaient leurs propres quartiers, se mariaient à l'intérieur du groupe et avaient leurs propres tribunaux. Servant souvent d'espions (naualoztomeca), ils étaient également appelés à combattre dans les lointaines contrées hostiles où ils s'aventuraient7. Leur position sociale était ambiguë. Le caractère semi-militaire de leurs activités leur conférait des avantages sociaux par rapport aux macehualtin : ils avaient certes le droit de porter des bijoux en or et des vêtements luxueux lors de leurs fêtes, mais en dehors de ces circonstances exceptionnelles, ils devaient conserver une attitude humble pour ne pas heurter les pilli. Leurs enfants pouvaient fréquenter le calmecac, collège réservé à l’aristocratie.
Les commerçants jouissaient de grands privilèges politiques et économiques. Mais ils étaient mal jugés s’ils faisaient étalage de richesse et de gloire. On attendait d’eux un comportement « humble » et parfois les biens des commerçants riches étaient confisqués par l’État. Les marchands étaient dispensés du service personnel et de la participation aux travaux publics organisés par l’État. Si l’on compare cette situation avec celle qui régnait chez les Incas, on s’aperçoit que chez ces derniers la production était plus strictement organisée par le pouvoir central et que cette économie centralisée ne laissait guère place au développement d’une classe de marchands.
Le pochtecatlatoque était un dignitaire, généralement le plus âgé des pochteca, chargé d'organiser le commerce et d'administrer les marchés. Quant aux tlatlani, ils étaient spécialisés dans la traite des esclaves et étaient très riches.


Plébéiens :


Les « macehualtin » (sing. « macehualli »), c'est-à-dire les gens du commun, formaient la majorité de la population. Ils étaient astreints au service militaire ainsi qu'aux travaux collectifs et devaient payer un tribut à l'État aztèque. Groupés en « calpulli » (l'unité sociale de base dans toute la Mésoamérique), ils exerçaient différentes fonctions : artisans, artistes, paysans. Les terres appartenaient collectivement aux « calpulli » et chaque famille en recevait une parcelle en usufruit.
Comme ils accomplissaient un service militaire, il existait une certaine mobilité sociale : le guerrier qui se distinguait au combat en faisant au moins quatre prisonniers sur le champ de bataille pouvait s'élever dans la hiérarchie sociale en accédant au statut de « cuauhpilli », qui lui octroyait certains privilèges héréditaires dont jouissaient les « pipiltin ». Il s'était ainsi formé une aristocratie de rang inférieur au sein de la caste des guerriers jaguars et des guerriers aigles.
Les « macehualtin » n'avaient pas le droit de porter les mêmes vêtements que les « pipiltin » (voir image ci-contre) : si tous portaient une cape ou manteau appelé « tilmatli », celui des « macehualtin » était en fibres de maguey, alors que celui des « pipiltin » était en coton ; de plus, le « tilmatli » des « pipiltin » descendait jusqu'aux chevilles, alors que celui des « macehualtin » ne descendait que jusqu'aux genoux.
Les artisans, appelés « Toltèques » étaient organisés en corporations et avaient leurs propres dieux et lieux de culte.
Au-dessous des « macehualtin », existait une catégorie de déclassés appelés « mayeque », qui ne faisaient partie d'aucun calpulli et cultivaient les terres des seigneurs. Un « macehualli » qui ne remplissait pas ses obligations était susceptible de régresser dans cette catégorie. Les paysans sans terre (« tlalmaitl ») n'étaient pas des citoyens aztèques : ils ne payaient pas l'impôt mais devaient le service militaire.


Groupes sociaux :


À l'origine, la structure tribale des Aztèques, avant que ces chasseurs-cueilleurs chichimèques ne se sédentarisent, était égalitaire et fondée sur l'existence de clans. En revanche, au moment de la conquête espagnole, la société était fortement hiérarchisée, même si une certaine mobilité sociale existait encore. La classe la plus élevée, qui était devenue une sorte d'aristocratie héréditaire au XVIe siècle, était celle des pipiltin.
La deuxième catégorie était les macehualtin, paysans à l'origine. Eduardo Noguera estime qu’à l’époque la plus tardive seulement 20 % de la population se consacrait à l'agriculture et à la production alimentaire ; les 80 % restants de la société étaient des guerriers, des artisans et des commerçants. Finalement, la plupart des mācehuallis se consacraient aux métiers d’art. Leurs œuvres constituaient une source importante de revenus pour la ville.
Les marchands itinérants appelés pochtecas constituaient une classe à part, petite mais importante non seulement par son rôle dans le commerce, mais aussi par leur rôle d’informateurs du pouvoir.


Aristocratie :


L'aristocratie aztèque est composé de deux groupes sociaux. Les lignées aristocratiques commençaient même à se définir par rapport à un passé mythique rattaché à des ancêtres toltèques voire à la descendance du dieu Quetzalcoatl.

Au sommet de la pyramide sociale, on trouvait les tecuhtli ( « dignitaires », « seigneurs »), que les chroniqueurs espagnols appelaient généralement « caciques ». En principe élus à des fonctions administratives, militaires ou religieuses, ils étaient généralement désignés à vie par leurs concitoyens, mais toujours avec l'aval du pouvoir central qui devait confirmer ce choix et les nommait parfois même directement. Pour assurer les frais souvent élevés de leur fonction, ils bénéficiaient des revenus des terres qui leur étaient attribuées et recevaient en outre une part des tributs prélevés sur les peuples de l'empire. Ils ne payaient pas d'impôts.

Dans la société aztèque, le titre nahuatl de « tecuhtli » (au pluriel, « tetecuhtin »), également restranscrit sous la forme « teuctli » (plur. « teteuctin »)1 et généralement traduit par « dignitaire » ou « seigneur », distinguait la couche supérieure de la classe dirigeante du reste de la population. Leurs descendants étaient nommés « pilli » (plur. « pipiltin »), équivalent du terme espagnol « hidalgo » (« fils de quelqu'un »).


Un statut social d'importance variable :


Ces dirigeants, que les Conquistadors dénommèrent « caciques »4, pouvaient aussi bien être de relativement modestes calpullec (chefs de village ou de quartier de la capitale), que des fonctionnaires de rang élevé (chef de l'administration des finances, par exemple), des juges importants ou de grands chefs militaires. Ce titre était également donné au dirigeant d'une cité étrangère quand celle-ci était incorporée à l'empire aztèque. Il s'appliquait même à l'empereur et aux dieux (Mictlantecuhtli, par exemple, était le « seigneur de l'inframonde »).
Il était en revanche rarement donné aux prêtres, qui avaient leur propre système hiérarchique.


Une aristocratie choisie :


Les tecuhtli étaient désignés à vie par leurs concitoyens, mais toujours avec l'aval du pouvoir central qui devait confirmer ce choix et les nommait parfois directement. La succession du tecuhtli à ses fonctions se faisait presque toujours par un membre de sa famille, généralement son fils, son neveu ou son frère, « pourvu qu'il y en ait un et qu'il soit apte à sa fonction ». Sous Moctezuma II, les tecuhtli constituaient donc une vraie forme d'aristocratie, toutefois moins rigide que celles d'Europe, leurs descendants n'étant jamais assurés de leur succéder, un parent éloigné pouvant être choisi à leur place voire un membre d'une autre lignée pouvant être nommé d'office par les autorités impériales. Les charges les plus élevées, celles de tlatoani et des quatre « sénateurs » qui l'entouraient, faisaient en revanche l'objet d'une élection plus ouverte, même si, selon Tezozomoc, une réaction aristocratique se serait produite au XVIe siècle, les plébéiens étant écartés de ces fonctions.


Fonctions :


Ces dirigeants étaient à la fois des émissaires, des chefs militaires et des intendants.
En effet, un tecuhtli était responsable en premier lieu de représenter ses administrés devant les autorités supérieures, aussi bien pour faire valoir leurs droits à la propriété (si un peuple voisin empiétait sur leurs terres) que pour négocier des baisses d'impôts ou encore porter en appel les litiges devant le tribunal de Texcoco ou de Mexico.
En cas de conflit armé, c'est lui qui devait conduire au combat les troupes réquisitionnées.
Enfin, il était responsable du versement du tribut impérial aux « calpixque », et donc de l'organisation de la production agricole et artisanale.
En tant que dirigeant, il se devait d'organiser chez lui les fréquentes réunions du conseil de sa localité et d'offrir à boire et à manger aux vieillards.
S'il était un « calpullec » de Mexico-Tenochtitlan, il était tenu de se rendre tous les jours au palais pour y recevoir les ordres du « Uey calpixqui ».
Comme l'ensemble de ces charges pouvaient s'avérer lourdes selon l'importance de la localité qu'il dirigeait, il pouvait les déléguer à des fonctionnaires locaux mais qu'il devait lui-même rémunérer sur le produit de ses terres et les « soldes et rations » que lui versait le pouvoir impérial.


Privilèges :


Les tecuhtli, en contrepartie des fonctions qu'ils assumaient, bénéficiaient d'un prestige mis en évidence par la particule -tzin associée à leur nom, et d'un niveau de vie supérieur caractérisé par leur tenue vestimentaire luxueuse (vêtements, bijoux), par leur tecalli (résidence parfois assez modeste mais toujours plus luxueuse que celle des concitoyens qu'ils dirigeaient et qui devaient à leur chef « le bois et l'eau », c'est-à-dire l'entretien de sa demeure et de ses terres), par les « rations » (en tissus, vêtements, vivres) qu'ils recevaient du pouvoir central et par l'exonération fiscale de toute leur famille.
L'étiquette sociale considérait honorable que les tecuhtlis et les membres masculins de leur famille apprennent et pratiquent, outre l'organisation de l'agriculture et la direction des hommes, certains métiers artisanaux comme plumier, orfèvre ou joaillier pour mieux entretenir leur famille. En revanche, les métiers plus pénibles physiquement de négociant (qui portaient leurs marchandises sur le dos), cultivateur ou bûcheron leur étaient interdits car indignes de leur rang.

Au moment de l'arrivée des Espagnols, pilli étaient en voie de devenir une « noblesse » héréditaire : leurs enfants faisaient automatiquement partie des pipiltin (sing. pilli). À ce titre, ils étaient exemptés d'impôt et ils avaient accès aux meilleures écoles, appelées calmecac. Comme ces écoles formaient les prêtres (tlamacazqui), les pipiltin représentaient donc également l’essentiel de la hiérarchie religieuse, même si la prêtrise était accessible aux membres des classes inférieures. La société aztèque étant essentiellement fondée sur la religion, qui nécessitait de nombreux prisonniers à sacrifier, les autres charges les plus prestigieuses étaient militaires, et seuls pouvaient y aspirer ceux qui s'étaient distingués au combat.

Un « pilli » (pluriel : « pipiltin » ; en nahuatl, « fils (de tecuhtli) », équivalent du terme espagnol « hidalgo ») était, dans la société aztèque, le titre donné aux fils des membres de la couche supérieure de la classe dirigeante, les « tecuhtli ».


Marchands :


Les commerçants étaient divisés en deux classes : les tlanamaca, qui vendaient sur les marchés de leur environnement proche des produits issus souvent de leur propre production et portés par eux-mêmes et leurs proches, et les pochteca, qui étaient spécialisés dans le commerce de longue distance et qui faisaient transporter leurs produits par des porteurs professionnels (les tlameme).
Les pochteca constituaient un groupe social très distinct des autres : ils habitaient des quartiers qui leur étaient réservés, se mariaient entre eux et avaient leurs propres tribunaux. C'est le caractère semi-militaire de leurs activités qui explique en partie ces particularismes. En effet, comme ils formaient des caravanes et partaient pour des expéditions lointaines, jusqu'à l'isthme de Tehuantepec, pour fournir Tenochtitlan en produits exotiques, ils servaient également souvent d'espions (naualoztomeca) et devaient fréquemment combattre dans les lointaines contrées hostiles où ils s'aventuraient.
Ce rôle important dans la société aztèque leur conférait des avantages sociaux par rapport aux autres plébéiens : ils étaient dispensés du service personnel et de la participation aux travaux publics organisés par l’État ; leurs enfants pouvaient fréquenter le calmecac, collège réservé à l’aristocratie ; ils avaient également le droit de porter des bijoux en or et des vêtements luxueux lors de circonstances exceptionnelles, comme certaines fêtes. En revanche, même si ces commerçants jouissaient de grands privilèges politiques et économiques, ils devaient éviter de faire étalage de richesse et de gloire pour ne pas heurter les pipiltin et leur donner l'impression d'empiéter sur leurs privilèges. On attendait d’eux un comportement « humble » et parfois les biens des commerçants riches étaient confisqués par l’État.
Le pochtecatlatoque était un dignitaire, généralement le plus âgé des pochteca, chargé d'organiser le commerce et d'administrer les marchés. Quant aux tlatlani, ils étaient spécialisés dans la traite des esclaves et étaient très riches.


Esclaves :


L'esclavage existait chez les Aztèques : les esclaves appartenaient à un maître et n'avaient pas de droits civiques. Certains d'entre eux, capturés à la guerre, étaient destinés à être sacrifiés. Les autres, appelés tlatlacotin, pouvaient le devenir pour des raisons diverses : pour avoir commis un délit, ou encore parce qu'ils s'étaient vendus eux-mêmes ou avaient été vendus par leurs parents, lors d'une famine par exemple ou pour payer des dettes.
Ils semblent avoir été bien traités, et certains possédaient des biens, des terres et même d'autres esclaves. Cependant, dès qu'ils devenaient esclaves, tous les animaux et tout l'argent qu’ils possédaient allaient à leur acheteur. Ils pouvaient se marier et leurs enfants étaient libres. Les femmes esclaves pouvaient être mises en liberté si elles avaient des enfants avec leur maître ou si elles étaient mariées avec lui. Les esclaves pouvaient acheter leur affranchissement ou être libérés à la mort de leur maître. En règle générale, à la mort du maître, les esclaves qui avaient rendu des services remarquables étaient libérés. Les autres esclaves étaient transmis dans le cadre de l’héritage. Les empereurs pouvaient décider d’affranchissements massifs. Au moment de la vente d'esclaves, ceux qui réussissaient à s'enfuir et à franchir la porte du palais devenaient libres.


Éducation :


La civilisation aztèque est l’une des premières du monde à avoir imposé une éducation à tous les enfants, quel que soit leur sexe ou leur rang social. Dans un premier temps, jusqu’à l’âge de quatorze ans, les enfants étaient éduqués par leurs parents dans le cadre du calpulli. Ils allaient régulièrement au temple local pour être testés. L’apprentissage de formules appelées huehuetlatolli (« paroles de l’ancien ») constituait une grande partie de l’enseignement. Il s’agissait le plus souvent de formules pieuses et de proverbes basés sur les valeurs de la société aztèque. Elles étaient empruntées au fonds culturel nahua et ont évolué au cours des siècles. Les pères enseignaient à leurs filles à rester propres mais de ne pas trop se maquiller pour ne pas ressembler à des ahuianis. Les mères leur apprenaient à toujours aider leur futur mari. Les filles apprenaient les techniques artisanales et à élever les enfants. Elles n’apprenaient ni à lire, ni à écrire. Les garçons devaient être humbles, obéissants et travailleurs.
En principe, les enfants et les adolescents entre 10 et 15 ans devaient fréquenter les écoles qui étaient de deux types : les telpochcalli (« maison des jeunes ») dispensaient un enseignement de base (histoire, religion, artisanat, agriculture) et militaire. L'enseignement était gratuit pour les filles et les garçons dans les collèges de quartier. Les calmecac étaient spécialisées dans l’écriture, l’astronomie, l’administration et la théologie. Elles étaient fréquentées principalement par les fils des pillis. Les professeurs (tlamatimine) y imposaient une éducation sévère : bains froids le matin, punitions corporelles, saignées, tests d’endurance. Elles formaient des chefs (tlatoque), des prêtres (tlacuilo), des professeurs (tlatimini), des guérisseurs (tizitl) et des artistes (tlacuilos). Les élèves apprenaient les rituels, l’histoire, le calendrier aztèque, la géométrie, la poésie et les arts martiaux (telpochcalli).


Condition féminine :


Certaines filles devenaient sages-femmes et recevaient le même apprentissage que les guérisseurs. Des peintures représentent des femmes présidant des cérémonies religieuses, mais il n’existe aucune référence à des femmes prêtresses. Enfin, quelques-unes étaient choisies pour intégrer la maison du chant et de la danse, d’autres pour le jeu de balle, deux occupations de haut rang social.


Économie :


L’économie aztèque peut être divisée en un secteur public, placé sous le contrôle des nobles et des rois, et un secteur commercial qui fonctionnait de manière indépendante du pouvoir politique. Le secteur public de l'économie reposait sur le contrôle des terres et du travail par les tlatoque et les pipiltin, qui possédaient toutes les terres ; les macehualtin avaient accès aux terres agricoles et à d'autres domaines grâce à une variété d'arrangements, de la location par le biais du métayage, jusqu’au servage et à l'esclavage. Ces redevances des roturiers aux nobles permettaient à la fois un mode de vie somptueux pour la haute noblesse et le financement des altepeme. De nombreuses marchandises de luxe étaient produites pour la consommation des nobles. Les producteurs de plumes, de sculptures, de bijoux et autres articles de luxe étaient des spécialistes qui travaillaient à temps plein pour les nobles qui les employaient.


Agriculture :


La prospérité de la civilisation aztèque a en grande partie reposé sur une agriculture efficace qui a permis de nourrir des millions d’individus. Les Aztèques ont d’abord pratiqué une agriculture vivrière pluviale qui s’est améliorée progressivement.
La principale méthode d'agriculture intensive était la culture en terrasses au moyen de murets en pierre. Dans les vallées et les bassins, les paysans aztèques utilisaient diverses techniques d’irrigation, telles que les canaux et les digues ; au XVe siècle, une grande partie des eaux de la rivière Cuauhtitlan ont notamment été détournées à des fins d'irrigation des champs vers le lac Zumpango.
Dans les régions marécageuses du Lac Xochimilco, les Aztèques ont créé de nouvelles terres cultivables grâce aux chinampas, ancienne technique maya de jardins flottants. Pour cela, ils prélevaient de la boue dans le fond du lac qu’ils déposaient sur de larges radeaux constitués de branches et de végétaux coupés. Ces îlots artificiels étaient séparés par des canaux étroits qui permettaient aux paysans de circuler en canots. Ces chinampas étaient très fertiles et pouvaient produire plusieurs récoltes par an. Avant d’effectuer les plantations, les agriculteurs créaient d'abord des pépinières, sur des radeaux de roseaux, où ils semaient des graines pour les faire germer. Ensuite, les plants étaient repiqués dans les chinampas. Cette méthode entraînait une réduction considérable du délai entre les récoltes successives.
Les villes possédaient également de petits champs et des jardins : chaque famille pouvait ainsi faire pousser du maïs, des fruits, des plantes médicinales. Parmi toutes les plantes cultivées par les Aztèques, le maïs était l’une des plus importantes et constituait l’essentiel de leur alimentation. Pour préparer la tortilla Les femmes produisaient de la farine en écrasant le maïs avec une meule en pierre appelée mano frottée contre une pierre plate appelée metate. Cette céréale était cultivée en terrasse, en vallée et dans les chinampas. Le maïs était stocké, dans les champs, dans des greniers en céramique (cuezcomatl) ou des casiers en bois verticaux ; il était également stocké dans les habitations, parfois dans une salle dédiée, mais il n'y a pas de trace de greniers collectifs de grande dimension, hormis dans les palais des dirigeants.
Les autres productions agricoles de l’Empire aztèque était l’avocat, les haricots, les courges, les patates douces, les tomates, l’amarante, la sauge, le piment. Dans les régions littorales tropicales poussaient le coton, le cacao et l’arbre à caoutchouc. On attribue également aux Aztèques la domestication d’une sous-espèce de dindon sauvage, Meleagris gallopavo , originaire de cette région.


Transports :


En l'absence d'animaux de trait et de véhicules à roues, le principal mode de transport utilisé en Mésoamérique était la marche à pied.
Pour transporter des produits, on utilisait le plus souvent un mecapal, système de sangle frontale en coton ou en fibre de maguey attachée à deux cordes qui supportent le poids des produits chargé sur le dos. Ce travail devint, au moins à partir de l´expansion des territoires tributaires de la Triple Alliance, la principale fonction d´ouvriers spécialisés ; ces porteurs (tlameme en nahuatl) étaient entraînés dès l´âge de cinq ans. Adultes, ils transportaient généralement des charges de près de 23 kg sur des distances de 21 à 28 km.
En Mésoamérique, les routes ont été conçues pour voyager à pied, donc sur de courtes distances et en se souciant moins, en comparaison avec les voies carrossables, des difficultés de franchissement liées à la nature du terrain. La principale contribution de l'État aztèque fut le développement d'un réseau de communication avec les villes tributaires. Habituellement, ces routes étaient entretenues grâce à un tribut, et les voyageurs avaient à leur disposition des endroits pour se reposer et manger et même pour utiliser des latrines à intervalles réguliers, environ tous les dix ou quinze kilomètres. Des coursiers (paynani) circulaient constamment sur ces voies, pour garder les Aztèques au courant des événements, et aider à contrôler l'intégrité des routes[réf. nécessaire].
Dans la vallée de Mexico, la présence d'un grand bassin lacustre permit aux peuples indigènes de développer la navigation sur canot et de s'affranchir ainsi des limitations physiques du transport pédestre. En effet, l'usage d'embarcations permettait à une seule personne de transporter près d'une tonne de produits par jour, soit environ 40 fois plus qu'à pied avec un mecapal. En conséquence, la navigation s'était développée de manière tellement importante sur le bassin de Mexico à l'époque aztèque que le conquistador Bernal Díaz del Castillo évoque au début du XVIe siècle une « multitude de canots » et que la carte de Mexico-Tenochtitlan attribuée à Hernán Cortés représente de nombreuses embarcations.
De ce point de vue, l'implantation de la capitale aztèque au milieu du lac Texcoco représentait un grand avantage logistique, qui était indispensable à l'approvisionnement en nourriture d'une grande métropole, tout comme les nombreuses ressources alimentaires de cet écosystème lacustre et la possibilité d'y cultiver intensivement sur chinampa. Ces avantages contredisent le mythe d'une sédentarisation subie dans un environnement hostile.


Monnaies :


Le chroniqueur espagnol Alonso de Zurita affirme que les Aztèques n'utilisaient pas de monnaie, mais il faut le comprendre, selon la mésoaméricaniste Jacqueline de Durand-Forest, au sens exclusif d'« espèce métallique frappée du sceau de l'État ou du Prince ». En réalité, les recherches historiques contemporaines attestent que plusieurs types de monnaies étaient utilisées régulièrement, en particulier les graines de cacao, le coton, de petites haches en cuivre et la poudre d'or (stockée dans des calamus de plume), ainsi que des plaques d'étain, des perles de jade en collier, des bouts de cuivre en forme de T appelés « aigles de Moctezuma » (« quauhtli »), du sel, des cloches en bronze, des coquillages du genre Spondylus en provenance du Pacifique peints en rouges et des pierres précieuses.
Les petits achats étaient réglés avec des fèves de cacao, qui étaient importées des zones tropicales du sud de la Mésoamérique, principalement du Xoconochco (le plus méridional des territoires tributaires du pouvoir mexica) ; une liste de prix dans les marchés coloniaux de 1545 indique ainsi qu'un petit lapin valait 30 fèves, un œuf de dinde 3 fèves, et un tamal une seule. Cette monnaie d'échange était tellement courante qu'elle faisait l'objet de contrefaçons utilisant des haricots colorés, et de lois spécifiques pour punir ces contrefaçons.
Pour des achats plus importants, les Aztèques utilisaient des quachtli, sortes de capes ou de couvertures en coton de longueur standard ; il existait différentes qualités de quachtli, d'une valeur allant de 65 à 300 fèves de cacao. Selon Motolinia, avec 20 quachtli on pouvait entretenir un roturier pendant un an à Mexico-Tenochtitlan. Un homme pouvait aussi vendre sa propre fille comme esclave sexuelle ou pour un sacrifice religieux, généralement environ 500 à 700 fèves. Une statue en or de petite taille (environ 0,62 kg) coûtait 250 fèves. La monnaie était utilisée principalement dans les nombreux marchés qui avaient lieu périodiquement dans chaque ville. Toutefois, cette base monétaire de fèves de cacao ou de quachtli de coton servait rarement à échanger des services et jamais pour des terres.


Commerce :


Dans l'empire aztèque, le commerce était extrêmement développé. Une circulation de biens entre les hautes terres productrices de maïs, de haricots, entre autres, et les basses terres côtières tropicales beaucoup plus riches et qui fournissaient le cacao, le coton, les plumes d’oiseaux pour les parures, l'obsidienne, donnait lieu aux activités d’une classe spécialisée de marchands, les pochteca. Cette circulation marchande doublait la circulation des mêmes produits sous la forme du tribut à l’État aztèque. Dans une lettre à Charles Quint, Hernan Cortez décrivit les immenses marchés de Tenochtitlan. Il a rapporté que le marché central de Tlatelolco, ville jumelle de Tenochtitlan, recevait 60 000 visiteurs par jour. Un village typique avait un marché hebdomadaire (tous les 5 jours), alors que dans les grandes villes des marchés se tenaient tous les jours.
Sur ces marchés, chaque produit avait un lieu de vente déterminé. La vente se réalisait à la pièce ou à la mesure. Les jours de marché étaient fériés. Des tribunaux spéciaux, contrôlés par les marchands, tranchaient les conflits entre vendeurs et acheteurs et le chef des marchands fixait le prix des marchandises. Il était interdit de vendre les produits en dehors des places de marché. Sur les marchés plus petits et dans les localités de moindre envergure, le commerce était aux mains de marchands appelés tlanecuilo. Ils vendaient des produits de consommation courante et de la nourriture. Les marchés locaux étaient essentiels pour les populations étant donné que les Aztèques n’avaient pas d’animaux de trait ou de bât.
Certains vendeurs sur les marchés étaient de petits vendeurs, des agriculteurs pouvaient vendre certains de leurs produits, les potiers vendaient leurs vaisselle, et ainsi de suite. D'autres fournisseurs étaient des marchands professionnels qui voyagaient d'un marché à l’autre à la recherche de profits. Les pochtecas étaient des marchands spécialisés organisés en corporations exclusives. Ils entreprenaient de longues expéditions dans toutes les régions de la Mésoamérique, et ils servaient de juges et de superviseurs au marché de Tlatelolco. Bien que l'économie des Aztèques du Mexique fût commerciale (par l’utilisation de la monnaie, les marchés et les commerçants), ce n'était pas, selon Michael E. Smith « une économie capitaliste parce que la terre et le travail n'étaient pas des produits à vendre. »


Tribut :


Plusieurs pages du codex Mendoza énumèrent les villes tributaires avec les marchandises qu'elles ont fournies, qui comprennent non seulement des objets de luxe, comme des plumes, des costumes ornés et des pierres vertes, des perles, mais aussi beaucoup de biens d’usage courant, comme le tissu, le bois de chauffage et la nourriture. Un tribut était généralement payé en deux ou quatre fois par an à des périodes différentes.
Des fouilles archéologiques dans les provinces aztèques ont montré que l'incorporation dans l'empire avait à la fois des coûts et des avantages pour les peuples d’une province. Sur le plan positif, l'empire pouvait promouvoir le commerce et les échanges de marchandises exotiques allant de l'obsidienne au bronze pouvaient atteindre les maisons des roturiers aussi bien que celles des nobles. Les partenaires commerciaux comprenaient l'ennemi tarasque, fournisseur d’outils en bronze et de bijoux. Sur le plan négatif, le tribut impérial imposait un fardeau sur les foyers, qui devaient travailler davantage pour payer leur part du tribut. Les nobles, d'autre part, étaient bien souvent exclus du tribut bien que soumis au pouvoir impérial, à cause de la nature décentralisée de l'organisation impériale. L'empire devait compter sur les rois et les nobles locaux et leur offrait des privilèges pour qu’ils l’aident au maintien de l'ordre et au versement du tribut.


Exportations et importations :


Les Aztèques admiraient tellement l’artisanat mixtèque qu'ils avaient fait venir des artisans à Tenochtitlan et leur demandaient de travailler dans le style mixtèque. Les Aztèques admiraient également les codex mixtèques, aussi certains d'entre eux ont été réalisés par les Mixtèques pour les Aztèques. À l’époque tardive, les femmes de la haute société aztèque ont commencé à porter des vêtements mixtèques, en particulier le quexquemetl. Il était porté sur le huipil traditionnel, et très convoité par les femmes qui n'avaient pas les moyens de s’offrir ces marchandises importées. La situation était analogue à bien des égards à celle de la culture phénicienne, qui a importait et imitait les objets d'art des cultures qu'ils rencontraient.
Les archéologues n'ont généralement pas de problème pour faire la différence entre les objets mixtèques et aztèques. Toutefois, les Mixtèques fabriquaient des produits spécifiquement conçus pour l’exportation, ce qui rend la classification plus problématique. En outre, la production artisanale était un élément important de l'économie des Mexicas, qui fabriquaient également des pièces destinées à être exportées.


Religion :


Caractérisée par son syncrétisme, la mythologie aztèque était un mélange de traditions polythéistes, chamanistes et animistes héritées pour la plupart de civilisations mésoaméricaines plus anciennes. Comme la plupart des autres mythologies de Mésoamérique, donc, elle était principalement astrale et déterminée par l'observation du ciel, et, dans son panthéon caractéristique, le dieu de la pluie ou l'eau (Tlaloc) et le serpent à plumes (Quetzalcoatl) tenaient une place très importante aux côtés de Huitzilopochtli, le dieu tribal originel des Mexicas.


Cosmogonie :


Les dieux, selon les croyances en vigueur au Mexique à l'époque aztèque (XIVe siècle de notre ère), avaient successivement créé quatre mondes ou « soleils », chaque fois anéantis. Le premier, formé sous un Soleil d'escarboucles (autre nom du rubis, pierre précieuse d’un rouge vif), disparut dans des cataractes torrentielles ; les quelques êtres humains qui survécurent devinrent des poissons. Le deuxième monde, constitué sous un Soleil de feu, fut détruit par des jets de flammes, et les hommes furent changés en divers animaux. Le troisième monde, né sous un Soleil noir, fut englouti à la suite d'un tremblement de terre, et les hommes furent dévorés par les bêtes sauvages. Le quatrième monde, apparu sous le Soleil de l'air, s'acheva par la métamorphose des hommes en ouistitis. Enfin, un cinquième monde fut créé par Quetzalcoatl et Xólotl, qui connut le Déluge universel : seuls un homme et une femme parvinrent à gagner le sommet de la montagne et évitèrent l'extermination ; ils repeuplèrent la terre telle que devait la connaître et la travailler le peuple aztèque.


Divinités :


La religion aztèque comportait un grand nombre de dieux, en particulier pour tous les phénomènes naturels, ainsi que pour la vie quotidienne. Il existait par exemple 400 dieux pour le pulque, c'est-à-dire la sève fermentée de l'agave (le nombre 400 symbolisant l'infini).
Mais même s'il intégrait avec une facilité exceptionnelle de nombreux dieux étrangers, le panthéon aztèque restait dominé par leur dieu tribal originel du soleil et de la guerre, Huitzilopochtli, dont ils se considéraient comme le peuple élu110.
Avec Tlaloc, le dieu de la pluie et de l'agriculture qu'on retrouve sous différents noms au sommet du panthéon de toutes les civilisations mésoaméricaines, ils avaient leur temple sur la pyramide principale du Templo Mayor de la capitale et leurs prêtres étaient au faîte de la hiérarchie sacerdotale. Quetzalcoatl (dieu de la civilisation, d'origine toltèque) et son ennemi Tezcatlipoca (dieu de la mort) étaient également très vénérés.


Vie après la mort :


Selon les croyances aztèques, les guerriers morts au combat ou sacrifiés se rendaient au ciel oriental près du Soleil puis revenaient sous forme d'un papillon ou d'un colibri au bout de quatre ans. Mais les gens du commun n'échappait pas au Mictlan et disparaissaient après un voyage difficile de quatre ans. Les noyés allaient au tlalocan, « paradis » du dieu de la pluie Tlaloc.


Rites :


La vie rituelle aztèque était intense et réglée par le calendrier aztèque, en particulier le tonalpohualli, calendrier divinatoire sacré de 260 jours.


Religion aztèque :


La religion aztèque était le culte que rendaient les Aztèques aux divinités de leur mythologie. L'importance sociale de ses rites et de son Église était particulièrement marquée.
Comme d'autres religions mésoaméricaines, elle a eu recours aux sacrifices humains associés à des festivités fixées par le calendrier aztèque.
La religion chez les Aztèques est principalement astrale et se caractérise par un panthéon illimité. Il s'agit en effet d'une religion strictement fonctionnaliste c’est-à-dire que les dieux, voués à la conservation du monde, sont affectés à des tâches précises d'assistance aux hommes.
Il existait toutefois un culte dominant, celui du dieu tribal aztèque, Huitzilopochtli. Les Aztèques se considéraient en effet comme le peuple élu de cette divinité solaire et chargés d'en assurer la marche en le nourrissant. Ce sentiment avait été renforcé par la réforme sociale et religieuse de Tlacaelel sous le règne des empereurs Itzcoatl, Moctezuma Ier et Axayacatl au milieu du XVe siècle.
Chacune des divinités les plus importantes (Tlaloc, Huitzilopochtli, Quetzalcoatl, Tezcatlipoca) avait leur temple dans la capitale de l'Empire aztèque Tenochtitlan : Tlaloc et Huitzilopochtli étaient vénérés au Templo Mayor.


Mythologie :


Les dieux aztèques sont souvent empruntés à d'autres cultures : par exemple le dieu de la fertilité, Xipe Totec, était vénéré par les Yopi (le nom nahuatl du peuple tlapanèque). Tezcatlipoca et Quetzalcoatl étaient déjà l'objet d'un culte par des civilisations plus anciennes de Mésoamérique et furent adorés par différentes cultures sous différents noms. Il existait des temples particuliers pour les dieux étrangers non assimilables dans le panthéon aztèque1 : à Tenochtitlan il s'appelait Coacalco, la maison du serpent.


Clergé :


Les prêtres, qui exerçaient l'autorité quand les Aztèques étaient un peuple migrant, voient celle-ci s'amenuiser au profit de l'aristocratie guerrière mais ils restent dispensés d'impôts. De plus leur nombre a tendance à s'accroître dans les dernières années de l'empire. À la tête du clergé l'on trouve les prêtres de Huitzilopochtli, dieu tribal des Aztèques, et de Tlaloc, dieu de la pluie.


Hiérarchie sacerdotale et lieux de cultes :


Dans la langue nahuatl, le mot tlamacazqui désigne les prêtres, dont la fonction principale était d'honorer les dieux par des offrandes, des sacrifices et des cérémonies.
Le tlatoani de Tenochtitlan dirigeait le culte de Huitzilopochtli et contrôlait donc la religion d'État. Il devait accomplir des rites tout au long de sa vie. Le principal centre cultuel de la capitale était le Templo Mayor, une double pyramide, chacune coiffée d'un temple à son sommet. Coatepetl était dédié à Huitzilopochtli et l'autre à Tlaloc. Un grand prêtre était responsable de chacun des deux temples : celui de Huitzilopochtli était appelé Quetzalcoatl Totec Tlamacazqui et celui de Tlaloc Quetzalcoatl Tlaloc Tlamacazqui2. Les autres temples importants se trouvaient dans chacune des quatre divisions de la capitale aztèque : par exemple le temple appelé Yopico était situé dans le Moyotlan et était dédié à Xipe Totec. Tous les calpullis possédait un lieu de culte voué au dieu protecteur. Les prêtres d'origine nobles étaient formés dans une école appelée Calmecac (sorte de collège religieux), les autres dans les Telpochcalli.


Rites :


La religion faisait partie de la vie quotidienne des Aztèques. Elle était contrôlée par le tlatoani et par le clergé de Tenochtitlan. C'est là qu'étaient organisés des festivités mensuelles et des rituels destinés à protéger la dynastie et la stabilité du monde. Mais chaque groupe social vénérait sa propre divinité : ainsi les pochteca (marchands) célébraient une divinité spécifique au cours d'une fête appelée Tlaxochimaco, au cours de laquelle des esclaves étaient sacrifiés. Une autre fête appelée Ochpaniztli, tous les participants prenaient des bains rituels. La cérémonie la plus impressionnante était celle du Feu Nouveau qui avait lieu tous les 52 ans : tous les sujets de l'Empire aztèque recevaient le feu nouveau du Mont Huixachtlan, allumé sur une personne offerte en sacrifice par le haut clergé. Les tonalamatl étaient des livres qui fixaient le destin des Aztèques et les dieux auxquels ils appartenaient.


Calendrier :


Calendrier aztèque :



Le calendrier aztèque était intimement lié à la mythologie aztèque. Il en existait trois :
1. le tonalpohualli, calendrier divinatoire sacré de 260 jours, regroupés en 20 groupes (treizaines) de 13 jours auxquels correspondait un symbole (par exemple : le lapin, tochtli) ;
2. le xiuhpohualli, calendrier solaire de 365 ou 365,25 jours (trois ans de 365 jours suivis d'une hypothétique année de 366 jours), faisant office de calendrier civil. Divisé en 18 mois de 20 jours appelés « vingtaines », ce calendrier comportait également, pour s'approcher au maximum de l'année tropique, un « mois » de cinq jours épagomènes néfastes appelé nemontoni ou nemontemi, auxquels s'ajoutait peut-être un sixième jour tous les quatre ans1 ;
3. un calendrier vénusien de 584 jours, qui venait en concordance avec les 2 autres tous les 104 ans solaires.
Influence maya :
Les calendriers aztèques sacré et solaire proviennent en fait des calendriers mayas. Ainsi, la construction et le fonctionnement du calendrier Tonalpohualli correspondent au calendrier sacré maya (Tzolkin), où seuls les glyphes et les dieux protecteurs changent. Il en va de même pour le calendrier Xiuhpohualli, analogue du calendrier Haab solaire maya.


Origine et correspondance des temps :


Tout calendrier possède une origine des temps (fondation légendaire de Rome, naissance du Christ, hégire, etc.). Pour le calendrier aztèque, cette origine n'est pas encore connue avec précision.
Pour la correspondance avec le calendrier julien, on a donc dû procéder autrement. La référence correspond à la chute de Tenochtitlan (capitale de l'empire aztèque, sur le site Mexico) : le 13 août 1521 du calendrier julien et le jour 1-coatl d'une année 3-calli du calendrier aztèque.
Le calendrier julien fut corrigé par le pape Grégoire 13 en 1582 (suppression de 10 jours en octobre et suppression des années bissextiles des siècles non divisibles par 400). Pour calculer les dates aztèques, il faut donc tenir compte du calendrier julien et non grégorien.
L'origine du calendrier sacré maya correspond au 12 août 3114 ACN (grégorien), probable date de la naissance mythologique du monde. Le cycle actuel se terminera le 20 décembre 2012 PCN.


Calendrier sacré – Tonalpohualli :


Il faut se figurer le calendrier sacré comme un système de deux roues dentées s'entrainant l'une l'autre. La première portait des nombres de 1 à 13, et la seconde vingt glyphes, soit 260 combinaisons possibles. L'année rituelle comptait donc 260 jours. Chaque glyphe se traduisait par un mot rattachant le jour à un dieu et possédait de ce fait un aspect divinatoire.


Les jours :


Le jour était ainsi défini par l'association de ces deux éléments: le nombre et le glyphe. Les jours -pluie et -vent avaient la particularité d'utiliser les glyphes des dieux correspondants : Tlaloc et Ehecatl. L'ordre sur chacune des "roues" était fixe ; la séquence des nombres était bien entendu celle de 1 à 13, celle des glyphes était la suivante :


Glyphes Aztèques.


Glyphes Aztèques.


Glyphes Aztèques.


Calendrier Aztèque.


deux roues tournaient simultanément, aussi quand on avançait d'un nombre, il fallait également avancer d'un glyphe. A 1-crocodile, succédait ainsi 2-vent, 3-maison, etc. Quand on arrivait à 13-roseau, la roue des nombres achevait un tour et revenait à sa position initiale, sans que celle des glyphes n'ait achevé le sien; on passait donc à 1-Jaguar. Ces tours de la roue des nombres définissaient des cycles de treize jours, les treizaines, sortes de semaines mésoaméricaines rituelles. Après 20 treizaines, on retombait sur la combinaison de base et une année rituelle s'était écoulée.


Le calendrier solaire – Xiuhpohualli :


Pour la datation ordinaire, celle dont on se servait tous les jours, on utilisait un calendrier solaire de 365 jours. L'année commençait le 2 février et était divisée en 18 mois de 20 jours, ce qui le reliait à la roue des glyphes du calendrier sacré. À la fin du dernier mois, on ajoutait cinq ou six jours les (nemontemi)2. Ils permettaient de se caler sur l'année solaire, sans décalage, mais étaient considérés comme particulièrement néfastes. On y évitait donc toute activité susceptible d'irriter les dieux.
L'année portait le nom du dernier jour du dernier mois (le dernier jour ordinaire avant les nemontemi). Seuls 4 glyphes pouvaient tomber à ce moment : Acatl (roseau), tecpatl (silex), calli (maison) et tochtli (lapin). L'année 1-roseau était donc suivie de 2-silex, etc. Toutes les combinaisons étaient épuisées en 52 ans (4x13), ce qui constituait un "siècle" aztèque, dont la première année était toujours une année 1-roseau, sous la protection de Quetzalcoatl, le dieu créateur. Hernan Cortès arriva au Mexique précisément une année 1-roseau, ce qui fut sans doute à l'origine de son assimilation à ce dieu.


Les mois :


Habituellement (voir les deux premières ressources bibliographiques), la date prise en compte pour le début de l'année solaire correspond au 2 février (calendrier julien). Ainsi, Atlcahualco s'étend du 2 au 21 février, Tlacaxipehualitzi du 22 février au 13 mars, etc. Cette correspondance est évidemment indicative, puisque tant le calendrier julien (années bissextiles) que aztèque (cf ci-après) contiennent des ajustements.
1. Atlacahualo : «Arrêt de l'eau» - Consacré à Tlaloc, le Dieu de la Pluie
2. Tlacaxipehualitzi : «Ecorchement des hommes» - Consacré à Xipe Totec.
3. Tozoztontli : «Petite Veille» - Consacré à Coatlicue.
4. Huey Tozoztli : «Grande Veille» - Consacré à Chicomecoatl.
5. Toxcatl : «Sécheresse» - Consacré à Huitzilopochtli et Tezcatlipoca.
6. Etzalcuauliztli : « - Consommation d'etzalli (espèce de bouillie)» - Consacré à Tlaloc.
7. Tecuilhuitontli : «Petite fête des dignitaires» - Consacré à Huixtociuatl.
8. Huey Tecuilhuitl : «Grande fête des dignitaires» - Consacré à Xilonen.
9. Tlaxochimaco : «Offrande de fleurs» - Consacré à Huitzlilopochtli.
10. Xocotl Huetzi : «Chute des fruits» - Consacré à Xiuhtecuhtli, dieu du feu.
11. Ochpaniztli : «Balayage des chemins» - Consacrée aux déesses terrestres.
12. Teotleco : «Retour des dieux» - Consacré à de multiples dieux.
13. Tepeilhuitl : «Fête des montagnes» - Consacré aux cimes et à Tlaloc.
14. Quecholli : «Nom d'un oiseau»; - Consacré à Mixcoatl, Dieu de la Chasse.
15. Panquetzaliztli : «Elévation des étendards» - Consacré à Huitzlilopochtli.
16. Atemoztli : «La descente de l'eau» - Consacré aux Tlaloque et à Tlaloc.
17. Tititl : «rétrécissement» - Consacré à Illamatecuhtli.
18. Izcalli : «Croissance» - Consacré à Xiuhtecuhtli, dieu du feu.
- Nemontemi : cinq jours néfastes de jeûne et recueillement du calendrier (ils ne constituent donc pas un mois).


Les porteurs d'années :


Comme on l'a vu, les porteurs d'années sont au nombre de 4.
- Roseau : associées à l'Est, les années Roseau sont chaudes fécondes et fertiles ; symbole d'abondance.
- Silex : associées au Nord, les années Silex sont froides, austères et arides ; symbole des enfers.
- Maison : associées à l'Ouest, les années Maison sont brumeuses, humides et calmes ; symbole du féminin.
- Lapin : associées au Sud, les années Lapin sont changeantes, imprévisibles et lunaires ; symbole de la Lune.


Ajustement :


Les Aztèques savaient qu'un calendrier de 365 jours était trop court pour une année tropique (365.2422 jours). Ainsi, en 249 ACN, le calendrier fut modifié comme suit pour chacune des 4 années:
- Dans le signe Lapin, les nemontemi de l'année Lapin auront six jours sauf l'année 13.
- Dans le signe Roseau, les nemontemi de l'année Roseau auront six jours sauf l'année 13.
- Dans le signe Silex, les nemontemi de l'année Silex auront six jours sauf l'année 13.
- Dans le signe Maison, les nemontemi de l'année Maison auront six jours.
- Le sixième jour de l'année 13 du signe Maison n'est ajouté que s'il ne coïncide pas avec une période de 104 ans (appelée "vieillesse"). Ce sixième jour n'était donc ajouté qu'une fois sur deux à la fin des cycles de 52 ans.
- Si la "vieillesse" coïncide avec un cycle de 260 ans, on ne tient pas compte de la coïncidence vieillesse-cycle 52 ans et on ajoute le sixième jour à la fin de l'année 13 qui termine le cycle de 52 ans. Cette condition n'est appliquée qu'une fois tous les 520 ans (5 X 104 = 2 X 260).
Ainsi modifié, le calendrier aztèque compte 365.2423 jours. À titre de comparaison, une année grégorienne (année julienne modifiée en 1582) vaut 365.2425 jours et un année terrestre est 365.2422 jours. Le calendrier aztèque est donc plus précis que le nôtre !


La Fête du Feu nouveau :


De la combinaison d'une année -sacrée- de 260 jours et d'une autre -civile- de 365 jours, il resulte une concordance toutes les 52 années solaires. On parle alors de Xiuhmolpilli (ligature des années) : le siècle aztèque se termine. La nuit de ce passage d'un siècle à l'autre est une nuit de prière et d'angoisse, où l'on célèbre la Fête du Feu nouveau.
À la minute prévue, les prêtres immolent une victime et essayent de faire jaillir une flamme sur la poitrine ouverte de la victime. S'ils y arrivent, le soleil réapparaitra ; dans le cas contraire, ce serait la fin du monde.
Pourquoi une telle prophétie ? À cause des 5 Soleils. En effet, selon les Aztèques, le monde a déjà connu 4 soleils ; chacun d'eux s'est terminé par un cataclysme. Quant au cinquième soleil, le dernier, il doit se terminer au terme d'un cycle de 52 ans.
- Le 4-jaguar : les hommes furent dévorés par les jaguars (symbole de Tezcatlipoca)
- Le 4-vent : une tempête magique transforma les hommes en singes (symbole de Quetzalcoatl, rival du précédent)
- Le 4-pluie : Tlaloc, dieu de la pluie et de la foudre, submergea l'univers d'une pluie de feu
- Le 4-eau : sous le signe de Chalchiuhtlicue, le monde s'acheva par un déluge de 52 ans
- Le 4-tremblement de terre : le monde doit s'effondrer dans des séismes, puis l'humanité anéantie par les Tzitzimime, monstres habitant à l'occident des marches de l'Univers.
Le rôle des aztèques est de repousser l'échéance, en offrant au Soleil l'eau précieuse (le sang). Ce qu'ils faisaient à la Fête du Feu nouveau, tous les 52 ans, via un sacrifice humain.


Le calendrier vénusien :


Comme nous l'avons déjà vu pour l'ajustement de l'année solaire, les Aztèques utilisaient également une mesure de temps appelée vieillesse (104 années solaires). Elle découle du calendrier vénusien de 584 jours.
Vénus est en effet une des incarnations de Quetzalcoatl ; son cycle était donc parfaitement connu par le clergé. Or 5 années vénusiennes équivalent à 8 années solaires. Ainsi, le chiffre et le signe de l'année solaire sont identiques à ceux de l'année vénusienne au terme d'un cycle de 104 années solaires. Ce cycle se nomme Ueuetiliztli, la vieillesse.


Différentes étapes de la vie :


La religion et les superstitions imprégnaient tous les aspects de la vie quotidienne des Aztèques. Dans les quatre jours qui suivaient sa naissance, l'enfant recevait son nom par un prêtre. Il subissait un lavage rituel et la cérémonie était achevée par un banquet. Une sage-femme s'occupait de la femme enceinte et veillait à ce que certains tabous soient respectés comme celui de ne pas regarder d'objet rouge.
La cérémonie du mariage, organisée chez l'homme, donnait lieu à des rites comme le partage d'un plat commun par les époux. Après quatre jours de prières, le mariage pouvait être consommé sexuellement. La polygamie était une pratique courante, surtout parmi les classes sociales élevées. Certains seigneurs, ainsi que l'empereur, avaient une épouse principale et plusieurs épouses secondaires. Le divorce était autorisé et le remariage possible.
À l'approche de la mort, le vieillard pouvait confesser ses fautes à un prêtre et devait faire pénitence (scarifications, jeûne, offrandes aux dieux). La plupart des morts étaient incinérés : les femmes mortes en couches, les noyés et les foudroyés étaient enterrés. Au cours de la crémation, on brûlait de la nourriture ou un chien, car Xolotl, dieu à tête de chien avait triomphé des enfers. L'esprit du chien était censé guider l'âme du défunt. La famille du défunt devait encore brûler des offrandes 80 jours après le décès. Le corps de l'empereur était incinéré avec un masque de pierre ou de turquoise ; ses cendres étaient placées dans une jarre avec morceau de jade, symbole de vie. Puis, la jarre était entreposée dans le temple de Huitzilopochtli.

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Dernière édition par Crakte Iyo Ctana le Jeu 19 Avr 2012 - 19:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 18:39



Sacrifices humains :


Pour la plupart des gens aujourd'hui, et pour les catholiques européens qui, les premiers, ont rencontrés les Aztèques, la pratique du sacrifice humain était la caractéristique la plus frappante de la civilisation aztèque ; en effet, bien que le sacrifice humain ait été pratiqué dans toute la Mésoamérique, les Aztèques, si on en croit leurs propres récits, ont étendu cette pratique à un niveau sans précédent. La religion aztèque pratiquait le rite du sacrifice humain de manière régulière et massive : Hernán Cortés a estimé que 3 000 à 4 000 personnes étaient sacrifiées par an. Le nombre de sacrifiés le plus important évoqué dans les chroniques apparaît dans le codex Durán, qui affirme qu'en 1487, pour célébrer la rénovation du Templo Mayor de Mexico-Tenochtitlan par Ahuitzotl, 80 400 captifs auraient été sacrifiés en quatre jours ; cependant, outre le fait que le codex Telleriano-Remensis évoque quatre fois moins de victimes, la plupart des experts considèrent que ces chiffres sont surestimés car la simple logistique nécessaire pour sacrifier plusieurs dizaines de milliers de victimes serait prohibitive, si bien que les historiens et les archéologues s'entendent pour dire que 2000 est un chiffre plus vraisemblable. Un consensus similaire a été développé sur les récits de cannibalisme chez les Aztèques.
Si, probablement, ce sont au départ essentiellement des esclaves qui étaient sacrifiés, comme cela resta le cas dans la civilisation maya, le caractère expansionniste de l'Empire aztèque fit des prisonniers de guerre les principales victimes des sacrifices humains avec les esclaves. Réciproquement, le besoin de captifs à sacrifier augmenta avec l'expansion de l'Empire et explique les guerres perpétuelles des souverains successifs.
On sacrifiait également des condamnés, et certains rituels exigeaient le sacrifice de nobles, de femmes vierges, d'enfants ou encore de « personnes marquées », c'est-à-dire présentant une particularité physique, comme les nains et les bossus. Certains Aztèques se portaient aussi volontaires pour être sacrifiés, afin d'être ainsi divinisés, car ils croyaient que leur destin après la mort dépendait non pas de leurs actions sur terre mais de la façon dont ils mouraient, et les deux morts qu'ils considéraient les plus glorieuses étaient la mort au combat et le sacrifice. Cette croyance était largement répandue en Mésoamérique : cela permet d'expliquer que les ennemis capturés ne résistaient pas quand ils étaient sacrifiés, d'autant qu'ils étaient épuisés après leur voyage du champ de bataille au temple, qu'ils trouvaient dans le sacrifice un moyen digne d'échapper à une vie d'esclave et qu'ils étaient probablement, au moins parfois, drogués.
Les sacrifices avaient généralement lieu dans la cité, dans une enceinte cérémonielle, devant un temple, le plus souvent en haut d'une pyramide dont la montée symbolisait l'approche vers le dieu. Cependant, comme les lieux de culte étaient très variés, on sacrifiait également, en fonction des circonstances, sur la lagune, dans les montagnes (dont les pyramides reproduisent la forme symbolique rapprochant la terre du ciel et abritant le temple-caverne des dieux), aux croisées des chemins ou encore sur le champ de bataille.
Les méthodes de sacrifice étaient variées — pendaison, crémation, noyade — et dépendaient du dieu auquel on consacrait les victimes ainsi que du rituel, mais la forme la plus fréquente était la cardiectomie (extraction du cœur) et se pratiquait sur une victime encore vivante, à l'aide d'un couteau d'obsidienne ou de silex.
Dans le cas de la cardiectomie, la victime était placée sur une pierre de sacrifice (« techcatl ») de forme variable (trapézoïdale, conique ou parallélépipédique), mais presque toujours plus haute que large (sauf dans le cas de l'utilisation des grandes pierres cylindriques semblables à la pierre du Soleil ou la pierre de Tizoc), et d'une taille verticale de plus ou moins 50 cm ; on utilisait aussi parfois comme support des tambours (« teponaztli ») ou le dos d'un prêtre, dont on peut supposer que les chac-mool étaient des substituts en pierre.
Le cœur du sacrifié était ensuite brandi ou lancé vers un symbole du dieu auquel était dédié le sacrifice, voire frotté ou écrasé contre une représentation du dieu. La plupart des sources indiquent que le cœur était finalement déposé dans un réceptacle, souvent un « cuauhxicalli » (« réceptacle de l'aigle »), pour que le dieu puisse le manger ; il pouvait aussi être brûlé, enterré ou mangé. Le sang et le crâne étaient aussi des éléments importants de l'offrande.
Le reste du corps des sacrifiés était généralement coupé en morceaux pour servir aussi bien de parure que de nourriture pour certaines personnes ou des animaux sauvages gardés en captivité (serpents, jaguars).


Sacrifice humain chez les Aztèques :


Le sacrifice humain était, dans la civilisation aztèque, comme dans toutes les autres civilisations précolombiennes de Mésoamérique, un rite extrêmement courant et essentiel comme l'attestent plusieurs documents indigènes et espagnols ainsi que de nombreuses découvertes archéologiques. Les méthodes de sacrifice et les types de victimes sacrifiées étaient très variés. Les plus documentés sont l'autosacrifice par extraction de sang et le sacrifice par cardiectomie (ablation du cœur) d'esclaves et de prisonniers de guerre, dans un lieu sacré qui était le plus souvent un temple au sommet d'une pyramide.
Au cours de la colonisation des Amériques, les Espagnols ont fréquemment justifié moralement leur conquête des territoires indigènes et l'évangélisation des peuples qui y vivaient par la nécessité d'abolir cette pratique religieuse jugée diabolique.


Historiographie :


Sources :


Codex mésoaméricains :


Le Codex Borbonicus illustre les différentes cérémonies sacrificielles associées aux treizaines du calendrier aztèque rituel (le « tonalpohualli »).
Les codex du groupe Borgia, bien qu'il ne semble pas qu'ils aient été produits à Mexico-Tenochtitlan mais entre Puebla et Tlaxcala, comportent également de nombreuses scènes de sacrifice humain représentatives de ces rites chez des populations de culture très similaire à celle des Mexicas.
Les codex mixtèques et mayas, bien qu'ils ne décrivent pas les cérémonies des peuples de l'Empire aztèque, reflètent le mode de pensée mésoaméricain et sont donc, à ce titre, une source d'information complémentaire sur le sens des rites sacrificiels dans l'ensemble de cette aire culturelle.


Témoignages et travaux historiques coloniaux :


Peu d'Espagnols, parmi ceux qui ont été témoins directs de sacrifices, ont écrit à leur sujet. De plus, la plupart des conquistadors chroniqueurs les ont évoqués rapidement, sans donner de détails.
Selon la mésoaméricaniste Yolotl González Torres, les deux sources qui apportent les témoignages les plus intéressants sur les sacrifices aztèques, parmi les ouvrages rédigés peu après la conquête de l'Empire aztèque, à l'époque coloniale, sont les textes de Bernardino de Sahagún et Diego Durán.


Découvertes archéologiques :


L'archéologie a permis de retrouver, à partir de son développement au Mexique au XIXe siècle, de nombreux objets et monuments liés aux sacrifices humains (couteaux et autels de sacrifice, offrandes, cuauhxicallis, tzompantlis), dont certains gardaient encore des traces de sang humain. Des restes humains portant des marques les identifiant clairement comme des victimes de sacrifice ont également été retrouvés dans le sous-sol de plusieurs sites religieux aztèques, comme lors des fouilles du Templo Mayor.


Travaux historiques contemporains :


La plupart des recherches sur le sacrifice ainsi que celles sur la Mésoamérique évoquent la pratique du sacrifice humain chez les Aztèques.
Les premières études spécialisées de référence sur ce sujet sont parues à partir de la seconde moitié du XXe siècle d'auteurs comme Alfonso Caso et Laurette Séjourné.


Négationnisme et minimisations :


La minimisation de la violence des sacrifices humains chez les Aztèques a commencé dès Bartolomé de Las Casas, qui non seulement les a présentés de manière positive comme l'expression d'une grande piété, mais a affirmé que leur nombre était inférieur à cinquante par an, en arguant que dans le cas contraire le nombre d'habitants n'aurait pas pu être aussi élevé dans l'empire aztèque.
Eulalia Gúzman, en 1958, a nié l'existence-même de ces sacrifices. Cette théorie a été reprise et développée dans une thèse de Peter Hassler en 1992, qui prétendait démontrer qu'il s'agissait d'une invention des Espagnols pour justifier leur conquête.
Laurette Séjourné, en 1971, considérait que le principal but des sacrifices humains, dans les sociétés amérindiennes, était de supprimer l'agressivité et l'égoïsme.
Les spécialistes contemporains comme Michel Graulich critiquent ces points de vue pour leur manque d'objectivité, et les considèrent comme de simples réactions émotionnelles à un sujet inquiétant et dérangeant.


Origines :


Selon les croyances aztèques, c'est Tezcatlipoca, dieu de la nuit et de la mort, qui aurait donné aux Aztèques la coutume des sacrifices humains. Il aurait chassé de Tula le dieu Quetzalcoatl, qui s'opposait au sacrifice des humains.
On a donc longtemps attribué aux Aztèques l'implantation des sacrifices humains en Mésoamérique.
Cependant, il est avéré que cette pratique remonte au moins aux Olmèques, la première civilisation mésoaméricaine documentée.


Fonction des sacrifices :


La principale fonction des sacrifices humains aztèques avancée par une majorité des sources était d'ordre religieux car les Aztèques croyaient qu'ils alimentaient les dieux et maintenaient ainsi l'équilibre du cosmos. Il existe en effet plusieurs mythes montrant cette fonction des sacrifices.
Toutefois, selon Michel Graulich, cette explication néglige d'autres fonctions.


Fonction religieuse :


Dans la mythologie aztèque :


Les mythes cosmogoniques aztèques sont imprégnés de références aux sacrifices humains comme un élément nécessaire au fonctionnement et à l'équilibre du cosmos5. On en retrouve par exemple dans le mythe de la création du monde, dans lequel la déesse-terre Tlaltecuhtli réclame des cœurs humains et refuse de donner ses fruits avant d'être arrosée de sang ; de même, dans le mythe de la création du Soleil et de la Lune, le sacrifice des dieux Nanahuatzin et Tecciztecatl leur permet de renaître sous la forme de ces astres puis le sacrifice des autres dieux est également nécessaire pour que le Soleil commence à se déplacer dans le ciel. Dans le mythe nahua de la Légende des soleils, la déesse-Terre donne le jour aux 400 Mimixcoas et à 5 Mecitin (c'est-à-dire des Mexicas) ; comme les Mimixcoas se laissent aller à la luxure et à la boisson et ne ramènent donc rien de la chasse, les cinq Mecitin sont chargés de tuer les 400 Mimixcoas pour que la Terre et le Soleil puissent s'en alimenter.
Ce rôle régulateur est également lié à la légende des soleils, selon laquelle les dieux avaient successivement créé plusieurs mondes ou « soleils » qui furent chaque fois anéantis avec leurs habitants ; les sacrifices humains devaient apaiser les dieux afin qu'ils ne détruisent pas encore le monde actuel. Les Aztèques pensaient aussi que les sacrifices permettaient au Soleil de continuer sa course dans le ciel. Les sacrifices donnés en l'honneur du dieu Tlaloc devaient éviter la sécheresse et les inondations.


Expiation :


K. Th. Preuss, en 1902, a appliqué aux sacrifices humains aztèques la théorie d'Orozoco y Berra selon laquelle le sacrifice est avant tout l'expiation d'une faute, en s'appuyant sur des extraits de l'œuvre de Sahagún. Cette théorie a cependant été critiquée par Eduard Seler, qui lui opposa que les mythes aztèques montrent que la fonction principale des sacrifices était de sustenter les dieux.


Libération du tonalli :


Dans la pensée aztèque, le sacrifice humain permet en effet de libérer une énergie appelée « tonalli », liée en particulier à la tête, au sang (que les Aztèques désignaient par la métaphore « chalchiuatl », « eau précieuse ») et au cœur.


Fonctions politiques :


Contrôle de l'empire par la terreur :


Les sacrifices avaient en outre une fonction politique d'élimination des opposants et de maintien de l'ordre par la terreur. En effet, l'Empire aztèque étant perpétuellement agité par les révoltes des cités tributaires, la répression de celles-ci donnait lieu également au sacrifice d'une partie de la population révoltée. Les grandes cérémonies exceptionnelles, où un très grand nombre de victimes étaient sacrifiées, servaient également à impressionner et terroriser les populations sous domination aztèque, qui étaient invitées, avec leurs dirigeants, à assister au sacrifice de milliers de prisonniers et d'esclaves.


Légitimation de l'expansionnisme militaire :


Arthur Desmarest a avancé la théorie, reprise dans de nombreuses sources, que la religion aztèque non seulement légitimait l'expansionnisme militaire, mais également que les sacrifices humains liés aux guerres de conquête seraient devenus un des principaux moteurs de l'expansion de l'Empire aztèque.
Michel Graulich a objecté que seule la guerre fleurie avait pour but la capture de victimes à sacrifier et qu'elle n'était pas destinée à conquérir de nouveaux territoires puisqu'elle n'était organisée que contre les cités de la vallée de Puebla. Les autres guerres étaient toujours motivées par d'autres motifs ordinaires, comme la suspension des échanges commerciaux.


Régulation démographique :


Le démographe Sherburne F. Cook a interprété l'importante augmentation du nombre de sacrifices humains dans la seconde moitié du XVe siècle comme une tentative de régulation collective d'une surpopulation du Mexique central. Cette idée a été reprise par Eric Wolf en 1962, qui a nuancé que ce n'était pas une explication suffisante, puis par R.C. Padden en 1967, qui considérait l'instrumentalisation politique du sacrifice humain comme une spécificité aztèque qu'il a attribuée à Tlacaelel.


Valorisation sociale :


Être sacrifié était, dans la mythologie inculquée par les religieux aztèques, considéré comme une chance et un honneur ; en effet, leur condition dans la vie qu'ils pensaient trouver dans l'autre monde, dépendait, selon leurs croyances, non de leurs actions sur terre mais de la façon dont ils mourraient, le sacrifice faisant partie des plus glorieuses. Ainsi, les guerriers sacrifiés étaient censés se rendre au ciel oriental près du Soleil puis revenir sous la forme d'un colibri au bout de quatre ans. De plus, la famille des sacrifiés était valorisée socialement. Tout cela explique que de nombreux Aztèques acceptaient de sacrifier leurs proches ou de se porter volontaire pour le sacrifice.


Fonction nutritive :


Certains chercheurs ont émis l'hypothèse que l'apport en protéines des aliments dont disposaient les Aztèques était insuffisant, en raison de l'absence de grands mammifères terrestres domesticables, et que les sacrifices humains avaient pour fonction principale de pallier cette carence nutritionnelle.
Cette théorie, en particulier quand elle a été diffusée par le New York Times, a été critiquée par la majorité des spécialistes de la Mésoamérique, et notamment ceux, mexicains, accusés par Michael Harner de minimiser le cannibalisme aztèque par nationalisme ; Bernardo R. Ortiz de Montellano, en particulier, a publié en 1979 un article détaillant les failles de l'analyse de Harner, en démontrant notamment que le régime alimentaire aztèque était équilibré, varié et suffisamment riche en protéines, grâce à la pêche d'une abondante faune aquatique et la chasse de nombreux oiseaux, et que donc l'anthropophagie ne pouvait pas être une nécessité, car elle n'aurait pas pu améliorer significativement un apport en protéines déjà suffisant.
Michel Graulich a apporté d'autres éléments de critique. Il opine que si cette théorie était exacte, la chair des victimes aurait dû être distribuée au moins autant aux gens modestes qu'aux puissants, mais il semble que ce n'était pas le cas ; il rajoute que seules les grandes villes pratiquaient le sacrifice humain de masse, et que ce phénomène n'a pas été prouvé dans la plupart des autres populations mésoaméricaines, dont l'alimentation semble pourtant comparable à celle des Aztèques.

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MessageSujet: Re: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 18:59

Participants :



Sacrifiants :

Un individu pouvait offrir un autre être humain en sacrifice, généralement pour asseoir et protéger sa réussite sociale, mais uniquement s'il faisait partie des dignitaires (pipiltin, guerriers, prêtres, pochtecas) ; les gens du peuple (« macehualtin ») ne pouvaient offrir que de la nourriture, de petits animaux (le plus souvent des cailles) ou leur propre sang par autosacrifice12 (automutilation avec des poinçons en os ou des épines de maguey).
Les calpulli (communautés de quartier) et les corporations pouvaient aussi organiser des sacrifices à vocation principalement religieuse, pour le bien-être de la communauté.
Les cérémonies sacrificielles organisées officiellement par l'État avaient une importance autant politique que religieuse.


Sacrificateurs :

Comme dans tous les systèmes religieux organisés, et particulièrement les religions étroitement liées à un État, seuls les prêtres (et dans quelques occasions, le chef d'État mexica, le huey tlatoani) pouvaient réaliser les rites importants tels que les sacrifices humains.
Plusieurs sources, en particulier des codex coloniaux, décrivent les prêtres sacrificateurs vêtus d'un tissu blanc et d'un cache-sexe (maxtlatl). Cependant, il est plus probable, surtout pour certaines cérémonies, qu'ils revêtaient une tenue symbolique du dieu auquel était dédié le sacrifice, comme l'affirme Diego Durán et comme on peut le constater dans quelques codex préhispaniques comme le Borbonicus.


Sacrifiés :

Si, probablement, ce sont au départ essentiellement des esclaves qui étaient sacrifiés, comme cela resta le cas dans la civilisation maya, le caractère expansionniste de l'Empire aztèque fit des prisonniers de guerre les principales victimes des sacrifices humains avec les esclaves. Réciproquement, le besoin de captifs à sacrifier augmenta avec l'expansion de l'Empire et explique les guerres perpétuelles des souverains successifs.
On sacrifiait également des condamnés, et certains rituels exigeaient le sacrifice de nobles, de femmes vierges, d'enfants ou encore de « personnes marquées », c'est-à-dire présentant une particularité physique, comme les nains et les bossus. Certains Aztèques se portaient aussi volontaires pour être sacrifiés, afin d'être ainsi divinisés, car ils croyaient que leur destin après la mort dépendait non pas de leurs actions sur terre mais de la façon dont ils mouraient, et les deux morts qu'ils considéraient les plus glorieuses étaient la mort au combat et le sacrifice. Cette croyance était largement répandue en Mésoamérique : cela permet d'expliquer que les ennemis capturés ne résistaient pas quand ils étaient sacrifiés, d'autant qu'ils étaient épuisés après leur voyage du champ de bataille au temple, qu'ils trouvaient dans le sacrifice un moyen digne d'échapper à une vie d'esclave et qu'ils étaient probablement, au moins parfois, drogués.


Cérémonie sacrificielle :

Lieu :

Les sacrifices avaient généralement lieu dans la cité, dans une enceinte cérémonielle et sacrée, devant un temple, le plus souvent en haut d'une pyramide (qui reproduisait la forme symbolique des montagnes rapprochant la terre du ciel, dont la montée était assimilée à l'approche vers le dieu, le sommet abritant le temple-caverne des dieux), sur un autel de sacrifice (« téchcatl », « cuauhxicalli » ou « temalacatl »). Cependant, les lieux de culte étaient très variés et on sacrifiait également, en fonction des circonstances, dans d'autres sites sacrés tels que le terrain du jeu de balle, la lagune, les montagnes (comme celle de Tepetzinco, de Cuauhtépetl, de Zacatépec ou de Huixalchtécatl), les croisées des chemins ou encore le champ de bataille.
De nombreux sacrifices avaient lieu dans l'enceinte sacrée du Templo Mayor de Mexico-Tenochtitlan, qui était considérée par les Aztèques comme le centre du monde, au sommet de la pyramide à degrés dédiée aux dieux Huitzilopochtli et Tlaloc.
La présence d'une sculpture monolithique représentant Coyolxauhqui démembrée, au bas de l'escalier de la pyramide principale, a été interprétée comme une mise en scène symbolique du mythe de la naissance de Huitzilopochtli, et a permis d'interpréter le sanctuaire de Huitzilopochtli comme un symbole du Coatepec. Dans ce mythe, la grossesse miraculeuse de Coatlicue indispose sa fille Coyolxauhqui et ses quatre cents fils, les Centzon Huitznahua. Ils décident de tuer leur mère, lorsqu'elle accouchera au sommet du Coatepec, mais Huitzilopochtli sort, armé, du ventre de sa mère, tue sa sœur, la démembre et précipite les morceaux au bas de la montagne. Ensuite il poursuit ses frères et les extermine. La présence de la sculpture de Coyolxauhqui au bas des escaliers qui mènent au temple de Huitzilopochtli permet d'interpréter que lorsqu'une victime était immolée au sommet du temple et que son corps était précipité vers le bas, c'était une répétition symbolique de cet épisode du mythe.
La cérémonie se déroulait en public : l’enceinte du Templo Mayor de Mexico-Tenochtitlan pouvait contenir autour du temple principal 8 000 à 10 000 personnes.


Rituels accompagnant le sacrifice :

Avant le sacrifice, on faisait chanter et danser la victime pendant des heures, voire des jours pour qu'elle dépense son énergie. Le prêtre s’enduisait de cendres de plantes vénéneuses et d’animaux venimeux qui le plongeaient dans un état second.
La cérémonie se jouait au son de tambours monoxyles (teponaztli).


Méthodes de sacrifice :

La méthode la plus documentée est la cardiectomie (excision du cœur), mais les formes de sacrifices étaient variées : par le combat (sacrifice gladiatorial), par éviscération, par crémation, par pendaison, à coups de flèches ou de javelines, par chute dans le vide, par enfouissement vivant (parfois dans une salle dont on faisait s'écrouler le toit), par coups de la tête contre un rocher, par écrasement dans un filet, par noyade, par décapitation, par dépeçage, par lapidation ou encore par écorchement.


Cardiectomie :


Cette méthode, considérée comme la plus fréquente, était généralement exécutée sur une victime encore vivante.
Le sacrifié était généralement mené dans un lieu sacré, qui était le plus souvent un temple en haut d'une pyramide, mais ce type de sacrifice pouvait également être pratiqué directement sur un cadavre sur le champ de bataille.
Il était allongé sur une pierre de sacrifice (« techcatl ») de forme variable (trapézoïdale, conique ou parallélépipédique), mais presque toujours plus haute que large (sauf dans le cas de l'utilisation des cuauhxicalli comme autel de sacrifice, qu'il s'agisse de chac-mool ou de grandes pierres cylindriques telles que la pierre du Soleil ou la pierre de Tizoc), et d'une taille verticale de plus ou moins 50 cm ; on utilisait aussi parfois comme support des tambours (« teponaztli ») ou le dos d'un prêtre, dont on peut supposer que les chac-mool étaient des substituts en pierre.
Le sacrifié était fermement maintenu par cinq prêtres : un pour chaque bras et chaque jambe, et un qui maintenait sa tête à l'aide d'un joug (« maquizcoatl »).
Le prêtre ouvrait la poitrine à l'aide d'un couteau de silex parfois pourvu d'un manche et nommé « ixquauac » (« gros visage ») ou « tecpatl » (« silex », par métonymie). On ne connaît pas la technique exacte utilisée pour extraire le cœur, mais plusieurs hypothèses de méthode ont été émises (et même parfois testées sur des cadavres) par des chirurgiens, dont les plus plausibles sont l'incision intercostale latérale du côté gauche, la thoracotomie bilatérale transversale et la coupure horizontale de l'épigastre.


Sacrifice gladiatorial :

Le sacrifice gladiatorial (« tlahuahuanaliztli » en nahuatl) opposait une victime, attachée par une corde blanche à un « temalacatl » et armée d'un macuahuitl factice (sans lames d'obsidienne), à une succession de guerriers d'élite (aigle et jaguar) munis d'une arme réelle.
Une fois le sacrifié vaincu, les prêtres procédaient à sa cardiectomie, à sa décapitation puis à son écorchement.


Écorchement :

Pour le sacrifice de Toci pendant le mois d’Ochpaniztli : une femme était décapitée et écorchée. Lors de la fête de Xipe Totec à Tenochtitlan, les prêtres écorchaient les victimes pour se revêtir de leur peau.


Décapitation :

Des femmes étaient sacrifiées par décapitation pour les divinités agricoles. Pour le sacrifice de Toci pendant le mois d’Ochpaniztli, une femme était décapitée et écorchée.


Flèches :


Lors de certains sacrifices pour le dieu Xipe Totec, on mettait la victime à mort à coups de flèches.


Offrandes :

Le sacrifice était suivi d'offrandes à la divinité à laquelle était dédiée la cérémonie. Cette divinité pouvait être symbolisée par une représentation artistique (sculpture) ou un animal vivant (reptile, par exemple).
Dans le cas des sacrifices par cardiectomie, le cœur du sacrifié était ensuite brandi ou lancé vers un symbole du dieu auquel était dédié le sacrifice, voire frotté ou écrasé contre une représentation du dieu. La plupart des sources indiquent que le cœur et le sang étaient finalement entreposés dans un réceptacle, souvent un « cuauhxicalli » (« réceptacle de l'aigle »), pour que le dieu puisse le manger ; il pouvait aussi être brûlé, enterré ou mangé.
La peau et le crâne étaient aussi des éléments importants de l'offrande. Une fois la tête détachée du corps par les prêtres, le crâne était enchâssé dans une barre en bois du tzompantli de l’enceinte sacrée.


Usages de la dépouille :

Après le sacrifice et les offrandes rituelles, la dépouille était ensuite généralement découpée en morceaux. Dans le cas des prisonniers de guerre, le corps était d'abord jeté du haut de la pyramide.
Les ossements pouvaient servir à la fabrication d'instruments de musique, de cuillères, de poinçons ou encore de parure.
La chair du sacrifié était une nourriture sacrée réservée à certaines personnes (le cœur était mangé par les prêtres, alors que les cuisses étaient réservées à l’empereur) ou à des animaux sauvages gardés en captivité (serpents, jaguars) qui représentaient certaines divinités.


Nombre et fréquence des sacrifices :

On ne connaît pas précisément l'ampleur totale des sacrifices dans l'histoire de l'Empire aztèque. Cependant, il est certain, au moins à partir du règne de Moctezuma Ier, que la religion aztèque pratiquait le rite du sacrifice humain de manière régulière et massive.


Évolution historique :


Vers 1450, lors d'une période de famine très longue et intense, Tlacaelel a instauré la guerre fleurie, une forme de guerre rituelle, où l'on s'efforce non pas de tuer mais de capturer les guerriers adverses pour les sacrifier, pour calmer la colère des dieux assoiffés de sang humain.
À partir de cette époque, sous le règne de Moctezuma Ier, le nombre des sacrifices humains a pris de l’ampleur.


Situation au XVIe siècle :

Les occasions de sacrifices étaient nombreuses car les guerres étaient fréquentes et les dieux innombrables : famine, sécheresse, inondation, départ à la guerre, couronnement, consécration d’un temple pouvaient faire l'objet de sacrifices.
Hernán Cortés a estimé que 3 000 à 4 000 personnes étaient sacrifiées par an. Le nombre de sacrifiés le plus important évoqué dans les chroniques apparaît dans le codex Durán, qui affirme qu'en 1487, pour célébrer la rénovation du Templo Mayor de Mexico-Tenochtitlan par Ahuitzotl, 80 400 captifs auraient été sacrifiés en quatre jours, même si ce chiffre est probablement exagéré (le codex Telleriano-Remensis évoque quatre fois moins de victimes).
Les Aztèques procédaient à des sacrifices rituels lors de nombreuses cérémonies régulières, mais aussi plus ponctuellement, pour célébrer certains évènements ou se protéger de certaines menaces.


Cérémonies sacrificielles régulières :

Les principaux rituels réguliers étaient liés aux dix-huit fêtes des vingtaines (mois de vingt jours) du xiuhpohualli (calendrier solaire aztèque). Ce calendrier ne comptant que 365 jours, alors que l'année tropique en compte environ 365,2422 soit presque six heures de plus32, la date de ces fêtes s'était peu à peu décalée du rythme des saisons et donc du sens originel de ces rituels liés à l'activité agricole (semailles, récoltes, saison des pluies, etc.), au point qu'en 1519 le décalage était de 209 jours ; il est donc possible qu'à cette époque, 835 ans après la dernière période où fêtes et saisons coïncidaient parfaitement, seuls les prêtres connaissaient le sens exact de ces rituels.


Fêtes annuelles :

« Ochpaniztli » (« fête du balayage »)
« teotlaco » (« les dieux arrivent »)
« tepeilhuitl » (« fête des montagnes »)
« quecholli » (« spatule rose »)
« panquetzaliztli » (« érection des bannières »)
« atemoztli » (« chute des eaux »)
« tititl » (« étirement »)
« izcalli » (« croissance », « vivification »)
« atlcahualo » (« arrêt des eaux »)
« cuahuitlehua » (« arbre se dresse »)
« tlacaxipehualiztli » (« écorchement des hommes »)
« tozoztontli » (« petite vieille »)
« huey tozoztli » (« grande vieille »)
« toxcatl » (« sécheresse »)
« etzalcualiztli » (« manducation de bouillie de maïs »)
« tecuihuitontli » (« petite fête des seigneurs »)
« huey tecuilhuitl » (« grande fête des seigneurs »)
« tlaxochimaco » (« offrande de fleurs »)
« miccailhuitl » (« petite fête des morts »),
« xocotl huetzi » (« fruit qui tombe »)
« huey miccailhuitl » (« grande fête des morts »).


Autres rituels :

La cérémonie de la ligature des années qui avait lieu tous les 52 ans sur une colline au sud de Tenochtitlan (Huixachtecatl) était l'occasion d'un seul sacrifice pour allumer le « feu nouveau ».
Au cours des jeux de pelote (« tlachtli »), qui avaient lieu sur un terrain situé dans l'enceinte sacrée de la ville, une partie des joueurs était sacrifiée.
La guerre fleurie était une autre façon d'alimenter régulièrement les sacrifices.


Rituels exceptionnels :

Les Aztèques procédaient à des sacrifices lorsqu'ils inauguraient des monuments, lors des guerres et des funérailles.
Au cours des conflits qui les opposaient aux peuples voisins, les Aztèques capturaient des prisonniers en vue de sacrifices futurs pour les dieux. Au début de son règne, chaque empereur devait partir à la guerre pour faire des prisonniers offerts en sacrifice.


Jeu de balle :

Comme toutes les autres cultures méso-américaines, les Aztèques jouaient une variante de jeu de balle. Ce jeu rituel, appelé tlachtli ou ollamaliztli en nahuatl, était réservé aux classes supérieures de la société aztèque. Il était pratiqué avec une grosse balle de caoutchouc dur, appelé Olli, d'où est dérivé le mot espagnol désignant le caoutchouc,Hule et son but semble avoir été de faire passer la balle dans un anneau vertical accroché à environ trois mètres de haut. Il y avait deux anneaux, accrochés à deux murs l'un en face de l'autre.
Les joueurs n'avaient le droit de frapper la balle qu'avec leurs articulations (genoux, coudes, chevilles, hanches...), et pas avec leurs mains. La balle ne devait pas toucher terre, et si la balle tombait, l'équipe qui l'avait laissée tomber écopait d'une pénalité. Le jeu en soi était assez violent, car il arrivait souvent que les joueurs (tous des guerriers) prennent la balle en plein dans le ventre et tombent raides morts.
Ce jeu avait un but religieux, car à chaque partie, les spectateurs pariaient sur une équipe et tous les objets pariés étaient réunis. Plus le tas d'objets pariés était gros, plus les dieux étaient apaisés, et pouvaient ainsi libérer les pluies nécessaires.


Jeu de balle (Mésoamérique) :

Le jeu de balle est un sport rituel qui a été pratiqué pendant plus de 3000 ans par les peuples précolombiens de la Mésoamérique, et qui est connu également sous les noms de jeu de pelote et d'ulama (nom dérivé du nahuatl1), et appelé « pits » en maya classique, « pok'ol pok » en maya yucatèque, « tlachtli » ou « ullamaliztli » en náhuatl, ou encore « taladzi » en zapotèque.
Apparu durant le second millénaire avant J.C., le jeu de balle connait son apogée chez les Mayas de 900 à 1200. Il se pratiquait avec une petite balle de caoutchouc entre deux équipes (de 1 à 12 joueurs) sur un terrain généralement en forme de H, également nommé tlachtli par les Aztèques. Le plus vaste de ces courts est aujourd'hui celui de Chichen Itza : soixante-dix mètres par cent soixante huit. L'iconographie et quelques récits présentent des joueurs se renvoyant la balle à coup de hanches ou de genoux, s'interdisant de la toucher avec les mains et les pieds. D'autres illustrations montrent des joueurs munis de bâtons. Il existe peu de descriptions historiques précises des règles de ce jeu qui faisait partie d'un rituel et qui était parfois accompagné de sacrifices. Le jeu fut ensuite repris par les Aztèques. C'est cette version que découvrirent les conquistadors espagnols.
Des variantes de ce sport sont encore pratiquées de nos jours dans le nord-ouest du Mexique.


Sources :

Les sources dont nous disposons sont de plusieurs ordres: archéologique, iconographique, ethnohistorique et ethnologique.
Les principales sources archéologiques sont les terrains de jeu de balle exhumés. La plupart des sites archéologiques mésoaméricains en ont livré un ou plusieurs. Les chiffres sont en constante augmentation : en 1932, Frans Blom en citait 32 pour l'ensemble de la Mésoamérique. En 1981, Éric Taladoire en recensait 661. La présence d'éléments architecturaux, tels que des anneaux de pierre, par exemple à Texcoco, témoigne de l'existence de terrains disparus. L'étude et la publication de ces structures laissent cependant souvent à désirer.
Les sources ethnohistoriques sont particulièrement importantes pour la compréhension du déroulement du jeu. Le jeu de balle a fait l'objet de descriptions de la part de chroniqueurs espagnols et indigènes. Parmi les plus connues figurent celles de Bernardino de Sahagún. Christopher Weiditz mérite une mention à part: il a vu le jeu pratiqué en Espagne sans terrain et le texte est accompagné d'un dessin réaliste. Il est à remarquer que la plupart des textes décrivent le jeu tel qu'il était pratiqué au Mexique central, notamment par les Aztèques. Les textes sont muets sur le jeu chez les Mayas, à l'exception de quelques lignes que nous a laissées Diego de Landa. Nous disposons par contre d'une source indigène: le Popol Vuh, un manuscrit maya quiché datant de l'époque coloniale. Si on le cite souvent pour expliquer la symbolique du jeu, il ne donne malheureusement que peu de renseignements sur son déroulement.
Les sources iconographiques sont extrêmement variées. Les codex indigènes constituent une source non négligeable d'informations. Éric Taladoire a répertorié 133 représentations de terrains de jeu de balle dans quarante manuscrits. Aucun d'entre eux n'est maya. Tous sont représentés de la même manière : en plan et en forme de I majuscule.
Outre les codex on dispose d'une grande variété d'objets reliés au terrains par l'iconographie. On peut citer des objets aussi variés que des maquettes de terrain en céramique du Nayarit représentant des joueurs en train de s'affronter, un graffiti de Tikal ou encore la fresque du Tlalocan à Teotihuacan. Ces objets représentent les terrains en plan ou en profil. Des sculptures sous forme de panneaux ou de marqueurs représentent des joueurs qui ne sont pas en action (Chichen Itza, Tonina, El Tajin ...) ou en action (Copan, Yaxchilan, Chinkultic) . Un certain nombre de vases, provenant majoritairement de la zone maya, représentent également des terrains et des joueurs. Des figurines isolées, notamment de l'île de Jaina, viennent s'ajouter à la documentation.

Plusieurs ethnologues se sont intéressés à des formes du jeu de balle pratiquées au Mexique à l'époque moderne et ont étudié leurs rapports avec les variantes mésoaméricaines. Ces jeux, en voie de disparition au cours de la seconde moitié du XXe siècle, sont pratiqués dans des régions périphériques de l'aire mésoaméricaine, principalement le nord-ouest, dans les États mexicains actuels du Nayarit et du Sinaloa. Les plus connus sont l'«ulama de cadera», joué avec les hanches, et l'«ulama de brazo», joué avec l'avant-bras. C'est l'ulama de cadera qui semble présenter le plus de similitudes avec le tlachtli précolombien.


Repères géographiques et chronologiques :

C'est principalement dans l'aire de la civilisation maya que l'on trouve des terrains de jeu de balle : autrement dit, du sud-est du Mexique (principalement au Yucatán, mais également dans les États de Quintana Roo, Campeche, Tabasco et du Chiapas) au Honduras, en passant par le Belize, le Guatemala et le Salvador. On en trouve jusque dans l'Occidente mésoaméricain, notamment à Tingambato au Michoacan. Les sites comptant le plus grand nombre de terrains se trouvent au Veracruz (Mexique): Cantona en compte vingt-quatre et El Tajin dix-sept.
La première trace de jeu de balle provient de figurines trouvées dans une tombe de El Opeño (Michoacán,Mexique), datant du Préclassique ancien (1500 av. J.-C.). Aucune trace de terrain n'a cependant été découverte dans cette région avant 600 av. J.-C. Le plus vieux terrain connu appartient au site de La Venta (Tabasco, Mexique) et date d'environ 1000 ans avant notre ère. Le plus grand est celui de Chichén Itzá (Yucatán, Mexique) avec 146 mètres de longueur sur 36 de large. La construction des terrains et la pratique du jeu de balle ont été stoppées par la conquête espagnole au XVIe siècle.


Règles du jeu de balle :

Bien qu'il n'y ait pas eu qu'une seule façon de pratiquer le jeu de balle dans les différentes aires et périodes culturelles de la Mésoamérique, on retrouve cependant un certain nombre de règles communes.
Premièrement, il opposait deux équipes, composées d'un nombre défini de joueurs (de deux à dix joueurs chacune). Ils se faisaient face de part et d’autre d’une ligne centrale, sur un terrain délimité latéralement par des murs d'une dizaine de mètres de hauteur et en général inclinés. Les terrains de l'époque classique sont en général délimités dans le sens de la longueur par une terrasse ou un mur, donnant ainsi au terrain la forme d'un I majuscule ou d'un double T majuscule aux barres transversales opposées.
Les joueurs devaient se renvoyer une balle de taille variable en caoutchouc (matière sacrée chez les Mayas). Ils pouvaient utiliser pour cela les genoux, les coudes, les hanches ou les fesses, en évitant de la toucher avec les mains ou les pieds. Étant donné que la balle (appelée « olli » « ulli », « olin », « ulle », « hule » - « ollin » signifie «mouvement» en nahuatl - et « kik » en maya - liquide séminal) était pleine, elle pesait jusqu'à plus de 3 kg ; les joueurs portaient donc des protections pour atténuer la violence des coups : coudières, genouillères, joug (ceinture de cuir) et parfois même un casque. Comme au volley-ball, le but était de renvoyer la balle dans le camp adverse sans qu'elle ne touche le sol. Le jeu de balle était également pratiqué de nuit,avec une balle enflammée.
Selon les auteurs du XVIe siècle qui décrivent le jeu tel qu'il était pratiqué au Mexique central, le décompte des points était assez complexe : l'équipe qui commettait une faute (c'est-à-dire en ne rattrapant pas la balle, en ne la renvoyant pas dans le camp adverse ou en utilisant une partie du corps interdite) perdait un point et l'équipe adverse en gagnait un. La partie s'achevait lorsque le nombre de points déterminé à l'avance était atteint. Dans le cas des terrains dont les murs latéraux étaient équipés d'anneaux ((« tlachtemalacatl » en nahuatl), la partie pouvait également s'arrêter lorsqu'un joueur réalisait l'exploit (excessivement rare) de faire passer la balle dans l'anneau du camp adverse.
Lorsqu’il ne s’agissait pas d’un simple entraînement, les prêtres ainsi que les rois et les personnalités importantes observaient le jeu du haut des bâtiments situés autour du terrain.


Valeur rituelle :

Certes, le jeu de balle était pratiqué par tous : certaines cités importantes, comme Chichén Itzá, ont eu jusqu’à treize terrains, et on sait par le codex Mendoza que l’empereur aztèque Moctezuma II exigeait des cités de la côte du golfe du Mexique le paiement d’un tribut annuel de 16 000 balles de caoutchouc, ce qui prouve bien que le jeu était pratiqué très régulièrement par une part importante de la population.
Mais lorsqu’il était pratiqué comme un sport, le jeu de balle n’était en fait alors qu’un simple entraînement à ce qui était sa vraie raison d’être : les cérémonies religieuses.
En effet, le jeu de balle était avant tout un rite symbolisant la cosmogonie méso-américaine : la trajectoire de la balle correspondait à la course du soleil qui ne devait pas s’arrêter ; les anneaux de pierre servant de cibles, le plus souvent disposés à l'Est et à l'Ouest, représentaient le levant et le ponant. Le terrain, lui, représentait la plate-forme terrestre séparant le Monde Supérieur (le ciel) de l’Inframonde (semblable aux Enfers), où l’homme doit lutter contre les forces des ténèbres pour rejoindre, avec le soleil, le Monde Supérieur (cf. ci-dessous le mythe fondateur raconté dans le Popol-Vuh). D’une manière générale, la pratique cérémonielle du jeu de balle servait à révéler la volonté des dieux : pour trancher des débats voire des conflits politiques (le terrain du jeu de balle servait également de forum social), et pour, en cas de problème (agricole en particulier), donner des indices d’ordre divinatoire aux prêtres, qui suivaient le jeu avec attention pour en déchiffrer les signes.
De plus, ces cérémonies se terminaient systématiquement par la décapitation de l’équipe perdante ou du moins de son chef (à ce titre on comprend pourquoi c’étaient des prisonniers de guerre qui participaient le plus souvent à cette pratique rituelle) : ce sacrifice visait clairement à invoquer l’aide des dieux, le sang versé pouvant qui plus est être rattaché à la fertilisation des terres. Il existait même une structure, le tzompantli (ou autel de crânes), servant à recueillir les offrandes de ces têtes tranchées, exposées sur de longues traverses de bois.
Selon certains historiens, ce sont les vainqueurs du jeu qui étaient sacrifiés aux dieux, puisque cet acte était un honneur suprême.


Mythe originel dans le Popol-Vuh :

Le Popol-Vuh, texte sacré des Mayas Quiché raconte le mythe suivant :
Les deux jumeaux Hunhunahpú et Vucub Hunahpú, conviés à jouer à la balle avec les seigneurs du Monde Inférieur, y perdent la vie à la suite de nombreuses épreuves. Par la suite, la tête de Hunhunahpú, suspendue à un calebassier, profitera de la désobéissance de Xquic, fille d’un des seigneurs ayant bravé l’interdiction de s’approcher de l’arbre, pour lui cracher dans la main. Xquic tombe alors enceinte et se réfugie sur terre pour échapper aux représailles de ses semblables. Elle y donnera naissance aux jumeaux Hunahpú et Xbalanqué.
Ces derniers, ayant récupéré l’équipement de leur père et de leur oncle, se mettent à jouer à la balle. Les seigneurs de Xibalbá les font alors eux aussi descendre dans le Monde Inférieur, mais les jumeaux arrivent à déjouer les pièges tendus par leurs adversaires, jusqu'à ce que Hunahpú se fasse décapiter par une chauve-souris. Les seigneurs décident d'utiliser sa tête comme balle mais Xbalanqué arrive, par ruse, à la remplacer par un lapin et à ressusciter son frère. Les jumeaux sont finalement vainqueurs et tuent les seigneurs des ténèbres. Ils ressusciteront également leur père et leur oncle, et monteront au ciel pour devenir l’un le Soleil et l’autre la Lune.


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MessageSujet: Re: LES AZTEQUES   Jeu 19 Avr 2012 - 19:05

Centres religieux :

C’était à Mexico que l’on trouvait l’acropole la plus importante, l'enceinte du Templo Mayor. Elle était située au centre géographique de la ville, la où se croisaient les trois routes principales qui reliaient la ville à la terre et était entourée d'une muraille appelée le mur des serpents. À l’intérieur se trouvaient plusieurs pyramides surmontées de temples pour des dieux différents. Le temple le plus important et le plus haut était le Templo Mayor, qui était composé d'une pyramide à degrés surmontée de deux temples. Les deux temples en question étaient le temple de Tlaloc, dieu de la pluie, à gauche, qui était surmonté d’une crête bleue, et le temple de Huitzilopochtli, à droite, surmonté d’une crête rouge incrustée de crânes.
À droite du Templo Mayor se trouvait le temple de Chicomecoatl, et à gauche celui de Tezcatlipoca. En face du temple Mayor, il y avait le temple de Quetzalcóatl. Puis, à droite et à gauche du temple de Quetzalcóatl se trouvaient quatre temples pour les dieux des peuples conquis.
Ensuite, derrière le temple de Quetzalcóatl se trouvait le terrain de jeu de balle. À gauche de celui-ci se trouvait le temple de Xipe Totec, qui lui aussi n’avait pas la classique forme pyramidale mais était composé d’un enclos de murs bas, qui renfermaient une cour dans laquelle se trouvait un petit autel pour les sacrifices. À gauche du jeu de pelote se trouvait l’autel des crânes.


Templo Mayor :


Le Templo Mayor (« Grand Temple » en espagnol), était le nom de la grande pyramide à degrés de Tenochtitlan, la capitale des Aztèques, ainsi que, par synecdoque, du centre cérémoniel dans lequel elle se situait (également appelé Recinto sagrado en espagnol, c'est-à-dire « Enceinte sacrée »). Après la conquête espagnole, au XVIe siècle, le Templo Mayor fut détruit et son emplacement exact fut oublié, suite aux multiples chantiers de construction de la ville moderne, Mexico, jusqu'à ce que des fouilles archéologiques en mettent au jour les fondations à partir de 1978. Pour exhumer le site du Grand Temple, les archéologues ont fait raser des immeubles, des magasins et coupé une artère de la capitale mexicaine. Des fouilles ont mis en évidence treize phases de construction, étalées entre 1375 et 1519, notamment celle du double escalier de la pyramide, haute de 45 mètres.




Historiographie et archéologie :


Le Templo Mayor ne nous a longtemps été connu que par les témoignages des chroniqueurs du XVIe siècle (en particulier Bernal Díaz del Castillo et Bernardino de Sahagún).
Après la conquête espagnole, le temple avait été littéralement oblitéré par la ville coloniale et l'on avait oublié jusqu'à son emplacement exact.
Les premières découvertes furent celles des monolithes de Coatlicue, en 1790, et de la Piedra del Sol en 17911. Leopoldo Batres dirige les premières fouilles archéologiques en 1900 et vers 1913 Manuel Gamio trouve l'angle sud-ouest du Templo Mayor1.
Ce n'est que le 21 février 1978 que des ouvriers faisant des travaux pour la Companía de Luz y Fuerza ont mis au jour un disque de pierre, de 3,10 mètres, sur lequel était sculpté le corps démembré de la déesse Coyolxauhqui2, déesse des Ténèbres. L'INAH (Institut National d'Anthropologie et d'Histoire) transforma alors son projet de création d'un musée de Tenochtitlan en un programme de fouilles de grande envergure, le Programme Templo Mayor, qui, sous la coordination d'Eduardo Matos Moctezuma, permit d'excaver les ruines monumentales du Templo Mayor qui mesure 80X90m.
Le Museo del Templo Mayor fut inauguré le 12 octobre 1987 dans le centre historique de Mexico pour exposer les résultats de ces travaux archéologiques. En mai 1992 est créé le programme d'archéologie urbaine (PAU).


Situation :

Le Templo Mayor se situait au nord de la place centrale de Tenochtitlan, qui coïncidait à peu près avec l'actuel Zócalo de Mexico.
Ce centre religieux était fortifié par une enceinte crénelée de têtes de serpents (Coatepantli, « muraille de serpents ») de 300 mètres de large sur 400 de long, qui longeait le nord de la place centrale et le flanc du palais de l'empereur (actuelle rue de la Moneda) et dont les portes étaient protégées par une garnison d'élite


Édifices :

D'après Soustelle, la chronique la plus crédible est celle de Cortés, qui indique que le centre cérémoniel du Templo Mayor comportait une quarantaine de bâtiments publics.


La grande pyramide :

La grande pyramide (huey teocalli), à l'ouest, était dédiée à Huitzilopochtli et Tlaloc.
Huitzilopochtli étant le dieu tribal originel des Mexicas, ce temple avait une importance fondamentale aux yeux des souverains et du peuple aztèques.


Construction :

Les fouilles ont révélé qu'il y avait eu sept étapes4 dans la construction de l'édifice, chaque bâtiment venant se superposer au précédent. Découverte conforme à ce que l'on sait de la coutume des peuples mésoaméricains d'élever leurs nouveaux sanctuaires sur des édifices antérieurs. Les Aztèques avaient procédé comme le faisaient les Mayas de l'Époque classique, à la grande joie des archéologues qui ont pu reconstituer l'histoire du temple.
- La première phase, qui pourrait correspondre à la fondation mythique de Tenochtitlan en 1325, ne nous est pas accessible à cause du niveau de la nappe phréatique à Mexico.
- La deuxième phase, par contre, a été presque entièrement conservée et corrobore, en plus petit, les descriptions du Templo Mayor par les Conquistadors en 1521. Au sommet de l'édifice se trouvent deux sanctuaires, l'un consacré à Tlaloc, l'autre à Huitzilopochtli. Devant le sanctuaire de Tlaloc, on peut encore voir un Chac Mool qui a conservé ses couleurs d'origine. Face à celui d'Huitzilopochtli, moins bien conservé, se dresse la pierre de sacrifice. À l'intérieur se trouve un petit autel qui devait porter la statue du dieu. On y a retrouvé un glyphe « 2 Lapin », qui correspondrait à l'année 1390.
- S'il reste peu de choses de la troisième phase, elle mérite d'être mentionnée, parce qu'on y a retrouvé une série de statues, qui pourraient représenter les Centzon Huitznaua, ainsi qu'une date « 4 roseau », sans doute 1431, ce qui correspond au règne d'Itzcoatl.
- De la phase IV subsistent des éléments spectaculaires : de grands braseros qui portent le visage de Tlaloc du côté de son sanctuaire, d'autres qui portent un nœud, symbole d'Huitzilopochtli, du côté opposé. D'une phase IVb, correspondant à un agrandissement de la seule façade principale, datent des têtes monumentales de serpent, ainsi que le bas-relief représentant le corps démembré de Coyolxauhqui, dont la découverte fut, rappelons-le, à l'origine des fouilles. La phase IV serait contemporaine des empereurs Moctezuma Ier et Axayacatl.
- De la phase V il ne subsiste quasi rien.
- De la phase VI, qui daterait de l'empereur Ahuitzotl, subsistent des constructions annexes: trois petits bâtiments au nord, appelés temples A, B et C, dont l'un, le temple B comporte un tzompantli, ainsi qu'un ensemble appelé « enceinte des chevaliers-aigles ». Au sud se trouve un bâtiment appelé le « temple rouge ».
- Comme nous l'avons dit, il ne subsiste quasiment rien de la phase VII, excepté une partie du dallage.
La chronologie du Templo Mayor pose néanmoins encore des problèmes, car il subsiste des contradictions entre ce que nous apprend l'archéologie et les sources écrites, c'est-à-dire les nombreux codex du XVIe siècle, qui parlent de l'achèvement définitif et de l'inauguration du Templo Mayor sous Ahuitzotl.
Ainsi, Soustelle indique que la première pyramide de grande taille fut érigée sous Moctezuma Ier, grâce au soutien, pendant deux ans, de plusieurs cités voisines, le temple au sommet de cette pyramide étant inauguré en 1455 après la victoire sur les Huaxtèques, et qu'elle fut ensuite agrandie principalement sous le règne de Tizoc, puis inaugurée sous sa forme finale en 1487, un an après la mort de cet empereur.


Le temple de Quetzalcoatl :

Le temple rond de Quetzalcoatl se situait au centre de l'enceinte sacrée, en face de l'escalier principal de la grande pyramide et dans l'axe du jeu de paume.
Les autres lieux de cultes :
- Le temple de Tezcatlipoca (pyramide bordant la muraille du sud de l'enceinte, face au palais impérial d'Auitzotl).
- Le temple du soleil (au sud-ouest, face au palais d'Axayacatl).
- Le temple du serpent (coateocalli) et celui de Ciuacoatl (au nord-ouest).
- Les monastères (calmecac) rattachés à chaque temple.
- Une multitude de lieux de prière et de sacrifice.
- De nombreuses sources et des bassins rituels.
- Le terrain du jeu de balle (tlachtli).
Les bâtiments profanes :
- Le palais impérial d'Auitzotl (en face du temple de Tezcatlipoca).
- Le palais d'Axayacatl.
- Des arsenaux (tlacochcalco, « maison des javelines »).
- Le mecatlan (école et salle de répétition des musiciens cérémoniels).


Interprétation :

L'interprétation de ce sanctuaire n'est possible qu'à la lumière des conceptions religieuses mésoaméricaines en général et de celles des Aztèques en particulier.
Dans la cosmographie mésoaméricaine, le monde est un carré divisé en quatre quartiers, correspondant aux points cardinaux, avec un centre qui est le pivot de l'univers (un « axis mundi ») et met en contact verticalement la terre avec les différents niveaux du monde souterrain et des cieux. Cette conception est illustrée par la première page du Codex Fejérváry-Mayer. Symboliquement, Tenochtitlán, avec ses quatre quartiers, est une image du monde, et le Templo Mayor, à l'intersection des quatre quartiers en est le centre. Cette vision est illustrée encore plus explicitement par la première page du Codex Mendoza qui représente symboliquement Tenochtitlan. Au centre de l'image, l'aigle représente à la fois Huitzilopochtli et son sanctuaire. Les deux sanctuaires au sommet correspondraient au dernier niveau des cieux aztèques ; l'« Omeyocan » (c'est-à-dire l'« endroit de la dualité »).
Certaines caractéristiques du bâtiment sont associées au mythe spécifiquement aztèque de la naissance de leur dieu tribal, Huitzilopochtli, sur une montagne appelée « Coatepec » (en nahuatl la « montagne des serpents »). Dans ce mythe, la grossesse miraculeuse de Coatlicue indispose sa fille Coyolxauhqui et ses quatre cents fils, les Centzon Huitznahua. Ils décident de tuer leur mère, lorsqu'elle accouchera au sommet du Coatepec, mais Huitzilopochtli sort tout armé du ventre de sa mère, tue sa sœur, la démembre et précipite les morceaux au bas de la montagne. Ensuite il poursuit ses frères et les extermine. Le sanctuaire d'Huitzilopochtli au sud du Templo Mayor symbolise le Coatepec. On comprend parfaitement de cette manière la présence au bas de l'escalier qui y mène de la fameuse sculpture représentant Coyolxauhqui démembrée. Lorsqu'une victime est immolée au sommet du temple et que son corps est précipité vers le bas, c'est cet épisode du mythe qui est répété symboliquement.
Par ailleurs, le Templo Mayor traduit la soif de légitimité des Aztèques: certains auteurs pensent que les derniers arrivants dans la vallée de Mexico souffraient d'un « complexe d'infériorité » et voulaient se poser en successeurs des grandes civilisations mésoaméricaines, dont les ruines se trouvaient encore sous leurs yeux: Teotihuacan et les Toltèques, que ce soit sous la forme d'offrandes enterrées sous le Templo Mayor (masques de Teotihuacan) ou l'imitation consciente de détails architecturaux : (talud-tablero de Teotihuacan ou chac mool de Tula).
Comme nous l'avons dit plus haut, le Templo Mayor était une pyramide double, avec un double escalier et deux sanctuaires à son sommet, l'un consacré à Huitzilopochtli, l'autre à Tlaloc. Selon Ester Pasztory, cette forme architecturale, présente en d'autres endroits, permettait aux Aztèques d'associer leur dieu tribal Huitzilopochtli à la principale divinité locale9. A Tenochtitlan, capitale de l'empire, c'est à la grande divinité panmésoaméricaine Tlaloc qu'on associe Huitzilopochtli. Dans ce binôme riche en symbolique certains voient l'association de la petite tribu nomade arrivée récemment dans la vallée de Mexico avec les vieilles populations sédentaires du Plateau central. L'archéologue mexicain Matos Moctezuma y voit l'expression sacralisée de deux fonctions économiques : Huitzilopochtli préside à la guerre qui permet d'obtenir le tribut des vaincus, tandis que Tlaloc préside aux activités agricoles. On peut aussi y voir l'association du Nord aride représenté par Huitzilopochtli et de l'Est humide et aquatique représenté par Tlaloc. Aucune de ces associations n'est d'ailleurs exclusive des autres.
Le Templo Mayor était le lieu par excellence du sacrifice humain sous sa forme la plus courante : la cardiectomie. Le mythe aztèque du Cinquième Soleil offre la clé de cette pratique : dans un univers instable qui dépend de la marche du soleil, et qui serait détruit si celui-ci s'arrêtait, les hommes se doivent d'imiter les dieux qui se sont sacrifiés à Teotihuacan pour que le soleil se mette en mouvement. Si le sacrifice humain a toujours existé en Mésoamérique, on peut se demander pourquoi il a pris un caractère tellement massif chez les Aztèques : selon les chroniqueurs, entre 3 000 et 84 000 personnes furent sacrifiés sur les quatre jours que dura la reconsécration du Templo Mayor par Ahuitzotl en 1487 - des chiffres qui ont d'ailleurs paru tellement élevés à certains auteurs qu'ils contestent la possibilité matérielle de tuer autant de personnes en aussi peu de temps. Une des théories les plus répandues pour expliquer ces hécatombes est qu'un tournant idéologique a eu lieu lors d'une gigantesque famine vers 1450 : on attribue à Tlacaelel l'idée qu'elle aurait été due à la colère des dieux parce qu'on ne leur fournissait pas assez de sang humain, que les Aztèques désignaient par une métaphore : « Chalchiuatl » (« eau précieuse »). Pour assurer l'approvisionnement régulier du soleil en victimes, on aurait inventé l'institution de la « guerre fleurie », une forme de guerre rituelle, où l'on s'efforce non pas de tuer mais de capturer les guerriers adverses pour les sacrifier. Par ailleurs, l'empire aztèque étant lui-même un édifice instable, perpétuellement agité par les révoltes des cités tributaires, la répression de celles-ci donnait lieu également au sacrifice d'une partie de la population révoltée.


Découvertes récentes :

À l'occasion de la démolition de deux immeubles situés à proximité immédiate du Templo Mayor, au nord de l'édifice, on a mis au jour en 2006 le plus grand monolithe aztèque connu. L'archéologue Leonardo López Luján a identifié cette sculpture colossale comme étant la divinité Tlaltecuhtli, sous sa forme féminine. En dégageant le monolithe, on a découvert treize offrandes comportant d'exceptionnels objets en or. Comme on sait par les chroniqueurs du XVIe siècle que trois empereurs aztèques - Axayacatl, Tizoc et Ahuitzotl ont été incinérés et leurs cendres enterrées à cet endroit, cette découverte a suscité des attentes qui demandent à être confirmées.


Médecine :

Les guérisseurs (tizitl ou ticitl) étaient spécialisés : les uns apprenaient à reconnaître et classer les plantes médicinales ; les autres élaboraient des traitements qui étaient vendus dans les tlapalli. Plus d’une centaine de préparations étaient connues, du déodorant à la pâte dentifrice, etc. Certains guérisseurs étaient capables d’opérer, de soigner les maladies de peau, les maux digestifs. Ils savaient poser des emplâtres et réaliser des saignées.


Alimentation :

Aliments d'origine végétale :


La cuisine aztèque était essentiellement végétarienne, à base de maïs, courge, haricot agrémentés de piment et de tomate[réf. nécessaire]. Le maïs était consommé sous forme de galette, de pain et de bouillie. Ils utilisaient également les algues Spirulina du lac Texcoco, en les préparant dans une sorte de gâteau riche en flavonoïdes. Les Aztèques utilisaient également l'agave pour obtenir de l'aguamiel sucrée, des fibres pour les vêtements et les cordages ; ils buvaient lepulque (octli), un breuvage fermenté employé dans les cérémonies. L'ivrognerie était interdite, sauf pour les anciens. Elle était punie de mort pour les jeunes.
À la fin des repas, les nobles et les dignitaires fumaient la pipe (tabac, aromates) et consommaient des champignons hallucinogènes. Les fèves de cacao servaient de monnaie et pour préparer le xocolatl (mot nahuatl signifiant « boisson amère »), éloignée de nos chocolats modernes. Les Aztèques associèrent le chocolat à Xochiquetzal, la déesse de la fertilité. Il était consommé sous forme de boisson amère et pimentée, le xocoatl, souvent aromatisée à la vanille, au piment et au roucou. La boisson était censée combattre la fatigue, une croyance qui est probablement attribuable à la théobromine. Seuls les nobles et les guerriers consommaient du chocolat, généralement à la fin du repas, car le cacao était une marchandise rare qu'il fallait importer depuis les vergers du Tabasco et du Soconuzco appartenant aux Mayas. Le cacao était un produit précieux dans toute la Mésoamérique. D'autres boissons chocolatées le combinaient avec des produits comestibles tels que les gruaux de maïs (qui agissaient comme un émulsifiant) et du miel.
Après la conquête espagnole, certaines plantes comme l'Amarante (huauhtli en nahuatl) furent interdites à cause de leur utilisation rituelle. La baisse de la nourriture disponible posa de sérieux problèmes de malnutrition.


Aliments d'origine animale :

Le lac Texcoco était une importante source de gibier d'eau, d'écrevisses et de poisson. D'autres poissons et crustacés de mer étaient importés depuis le golfe du Mexique pour les classes sociales supérieures.
Les Aztèques mangeaient du dindon et du chien (xoloitzcuintle) mais la volaille et la viande de boucherie étaient rares.
Les Aztèques consommaient aussi des insectes comme les chapulines, des chenilles et des larves riches en protéines.


Anthropophagie :

Les élites mangeaient occasionnellement de la chair humaine dans certaines cérémonies religieuses. D'après le récit de plusieurs conquistadors, après les sacrifices, les guerriers mangeaient la chair des sacrifiés. Cependant, lors du siège de Tenochtitlan, les Espagnols ont constaté que les Mexicas ne mangeaient pas la chair de leurs semblables malgré la famine.
Certains chercheurs, comme Edward Payne, Michael Harner et Marvin Harris, partant du principe que l'apport en protéines des Aztèques était insuffisant parce qu'ils n'élevaient pas de grands mammifères, ont développé l'hypothèse que l'anthropophagie devait être une pratique beaucoup plus courante qu'un simple rituel religieux ponctuel, pour pallier cette carence alimentaire ; cependant, la prémisse de cette théorie a été contestée par un grand nombre de spécialistes : l'environnement lacustre de la vallée de Mexico était en effet propice à la pêche et à la chasse de nombreux animaux (poissons, oiseaux) ainsi que d'insectes riches en protéines.


Loisirs :

Le patolli était une sorte de jeu de l'oie sur 52 cases, en référence aux 52 années du cycle solaire.
Bernal Diaz rapporte que Cortés et Moctezuma II ont joué ensemble au totoloque, qu'il décrit comme un jeu d'adresse faisant l'objet d'importants paris et consistant à lancer cinq billes en or sur différentes cibles.
Le jeu de pelote faisait l'enjeu de paris, ayant une fonction rituelle mais aussi de divertissement.


Littérature et arts :

Écriture et lettres :

L'écriture nahuatl apparaît au XIIe siècle de notre ère. Elle servait à consigner des écrits économiques (registres d'impôts, tributs), historique (comme le Codex Xolotl) et religieux (tonalamatl). Elle combinait des éléments pictographiques, des idéogrammes et des symboles phonétiques. Les livres étaient nombreux dans les bibliothèques des temples, des écoles et des résidences nobiliaires. Les scribes écrivaient sur des supports variés : fibres d'agave, peau de chevreuil à la manière des parchemins, écorce battue, etc. Des milliers de manuscrits furent détruits par les Espagnols au moment de la conquête et de la période coloniale.
Le chant et la poésie étaient des activités appréciées par les Aztèques. Ils organisaient des concours et des spectacles. Des représentations de type théâtral mettaient en scènes des acrobates et des musiciens pour les comédies. Elles furent par la suite adaptées par les missionnaires chrétiens à des fins d’évangélisation. Beaucoup de poèmes ont été rassemblés au cours de la conquête espagnole : la plus importante collection est celle des « Romances de los señores de la Nueva España »[réf. nécessaire], probablement rassemblée par Juan Bautista de Pomar. Bautista de Pomar était l'arrière-petit-fils de Netzahualcoyotl. Il parlait le nahuatl, mais était devenu chrétien et a écrit en caractères latins.
Plusieurs noms de poètes sont parvenus jusqu’à nous, comme Nezahualcóyotl, tlatoani de Texcoco et Cuacuatzin, mais il est permis de douter de la réalité de leur paternité sur les œuvres qui leur ont été attribuées. Miguel León-Portilla, un érudit aztèque très respecté au Mexique, a déclaré que c'était dans cette poésie que l'on pouvait trouver la véritable pensée des Aztèques, différente de l’idéologie aztèque officielle.
La poésie était désignée par l’expression « in xochitl in cuicatl » signifiant « la fleur et le chant ». Elle se divisait en plusieurs genres : yaocuicatl, consacré aux dieux et au thème de la guerre ; teocuicatl adressé aux divinités ; xochicuicatl pour les fleurs. La prose était quant à elle appelée tlahtolli et se déclinait en plusieurs genres. Des pièces de théâtre avec orchestre et des troupes d’acrobates divertissaient les nobles et l’empereur.


Peinture et enluminure :

Il n'est pas douteux que les Aztèques ont revêtu de peintures les parois de leurs temples et de leurs palais. Ces œuvres ont été détruites en même temps que les édifices qu'elles ornaient. Un fragment de fresque subsiste toutefois à Malinalco, dans un bâtiment attenant au temple monolithique : son sujet semble être une scène où figure le dieu chasseur et guerrier Mixcoatl.
Le scribe mexica portait le titre de « peintre » (tlacuilo en nahuatl). De fait, les manuscrits hiéroglyphiques et pictographiques, que leurs thèmes fussent religieux, historiques ou même administratifs, constituaient avant tout des recueils d'images, des suites de tableaux soigneusement dessinés et coloriés.


Sculpture et orfèvrerie :

La plupart des œuvres ont été détruites par les Espagnols, car elles représentaient à leurs yeux des supports d'idolâtrie. La statuaire aztèque religieuse et profane utilisait un symbolisme très codifié tout en faisant preuve de réalisme. Les dieux anciens étaient de facture archaïque (Tlaloc par exemple). L'une des œuvres conservées à Mexico est celle du calendrier figurant un soleil assoiffé de sang en son centre. Le bas-relief en disque de la déesse Coyolxauhqui, découvert en 1978 à Mexico, est un monolithe polychrome. Les empereurs et les souverains commandaient aussi des pièces profanes. Les bas-reliefs décorant les sanctuaires et les palais représentaient des animaux et des végétaux.
Les artisans aztèques excellaient dans l'art du masque en pierre, hérité des Toltèques, dont on faisait un usage funéraire ou religieux. Les couteaux de sacrifice ou les boucliers d’apparat couverts de plumes montrent le raffinement de l'artisanat aztèque. Les empereurs commandaient des objets somptuaires en métal précieux comme la statuette en or de l’empereur Tizoc, conservée à New York, ou encore comme les deux disques de 2,10 m de diamètre en or et en argent offerts à Cortés, puis envoyés à l'empereur Charles Quint.


Architecture et urbanisme :

Les principes de l'art aztèque reprennent les traditions de la Mésoamérique, déjà fixées pour l'essentiel à l'époque classique : pyramides à étages, panneaux et linteaux en bas-relief, autels monolithiques, murailles couvertes de fresques, etc. Comme pour la religion et les techniques, les Aztèques ont emprunté aux autres cultures contemporaines de nombreux éléments.


Mexico-Tenochtitlan :

Tenochtitlan, la capitale de l'Empire aztèque, a été construite, à l'origine, sur une série d'îlots naturels et de chinampas. Elle s'était ensuite étendue progressivement mais rapidement autour de l'enceinte rituelle, le Templo Mayor, dont la pyramide principale s’élevait à environ 50 m au-dessus de la cité. À l'arrivée des Espagnols, la ville s'étendait sur un carré d'environ 3 km de côté, pour une superficie approximative de 1 000 ha. Le plan de la ville était très symétrique ; elle était quadrillée de canaux et divisée en quatre grandes sections (campan) dont le centre était le Templo Mayor : Cuepopan au nord, Teopan à l'est, Moyotlan au sud et Atzacalco à l'ouest. Quatre grandes chaussées traversaient la ville. Bernal Díaz del Castillo rapporte que 10 chevaux pouvaient y passer de front. Toutes les constructions devaient être approuvés par le calmimilocatl, un fonctionnaire chargé de l'urbanisme de la ville.
Tenochtitlan comptait aux alentours de 200 000 habitants. L'anthropologue Eduardo Noguera a établi cette estimation en se basant sur le nombre de maisons et la fusion avec la population de Tlatelolco (d’abord ville indépendante, avant de devenir une banlieue de Tenochtitlan). Si l'on inclut les petites îles environnantes et les rives du lac Texcoco, les estimations vont de 300 000 à 700 000 habitants.
Les maisons étaient en bois et en argile, les toits étaient en roseau, cependant les pyramides, les temples et les palais étaient généralement construits en pierre. Chaque maison, même modeste possédait son jardin et son bain de vapeur (temazcalli).
La ville possédait aussi des latrines publiques. Les excréments étaient recueillis pour être utilisés comme engrais. Environ 1000 personnes travaillaient de plus au nettoyage de la ville. Pour l'adduction d'eau, Moctezuma Ier avait fait construire un premier aqueduc de 5 km de long. Un deuxième fut aménagé sous Auitzotl entre Coyoacan et le centre. En 1449, une digue de 16 km a été édifiée pour protéger la ville des inondations.


Templo Mayor :

Au nord de la place centrale, une quarantaine de bâtiments publics formaient le centre religieux (appelé le Templo Mayor). Il comptait une pyramide avec deux sanctuaires, d'autres temples (de Quetzalcoatl, de Tezcatlipoca, de Ciuacoatl, de Coacalco), mais aussi un collège (calmecac), le Mecatlan (école de musique) et des arsenaux. Ce centre religieux était fortifié par une enceinte crénelée de têtes de serpents (Coatepantli, « muraille de serpents ») de 300 mètres de large sur 400 de long, qui longeait le nord de la place centrale et le flanc du palais de l'empereur Moctezuma II. Le complexe palatial s'inscrivait dans un espace de 200 mètres de côté et comportait plusieurs bâtiments distribués autour d’un jardin : appartements impériaux, tribunaux, magasins, trésor, volière, jardin zoologique, salles de musique et de danse. Il existait ailleurs dans la ville d'autres monuments prestigieux comme le temple circulaire de Quetzalcoatl. Mais ils ont tous été détruits par les conquistadores.


Autres réalisations aztèques :

- temples de Teopanzolco, Huatusco et Teayo
- pyramide de Tenayuca complétée par les Aztèques
- fortifications


Historiographie :

Les études de cette civilisation précolombienne se fondent sur les codex mésoaméricains, les témoignages des conquistadors, les travaux des chroniqueurs du XVIe et XVIIe siècle ainsi que, depuis le XIXe siècle, les fouilles archéologiques.
La tradition historique aztèque aurait été profondément bouleversée à partir de 1428, après la victoire de la triple alliance aztèque contre Azcapotzalco, sous l'impulsion de Tlacaelel, qui aurait ordonné de brûler les codex aztèques existants et ceux des peuples soumis au motif qu’ils contenaient des mensonges offensants pour les Aztèques, et pour faire réécrire l’histoire de son peuple de manière plus idéologique, en le décrivant comme une nation héritière des civilisations les plus prestigieuses, comme celle des Toltèques et de Teotihuacan.
Avant le développement de l'archéologie au Mexique au XIXe siècle, les historiens ont principalement interprété les sources écrites anciennes pour reconstituer l'histoire aztèque. L’archéologie a permis de reconsidérer et de critiquer certaines de ces interprétations et les contradictions entre les sources primaires. De nos jours, l'étude universitaire de la civilisation aztèque est le plus souvent basée sur des méthodes scientifiques et pluridisciplinaires.


Sources anciennes :

Codex aztèques :

Il existe peu de codex aztèques réalisés avant la conquête espagnole, et ces documents sont surtout des textes rituels. Les codex postérieurs à la conquête, comme le codex Mendoza ou le Codex Ríos ont été peints par les tlacuiloque aztèques (scribes-peintres qui réalisaient les codex), mais sous le contrôle des autorités espagnoles. La possibilité d'une influence espagnole pose des problèmes potentiels pour ceux qui étudient ces manuscrits.
Itzcoatl posédait le plus vieux texte hiéroglyphique détruit pour des raisons politico-religieuses et l'évêque Zumarraga du Mexique (1528 à 1548) avait brûlé tous les textes disponibles pour des raisons missionnaires.


Témoignages des conquistadors :

Les récits des conquistadors sont ceux d'hommes confrontés à une nouvelle civilisation, qu'ils ont essayé d'interpréter en fonction de leur propre culture. Cortés était le plus instruit, et ses lettres à Charles Quint constituent de précieux documents de première main. Malheureusement, une de ses lettres s’est perdue et a été remplacée par un texte postérieur et les autres ont été censurées dès 1527. En tout cas, Cortés n'avait pas écrit un récit objectif, mais des lettres justifiant et valorisant ses actions et dans une certaine mesure exagérant ses succès et minimisant ses échecs.
Bernal Díaz del Castillo accompagna Cortès, et plus tard, il écrivit un livre intitulé : La découverte et la conquête du Mexique. Dans son livre, le capitaine Bernal Díaz del Castillo fait un compte rendu de la conquête du Mexique, dans lequel il décrit les événements qui ont mené à la conquête, y compris les récits des sacrifices humains et de cannibalisme dont il a été témoin. Bernal Díaz a écrit plusieurs décennies après les faits, il n'a jamais appris la langue autochtone, et il n'a pas pris de notes. Son récit est coloré, mais son travail est considéré comme inégal et exagéré par les historiens. Bien que Francisco López de Gómara ait été le chapelain, l’ami et le confident de Cortés, il n'a jamais visité le Nouveau Monde aussi son récit n’est-il basé que sur le ouï-dire.


Prêtres et érudits :

Les écrits des premiers prêtres et savants, tout en reflétant leur foi et leur culture, sont des sources importantes. Les pères Diego Durán, Toribio de Benavente et Geronimo de Mendieta ont écrit en gardant à l'esprit leur propre religion, le Père Duran essayant de prouver que les Aztèques étaient l'une des tribus perdues d'Israël. Bartolomé de Las Casas, au contraire, a écrit d'un point de vue apologétique. Il existe également des auteurs qui ont essayé de faire une synthèse entre les cultures pré-hispaniques, comme Oviedo y Herrera, Jose de Acosta, et Pedro Mártir de Anghera.
Les sources les plus importante sur les aztèques sont peut être les manuscrits de Bernardino de Sahagún, qui a travaillé avec les sages Aztèques survivants. Il a appris à des tlacuilos aztèques à écrire des textes en langue nahuatl en utilisant l’alphabet latin. En raison de leur crainte des autorités espagnoles, il a garanti l'anonymat à ses informateurs et écrit une version censurée, en espagnol. Cependant, l'original en nahuatl n'a été traduit intégralement qu'au XXe siècle, mettant ainsi en relief l'étendue de la censure qui avait édulcoré la version espagnole. Le manuscrit original en nahuatl est connu sous le nom codex de Florence.


Auteurs autochtones :

D'autres sources importantes sont l'œuvre d'auteurs autochtones et de métis, descendants des classes supérieures. Ces auteurs sont Don Fernando Alvarado Tezozómoc, Chimalpahin, Juan Bautista de Pomar et Fernando de Alva Cortés Ixtlilxochitl. Ixtlixochitl, par exemple, a écrit une histoire de Texcoco, d'un point de vue chrétien. Son récit de la vie de Nezahualcoyotl, un ancêtre de Ixtlilxochitl, présente une forte ressemblance avec l'histoire du roi Salomon et dépeint Netzahualcoyotl comme un monothéiste et un opposant aux sacrifices humains. Diego Muñoz Camargo (1521 - c. 1612), un métis tlaxcalan, a écrit l’Histoire de Tlaxcala six décennies après la conquête espagnole. Certaines parties de son travail ont une forte tendance à la partialité en faveur de Tlaxcala.


Histoire des représentations :

La civilisation aztèque, depuis sa rencontre avec la civilisation occidentale, a le plus souvent été représentée comme barbare, sauvage, démente voire démoniaque, par rapport à d'autres civilisations antiques, non seulement dans les publications grand public et les fictions mais également par certains universitaires contemporains. Les causes principales de cette représentation sont les sacrifices humains pratiqués régulièrement par les Aztèques et l'absence d'écriture alphabétique.
Les sacrifices humains, cependant, objecte Esther Pasztory, n'étaient pas forcément plus violents ni plus moralement répréhensibles que les combats de gladiateurs romains qui, eux, étaient un simple divertissement et non un rituel religieux, ou encore que l'Inquisition ou le bombardement d'Hiroshima. Cette représentation particulièrement négative de la civilisation aztèque s'explique selon elle en partie par le fait que, contrairement à la civilisation romaine, l'absence de témoignages exprimant le point de vue des Aztèques sur leur propre civilisation, avant toute interférence avec la culture chrétienne, a occulté les nuances possibles de la perception européenne.
Le système d'écriture aztèque, utilisant des logogrammes appelés plus couramment glyphes, était trop différent des systèmes d'écriture alphabétiques connus de la majorité des Occidentaux pour être considéré par ceux-ci comme plus évolué qu'une simple représentation picturaleou un outil mnémotechnique. Or, l'écriture était considérée comme l'élément distinctif entre la barbarie et la civilisation.


Le mouvement mexicanista :

Laurette Séjourné, un anthropologue français, a écrit sur la spiritualité aztèque et méso-américaine. Sa description des Aztèques en tant que peuple spirituel était si convaincante que de nouvelles religions ont été constituées sur le fondement de ses écrits. Certaines parties de son travail ont été adoptées par des groupes ésotériques, à la recherche d'enseignements occultes sur les religions précolombiennes. Séjourné n'a jamais approuvé aucun de ces groupes.
Miguel León-Portilla a également idéalisé la culture aztèque, en particulier dans ses premiers écrits. D'autres, comme Antonio Velazco, ont transformé les écrits de Sejourné-et-León-Portilla en mouvement religieux. Antonio Velasco Piña a écrit trois livres, Tlacaelel, El Azteca entre los Aztecas, La mujer dormida debe dar a luz, et Regina. Mélangé avec les courants du néopaganisme, ces livres ont donné naissance à un nouveau mouvement religieux appelé "Mexicanista". Ce mouvement appelle à un retour vers la spiritualité des Aztèques. Il argumente qu’avec ce retour, le Mexique deviendra le nouveau centre du pouvoir. Ce mouvement religieux mélanges des cultes méso-américains avec l’ésotérisme hindou. Le mouvement Mexicanista atteint le sommet de sa popularité dans les années 1990.



Source : Wikipédia

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